C'est en 1987 qu'a débuté la belle aventure de "Full House". Je dis belle, car il faut bien avouer que le pari était tout de même risqué : proposer une série télévisée populaire qui débute sur une note plutôt triste, à savoir un père de famille qui se retrouve seul avec ses trois filles après la mort de sa femme. Et pourtant, le succès fut au rendez-vous et dura huit années et 192 épisodes. C'est exactement ce que Warner nous propose avec cette édition complète de "Full House" et ses 32 DVD réunis dans 16 boîtiers simples. Il est temps de faire un voyage dans le temps et de nous téléporter à San Francisco, l'agréable ville sur la baie.
"Full House" a été diffusée sur le réseau américain ABC de septembre 1987 à mai 1995. La série comporte huit saisons comprenant de 22 à 26 épisodes chacune, pour un grand total de 192 épisodes. Une émission spéciale, diffusée en 1997, réunissant la plupart des acteurs, ne figure pas dans ce coffret.
Danny Tanner (Bob Saget) est un journaliste et animateur maintenant bien connu d'une chaîne de télévision locale de San Francisco. Il y a quelques mois, sa femme est décédée. Il doit s'occuper seul de ses trois filles, DJ (Candace Cameron) qui a 10 ans, Stephanie (Jodie Sweetin) qui en a 5 et finalement le bébé Michelle (Mary-Kate et Ashley Olsen) qui arrive juste à sa première année. Pour l'aider dans son quotidien, son beau-frère Jesse Katsopolis (John Stamos) et un bon ami Joey Gladstone (Dave Coulier) décident de venir emménager avec lui dans sa maison de San Francisco. Au début, Jesse est guitariste dans un groupe de rock et Joey est un humoriste qui essaye de percer dans le monde des artistes. Chaque jour apporte son lot de surprises, surtout avec deux jeunes filles comme DJ qui commence à vouloir son autonomie sur sa sœur (elles dorment dans la même chambre) et Stephanie qui ne cherche qu'à se faire aimer de toutes les personnes qui sont autour d'elles. Les différentes personnalités qui sont données aux personnages agrémentent aussi l'histoire. Ainsi, Jesse est un rocker, qui aime les motos, les belles femmes, mais qui a aussi son côté tendre. Joey donne plus l'impression de se chercher, malgré ses apparences "sûr de lui". Danny, quant à lui, essaie de survivre au milieu de tout ça, cherchant le meilleur compromis pour que tout le monde vive en harmonie.
L'un des principaux intérêts de ce type de série familiale, c'est que les jeunes acteurs vont grandir sous nos yeux, année après année. Et c'est ce qui marque le plus l'auditoire, certainement plus que les évolutions variées des adultes. Nous allons ainsi voir DJ passer de toute jeune fille à une jeune femme à l'aube de sa majorité, avec les découvertes associées aux différents âges traversés (dont sa rencontre avec Steve Hale (Scott Weinger), qui deviendra par ailleurs un personnage régulier de l'émission. Idem pour Stephanie que nous accompagnons jusqu'à l'adolescence, sans oublier la jeune Michelle, qui ne perdra jamais sa place dans les préférences des téléspectateurs. Les adultes, quant à eux, suivent aussi le temps qui passe. Jesse rencontrera l'âme sœur avec Rebecca Donaldson (Lori Loughlin), avec qui il aura des jumeaux (qui, pour l'anecdote, ont été joués par deux groupes de jumeaux différents, pour des raisons d'apparence à l'écran). Et j'allais presque oublier une autre jeune actrice qui a participé à la série "Full House" de la première à la dernière saison : Andrea Barber qui jouait Kimmy Gibbler, la très drôle et un peu bizarre meilleure amie de DJ.
"Full House" a été une des séries qui ont permis de comprendre le problème des tournages avec des enfants. Pour les millions de téléspectateurs de la série, il n'y avait qu'une seule Michelle. Pourtant, l'utilisation de jumeaux pour jouer le rôle d'enfants au cinéma ne date pas d'hier. En raison de lois strictes qui interdisaient que de jeunes enfants ne soient utilisés pour des tournages plus que quelques heures par jour, en utilisant des jumeaux, on doublait ainsi les délais et on produisait aussi rapidement la série. Les jumelles Olsen ont débuté des tournages ensemble au début des années 90, alors qu'elles n'avaient que six ans. Plusieurs découvrirent alors qu'il n'y avait pas qu'une seule Michelle. À la fin de "Full House", les deux filles possédaient déjà leur propre émission The Adventures of Mary-Kate and Ashley, éditée principalement en vidéo, et qui devint un énorme succès auprès des jeunes. Rapidement, les deux sœurs furent à la tête d'un vrai empire, avec tous les avantages et les inconvénients. Aujourd'hui au début de la vingtaine, les deux jeunes filles, qui ont toujours été ensemble jusque-là dans des productions, commencent à travailler indépendamment dans plusieurs films. Elles sont, à n'en pas douter, celles qui ont le mieux réussi de la troupe de "Full House". Qui l'eut cru?
