Ils étaient partis pour une croisière de trois heures, mais ont passé près 42 heures divisées sur trois saisons (de septembre 1964 à avril 1967) sur une île déserte à près de 2000 kilomètres d'Hawaii (mais ils ne le savaient pas), suite au naufrage de leur navire, le S.S. Minnow. Sur le bateau, il y avait Gilligan (Bob Denver), le capitaine Jonas Grumby (Alan Hale, Jr.), le millionnaire Thurston Howell III (Jim Backus), son épouse Eunice Wentworth Howell (Natalie Schafer), la jolie star Ginger Grant (Tina Louise) et leur amis, le professeur Roy Hinkley (Russell Johnson) et Mary Ann Summers (Dawn Wells), un échantillon des stéréotypes américains de l'époque.
Les épisodes sont trop nombreux et différents pour les décrire ici, mais la structure de base de la plupart des épisodes reste fort simple: le professeur et le capitaine tentent de trouver un moyen de s'échapper de cette île déserte, Gilligan fait, malgré ses bonnes intentions, une maladresse qui fait en sorte de détruire leur nouveau plan pour retourner vers la civilisation. Ils pouvaient construire n'importe quoi à partir d'une source inépuisable de bambou, de noix de coco et de pièces du transmetteur défectueux. La chimie entre les nombreux personnages est excellente, en passant par le duo de Gilligan et du capitaine qui pourrait être facilement comparé à celui de Laurel et Hardy.
J'ai grandi avec ces épisodes et je suis bien heureux de les avoir sur DVD, mais est-ce que des gens qui n'ont jamais vu la série pourraient l'apprécier autant? Il y a certainement des gens qui seraient dégoûtés des stéréotypes des personnages de ce microcosme de la société de cette époque, mais je pourrais leur dire que 40 ans après la diffusion de séries telles que Friends et Sex in the City, les gens vont dire à peu près la même chose! Mais les joyeux naufragés sont pour ma part une série bien à elle. Elle fait certainement partie de la culture populaire nord-américaine et certainement partie du dictionnaire des gens de ma génération (et de celle qui la précède).
Peut-être vous ne le saviez pas, mais la première saison de cette série a été tournée en noir et blanc (colorée par la suite pour les rediffusions). Les deux saisons subséquentes ont été originalement tournées en couleurs. Alors que mon souvenir de la télédiffusion de ces épisodes me rappelle la plupart du temps des couleurs délavées, voire très ordinaires, les DVD offerts ici par Warner sont d'une qualité très agréable. Les épisodes noir et blanc ont des tons de gris très satisfaisants, alors que les épisodes couleur sont très saturés. Avec environ cinq épisodes d'une demi-heure par côté de disque, on évite aussi l'insertion d'artefact de compression dans l'image. Gilligan, je l'ai bien sûr connu en rediffusion en français, mais sur ces coffrets, nous l'avons malheureusement qu'en anglais, dans sa monophonie d'origine. Cependant, je suis très content de ne plus avoir un son réverbéré (quoiqu'à l'époque cela pouvait venir de mon téléviseur quand j'étais petit!). Les DVD n'étant qu'en anglais, je ne peux faire découvrir la série à mes enfants pour le moment pour tester si le temps n'a pas tout simplement saboté ce qui est drôle à mes yeux. Quoique des sous-titres dans trois langues pourraient aider.
Les suppléments sont un peu maigres (ils ont souffert de malnutrition sur l'île déserte?), mais tout de même intéressants. Notez que ce sont les mêmes que pour les saisons individuelles, puisqu'il s'agit ici que d'une boîte qui rassemble les trois boîtiers de saison tels que déjà disponibles en magasin. Le premier, pour la première saison, est certainement le plus intéressant du lot. Il s'agit du pilote jamais diffusé de la série dans lequel les éléments de base sont là, mais les personnages secondaires, à l'exception des Howell, sont joués par des acteurs différents. Les créateurs ont apporté beaucoup trop de changements pour diffuser cet épisode avec les autres, particulièrement du côté des filles de la troupe. Le créateur de la série, Sherwood Schwartz, offre une intéressante piste de commentaires à ce pilote. Une piste de sous-titres de faits divers est ensuite offerte pour le vrai premier épisode et un jeu questionnaire du nom de "Survival Guide" vient nous tomber sur les nerfs avec son hôte Buck Thomas. Pour conclure l'ensemble de la première saison, il y a un supplément qui nous permet de savoir un peu de l'historique des personnages avant leur arrivée sur l'île et les quelques changements apportés à ces histoires entre le pilote et le premier épisode. Les deux saisons suivantes possèdent quant à elle une introduction à la série par Sherwood Schwartz ainsi qu'une piste de commentaires sur un des épisodes ("Little Dictator" sur la saison 2 et "The Producer" sur la saison 3). La troisième saison comprend aussi le documentaire "Gilligan's Island: A Pop Culture Phenomenon" qui est un assemblage d'observations de soi-disant experts de la culture populaire, incluant des enseignants en la matière, des comédiens, des critiques et quelques autres.
Après la fin de la série, ce ne fut pas la fin des personnages et de leurs aventures pour autant. Il y a eu deux séries animées avec les voix de la plupart des acteurs de la série, soit The New Adventures of Gilligan en 1974 et Gilligan's Planet en 1982, suivi de trois films télévisés, Rescue from Gilligan's Island en 1978, The Castaways on Gilligan's Island en 1979 et The Harlem Globetrotters on Gilligan's Island en 1981. Et il y a bien sûr eu le documentaire de 2001 de Paul A. Kaufman Surviving Gilligan's Island: The Incredibly True Story of the Longest Three Hour Tour in History. Notez aussi les nombreux livres, dont le fameux livre de recette de Mary Ann (avec sûrement bien des recettes avec des noix de coco!).
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |