The Grid
20th Century Fox

Réalisateur: Mikael Salomon
Année: 2004
Classification: NR
Durée: 265 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 72
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Thierry Lacime
30 janvier 2005

Si on demandait à la population de la Terre quel est l'événement qui l'a le plus marquée dans les 50 dernières années, il est fort à parier que les attentats du 11 septembre 2001 seraient la réponse avec le pourcentage le plus élevé. Malgré l'importance du sujet, et sans doute par respect pour les victimes, rares sont les productions de fiction qui ont été réalisées sur le sujet. "The Grid", une minisérie coproduite par Fox, TNT et la BBC, réalisée pour la télévision en 2003 et diffusée sur le réseau américain TNT en juillet 2004, en exploite les fondations en nous montrant le travail incessant des agences de renseignements américaines et anglaises dans la traque aux terroristes internationaux (et surtout du Moyen-Orient dans ce cas-ci). Ici, les noms des présumés chefs ne sont pas transformés, les lieux et les individus sont souvent clairement identifiés et les actions sont réalistes, même si elles font froid dans le dos. Bref, une fiction très proche d'une réalité qui nous reste, peut-être heureusement, méconnue.

Les agents du contre-terrorisme de plusieurs pays sont sur les dents depuis les désormais trop célèbres attentats. Et ils ont de quoi l'être. Après avoir transité comme de simples bâtons de rouge à lèvres, deux fioles de gaz sarin sont désormais entre les mains de dangereux fanatiques. Dans une chambre d'un hôtel miteux de Londres, ils attendent d'un complice des cafetières pour y insérer un mécanisme qui libérera le gaz au moment opportun. Mais nos terroristes ne sont pas exactement au courant des mesures de sécurité à prendre pour manipuler ce violent gaz et c'est l'accident avec une cendre de cigarette. Tout ce qui vivait dans un rayon plusieurs mètres est tué instantanément. Une alerte maximale est lancée internationalement. À Londres, les effectifs du MI-5 et du MI-6 sont sur les rangs, malgré quelques divergences d'opinions.

À Washington, le son de cloche est équivalent et même un peu plus prononcé. Les incessantes tirailleries entre le FBI, la CIA et les autres agences gouvernementales, comme la NSA, se font un peu trop présentes. Maya Jackson (Julianna Margulies, avec une toute nouvelle coiffure qui la diffère grandement de son image de ER), du NSA, se voit confier une mission de recherche. Elle prend à ses côtés Max Canary (Dylan McDermott), agent du FBI et Raza Michaels (Peter Fattouche - identifié dans cette série sous le nom de Peter Marek), agent de la CIA et spécialiste des questions du Moyen-Orient. Canary, qui vit en permanence avec la pensée du 11 septembre en tête car son meilleur ami y est mort, vit désormais avec la femme et le fils de ce dernier, uniquement pour permettre à chacun de continuer à vivre malgré la douleur. Michaels, quant à lui, subit en permanence les attaques de son directeur, Acton Sandman (Tom Skerrit) qui le soupçonne, de par les origines arabes de l'agent, de ne pas être très "clair" et lui fait passer à répétition des tests. De l'autre côté de l'Atlantique, Derek Jennings (Bernard Hill), du MI-5 et Emily Tuthill (Jemma Redgrave, nièce de Vanessa et Lynn Redgrave, avec une certaine ressemblance), du MI-6, doivent aussi joindre leurs efforts malgré, là aussi, des batailles internes.

Les temps morts sont plutôt rares dans cette minisérie de six heures. Les efforts des différentes agences nous y sont bien démontrés, les risques et les implications aussi. Au passage, on ne manque pas d'égratigner, parfois fortement, les bagarres imbéciles entre les services, pouvant nuire gravement à l'enquête en cours, souvent uniquement pour des raisons futiles de personnalités incompatibles. Malgré tout (et peut-être seulement pour le bien de l'image publique), les personnes impliquées finissent quand même par admettre leurs divergences et à trouver un meilleur terrain d'entente.

Sur la pochette du boîtier, il est écrit "Alias rencontre 24", faisant allusion aux deux célèbres séries télévisées, Alias et 24. Ce n'est pas vraiment faux quand on voit la rapidité des décisions et des actes qui en découlent ainsi que le travail des agents sur le terrain et du danger permanent qui les guette. Cette minisérie nous est présentée sur deux disques contenant chacun trois épisodes (en fait un double et un simple, tel que diffusé à la télévision) et des suppléments. Il y a un magnifique menu qui est animé avec un montage 3D d'images du film et il est sonorisé. L'image est très belle, bien contrastée, surtout lors des scènes dans les pays du Moyen-Orient, et présentée dans un format panoramique. La bande sonore principale anglaise remplit parfaitement son rôle, surtout avec le format Dolby Digital 5.1, bien adapté aux moments d'actions et d'attaques.

Les suppléments, répartis sur les deux disques, sont assez nombreux. Il y a tout d'abord une piste de commentaires du réalisateur Mikael Salomon et de la productrice Tracey Alexander sur les épisodes 3 et 4. À tour de rôle, chacun y va de ses remarques quant à la scène qui est montrée, mais aussi avec des pensées que peut engendrer la scène. Il y a malgré tout parfois de longs silences. Autres commentaires, présentés de façon plutôt inusitée, mais surtout très pratique, ceux des acteurs qui commentent des scènes spécifiques de la série. Ainsi, pas moins de 35 scènes (prises dans tous les épisodes sauf le troisième) nous sont présentées avec les remarques du ou des acteurs qui y prennent part. Ils y racontent la plupart du temps une anecdote sur le tournage de la scène ou une pensée par rapport à la situation. C'est une nouvelle présentation que je ne déteste pas, car il n'est pas nécessaire de revoir ainsi tout le film.

Nous trouvons aussi 13 scènes supprimées, ainsi que trois documentaires de production, d'une durée totale d'environ vingt minutes: "Decoding The Grid", "VFX: Secrets of The Grid" et "Racing Against Time". Il s'agit en fait d'un seul et même documentaire, présenté principalement par le réalisateur Mikael Salomon et la productrice Tracey Alexander, découpé en trois parties. Des acteurs de la série y font aussi quelques apparitions. À l'aide d'extraits du montage final, mais aussi avec des vues derrière la caméra, nous apprenons tout le travail qu'il y a eu avec cette production, les nombreux lieux de tournage à travers le monde et aussi le formidable boulot de l'équipe des effets spéciaux (très surprenant par ailleurs, avec un regret que cette partie ne dure que cinq minutes, tellement l'aspect créatif est impressionnant).

Voici une excellente production, découverte sur support numérique, mais qui gagnerait énormément à être diffusée à plus grande échelle. Je ne l'ai pas vue, à ma connaissance, programmée ailleurs dans les derniers mois. Bien entendu, vu le suspense engendré, la regarder en une seule fois est un avantage, au lieu d'attendre la diffusion suivante. Le film nous montre une certaine réalité dont il ne faut pas se voiler la face. Elle existe. Nous allons simplement espérer que les agences gouvernementales sont aussi promptes à réagir qu'on nous le montre ici. Un produit qui donne vraiment la marchandise.


Cotes

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