Problème majeur dans les éditions DVD des séries télévisées : les spécifications qui se perdent au fil des saisons, surtout au niveau des langues. Ainsi, alors que l'on retrouve des sous-titres anglais, français et espagnols à partir de la première saison, l'anglais disparaît dès la quatrième saison (ne reste que l'affichage pour malentendants), le menu "languages" disparaît carrément à la sixième saison, disant donc adieu aux sous-titres français et espagnols. Les trois dernières saisons ne possèdent donc plus qu'une piste sonore en anglais et plus de sous-titres (hormis pour les malentendants, disponible sur toutes les saisons). Côté visuel et sonore, nous avons un transfert très acceptable de l'image, au format plein écran (4:3), qui reproduit assez fidèlement ce qu'une diffusion télévisée nous aurait donné, avec des détails relativement précis et des couleurs à peine légèrement délavées. On constate par contre une amélioration générale de la qualité au fil des saisons, ce qui est normal. Idem pour la piste sonore anglaise, qui passe du format Dolby mono pour la première saison à un format Dolby 2.0 pour les dernières saisons, avec dans l'ensemble une très bonne qualité et une excellente compréhension.
Poursuivant une lancée certainement très appréciée par les collectionneurs (les précédents coffrets des saisons complètes de The O.C. et de Gilmore Girls en sont là pour témoigner), Warner nous propose un emballage original, simple et surtout peu volumineux, malgré le nombre total de disques. Imaginez donc 16 boîtiers minces qui logent de façon parfaite dans un contenant de carton extra-fort, aux allures d'une maison typique de San Francisco, à l'image de celle des Tanner dans la série (qui semble d'ailleurs bien plus large une fois à l'intérieur avec la magie des décors en studio). La façade avant s'ouvre pour donner accès aux boîtiers et elle se rabat simplement, maintenue de façon suffisante par un montant aimanté. Seul petit bémol, peut-être, avec le toit qui est une structure pointue qui vient se déposer sur la boîte (pour finir l'aspect de la maison) et qui consolide aussi la fermeture du coffret, et donc qu'il faut enlever pour l'ouvrir. Mais c'est un détail. En tout cas, espérons que Warner continue à nous offrir ainsi de belles éditions de séries complètes à l'avenir.
Contrairement à d'autres éditions complètes, celle-ci n'a subi que peu de changements par rapport aux éditions individuelles des saisons. L'ensemble a été visuellement repensé pour que tous les boîtiers et les disques s'agencent, mais le graphisme reprend celui qui existait déjà en grande partie, avec seulement quelques retouches pour que le tout s'harmonise bien ensemble. Par contre, le contenu est strictement identique à ce qui a déjà été édité en coffrets séparés.
En guise de suppléments, qui ont eux aussi disparu au fil des saisons, notons ce que j'appellerais une curiosité, mais qui plaira sans aucun doute à ceux qui s'intéressent au monde de la télévision, à savoir le premier épisode "test", avec un scénario et une présentation identique au "vrai" premier épisode, mais où John Posey incarne Danny Tanner, à la place de Bob Saget. Ce dernier fut choisi pour le rôle en raison du jeu peu convainquant que Posey avait donné dans cet épisode jamais diffusé et qui n'avait servi qu'à rôder le concept. Il est amusant de constater que la plupart des scènes d'ouverture (générique) ont été refilmées à l'identique avec Saget. Pour ce qui est des autres suppléments, outre la piste de commentaires de Jeff Franklin sur le premier épisode, ils sont relativement légers, la plupart étant des compilations d'extraits de la série sur un thème donné, ou de simples jeux de questions. Je rappelle que les saisons quatre à huit ne comportent aucun supplément.
"Full House" est l'une des séries qui fut très populaires de la fin des années 80, début 90. Malheureusement, elle s'est arrêtée un peu brutalement. Une neuvième saison avait été envisagée, mais la série coûtait trop cher. Son arrêt avait été annoncé avant la fin de la huitième saison, ce qui fait que le public n'a pas voulu manquer le dernier épisode, double, diffusé le 23 mai 1995, et qui a réuni 25 millions de téléspectateurs. Bien que ce soit une émission destinée à la famille, toutes branches confondues, et que ses dialogues n'étaient pas parmi les plus intellectuels, elle fait partie de ces programmes nécessaires pour un bon équilibre : pas trop de réflexions et quelques sourires. À ce niveau-là, "Full House" a certainement réussi son pari. Et la revoir de temps en temps ne fera de mal à personne.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |