Je trouve toujours remarquable à quel point la télévision américaine (et le cinéma d'Hollywood aussi d'ailleurs!) peut, année après année, nous ressasser les mêmes scénarios et les mêmes histoires, en modifier légèrement le look et le contenant et nous le resservir réchauffé pour le plus grand plaisir de la majorité des téléspectateurs et des téléspectatrices. Pour ceux et celles qui ont le sens critique un peu plus aiguisé ne se contentent plus de manger des restes, il y a heureusement à l'occasion des petits bijoux télévisuels qui percent la morosité du paysage.
Malheureusement, la série "Girlfriends" produite par Kelsey Grammer (du légendaire sitcom Cheers) ferait plutôt partie de la première catégorie. On prend quatre jeunes femmes entre vingt et trente ans, évidemment pitounes, on les habille dans des boutiques branchées, on leur trouve des jobs de gagnantes, on construit trois ou quatre décors cheaps comme le bureau d'avocats où deux d'entre elles travaillent, leurs appartements et le café où elles se rencontrent régulièrement, on rajoute un beau brummel rigolo et macho, on met des gags et des problèmes de relations amoureuses et on obtient ce sitcom banal des années deux mille.
La seule petite différence c'est que tous les personnages principaux sont noirs. J'imagine qu'on a donc voulu aller chercher une part d'auditoire qui ne se reconnaissait pas dans des sitcoms typiques où tout le monde il est beau et tout le monde il est blanc. Malheureusement, ça fait plus penser aux films de "blacksploitation" des années soixante-dix, où on remplaçait le héros blanc comme Charles Bronson ou Lee Marvin par des héros noirs comme Carl Weathers, la pitoune exploitée (et nue!) blanche par Pam Grier et tous les acteurs et figurants par des gens de couleur, puis on gardait la même maison de production administrée par des blancs, les mêmes scénaristes blancs et les mêmes réalisateurs blancs et on servait ça à un public afro-américain qui se demandait s'il devait aimer ou s'indigner. On était en effet bien loin des films de Spike Lee comme She's Gotta Have It ou des films engagés de John Singleton comme Boyz 'n' the Hood.
Au niveau audiovisuel, "Girlfriends" brille encore par sa banalité. La direction photo suit la formule télé américaine, c'est-à-dire "if we pay that much money or it, we better see it on the screen" ("puisque ça nous coûte si cher, aussi bien tout voir à l'écran"). Le principe étant que chaque recoin de décor, chaque objet et chaque personnage doivent être éclairés. Pas de clairs-obscurs, ni d'ombres mystérieuses. Cela dit, c'est un éclairage efficace, bien mis en valeur par la qualité du transfert. Au niveau audio, un son de qualité, la série ayant été tournée en studio. Fait intéressant à noter, le boîtier des DVD indique que certaines musiques ont été changées pour la version DVD. S'agit-il d'une tentative de revamper et actualiser une série vieille de sept ans qui n'a pas connu de succès (seulement une saison) ou d'une simple question de droits? Mystère! Toujours est-il que la qualité audio du DVD est très bonne et qu'on remarque à peine la musique de toute façon... Comme il n'y a pas de suppléments, mais seulement les vingt-deux épisodes, rien à dire de ce côté.
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |