Hogan's Heroes
The Complete First Season
Paramount Home Entertainment

Créateurs : Bernard Fein, Albert S. Ruddy
Année: 1965-1966
Classification: G
Durée: 822 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 5 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
6 mars 2005

C'est dans les années 80 que j'ai découvert cette série qui s'appelait alors en France "Stalag 13". Je l'ai aussi vu diffusée au Québec sous le titre "Papa Schultz". Le nom original, "Hogan's Heroes" résume bien plus l'histoire de la série: des prisonniers de guerre organisent depuis leur campement de nombreuses missions alliées au nez et à la barbe du commandant du stalag, le Colonel Klink. Un seul officier allemand, le sergent Schultz, est au courant des manigances, mais il préfère garder le silence. Tout ceci entraîne bien entendu des histoires plutôt impossibles, mais terriblement drôles.

Allemagne, 1942. Le Colonel Robert Hogan (Robert Crane) est prisonnier de guerre dans un camp en Allemagne, le Stalag 13. Étant le plus haut gradé de tous les prisonniers, c'est lui qui en charge vis-à-vis du commandant du camp, le colonel Wilhelm Klink (Werner Klemperer). Entre les deux, le sergent Hans Schultz (John Banner) se doit de faire respecter les consignes du camp et surtout l'attitude des prisonniers. Il n'a pas la tâche facile, car outre Hogan, il y a le caporal Peter Newkirk (Richard Dawson), un as de la diversion et de la magie, qui a vite fait de faire disparaître une preuve compromettante. Il y a aussi le caporal Louis Lebeau (Robert Clary), un français qui n'a pas son pareil pour se faire aimer en cuisinant de bons petits plats, mais aussi en sachant se faufiler avec sa petite taille. Ajoutons le sergent Andrew Carter (Lewis Hovis) qui malgré son côté un peu niais, se débrouille plutôt bien en explosifs et surtout le sergent James Kinchloe "Kinch" (Ivan Dixon), le spécialiste des écoutes et autres appareils téléphoniques ou de transmission.

Alors que la plupart des films de guerre avec prisonniers basent leur scénario sur les plans d'évasion, dont le fameux The Great Escape, avec Steve McQueen (qui a parfois quelques ressemblances avec notre série), ici les prisonniers font tout pour rester dans le camp. En effet, le camp est leur quartier général, et à l'aide d'un système de tunnels très bien élaboré, ils peuvent en fait entrer et sortir à leur guise. D'ailleurs, beaucoup de soldats alliés passent par le stalag pour revenir en Angleterre, un peu comme on passerait par une salle de briefing avant de poursuivre. Seul, le sergent Schultz est en partie au courant des agissements de Hogan et de sa troupe. Mais, peut-être par lâcheté, mais aussi parce qu'il aime bien les prisonniers qui lui donnent des cadeaux, il se tait ("I know nothing... nothing!" se plaît-il à répéter). C'est surtout grâce au colonel Klink que la troupe doit son salut. Se croyant le commandant du stalag le plus sûr d'Allemagne (et pour cause, personne ne s'en évade), Klink est trop sûr de lui et croit finalement tout ce que Hogan veut bien lui faire croire, principalement les rumeurs, toujours fausses, d'éventuelles déportations sur le front russe. Klink, qui n'est absolument pas un homme de combat, se plaît bien lui aussi dans son rôle tranquille d'un camp où il ne se passe pas grand-chose. En fait de camp, tout est aménagé pour faciliter le "travail" des prisonniers: sorties des tunnels dissimulées un peu partout, comme au cachot, portions de grillage modifiées pour être facilement ouvertes, systèmes de surveillances audio et visuelles mis en place, etc.

Paramount nous propose le coffret de la première saison en cinq disques regroupant les 32 épisodes (dont le pilote) diffusés entre septembre 1965 et avril 1966. Le pilote, diffusé en noir et blanc, n'a pas la même ouverture que le reste de la saison. De plus, un acteur signalé dans le générique, Leonid Kinskey, n'apparaîtra plus dans le reste de la saison. Les autres épisodes sont donc diffusés en couleurs et une image emblématique tirée du pilote (Hogan qui dépose son képi sur la pointe du casque allemand de Klink sur son bureau) devient alors le logo d'ouverture de la série. La musique, très fanfare de défilé militaire, devient aussi rapidement un incontournable.

Outre le pilote en noir et blanc et d'une qualité d'image plutôt passable, le reste de la saison possède de belles couleurs, sans être éclatantes. On note aussi plusieurs artefacts, notamment de petites traces blanches, rares, mais constantes. Parfois, certains gros plans manquent de netteté. La seule bande sonore, anglaise mono, est de bonne qualité et facilement compréhensible. À noter la présence de rires rajoutés à la M*A*S*H, mais ici sans possibilité de l'ôter. Les pages de menu sont statiques et muettes. Il n'y a malheureusement aucun supplément. C'est extrêmement dommage, surtout pour une série qui a eu autant de succès et qui continue d'être rediffusée quarante ans plus tard. Comme c'est souvent le cas, espérons que l'erreur soit corrigée avec les cinq autres saisons à venir.

L'acteur Robert Crane a eu une vie professionnelle mouvementée. Elle a d'ailleurs fait l'objet d'un très bon film, Auto Focus de Paul Shrader, dont je vous ai déjà critiqué la version DVD. Je vous le recommande fortement si vous désirez en savoir plus sur cet acteur mystérieux de la fin des années soixante, débuts 70. Des suppléments d'époque nous en expliquent plus sur sa tragique disparition, qui reste malgré tout, trente ans plus tard, un cas non résolu. Pour ce qui est de John Banner, l'inimitable Schultz, arrêta sa carrière à la fin de la série et finit sa vie en 1973 dans les vignobles du sud-ouest de la France.

J'avoue bien humblement adorer cette série. Peut-être que mes origines françaises font remonter en moi un élan patriotique et surtout une certaine complaisance à se moquer de l'occupant allemand. Quoi qu'il en soit, c'est très drôle, principalement grâce au jeu des acteurs surtout avec les personnages de Klink et Schultz. Par contre, j'haïs le jeu de l'acteur Richard Dawson qui ne peut pas faire une scène sans regarder vers la caméra. Avait-il un problème aux yeux? C'est à se le demander... De toute façon, ce n'est pas cela qui me fera manquer l'édition de la seconde saison. Achtung!!


Cotes

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