La Seconde Guerre mondiale n'est pas un événement bien drôle dans notre histoire récente. Bien entendu, tout dépend du point de vue par lequel il est pris. En limitant de façon un peu exagérée cet angle de vision, il y a peut-être bien de quoi faire sourire dans l'atrocité de ce conflit, et les scénaristes américains ont su trouver la faille. À peine vingt ans après la fin des hostilités, la série "Hogan's Heroes" devenait très populaire chez nos voisins du sud. Nous en sommes déjà rendus à la troisième saison sur DVD et, tout comme lors des critiques précédentes, je vous propose de revenir sur la saison 1 et la saison 2 pour nous rafraîchir la mémoire et resituer, le besoin étant, cette folle aventure.
À l'instar de la saison précédente, ce sont à nouveau trente épisodes qui composent cette troisième saison qui a été initialement diffusée sur le réseau américain CBS de septembre 1967 à mars 1968. Nous retrouvons la même équipe que précédemment, sans aucune modification. Comme je le disais en ouverture, les scénaristes américains ont su trouver une façon amusante de nous présenter un pan de notre histoire qu'il convient de manier avec précaution. Ici, les bons sont les prisonniers (principalement américains, mais aussi français et anglais) et les méchants, pour ne pas dire les stupides, ce sont les Allemands. Cette prise de position, qui fait passer l'occupant germanique comme manquant grandement d'intelligence, est justement le point principal de la série. Je ne sais pas ce qu'en ont pensé les intéressés, mais j'imagine que les attaqués, même des décennies plus tard, ont bien apprécié. Car pour ce qui est de caricaturer ces pauvres gradés allemands, on ne peut pas dire qu'ils soient épargnés. À commencer par ce sympathique, mais ô combien aveugle, Colonel Klink (Werner Klemperer), chef du camp de prisonniers de guerre (POW). Même si l'exagération est flagrante, c'est principalement pour notre plaisir. Et c'est d'ailleurs sur ce point que peuvent jouer les scénaristes envers ceux qui s'objecteraient à ce qu'on prenne ces "pauvres" allemands pour des imbéciles: ce n'est qu'un film de fiction avec des situations purement fictives et inventées. Enfin, si on veut...
Dans cette troisième saison (sur un total de six), le Colonel Hogan (Robert "Bob" Crane) doit trouver des parades encore plus sophistiquées pour continuer son travail d'espion sur le terrain, aidé de ses fidèles sujets, sans oublier l'élément qui ne le sait pas lui-même, le sergent Schultz (John Banner). Berlin se doute enfin qu'il doit se passer quelque chose de pas normal au Stalag 13. Et malgré la bonne humeur de Klink, c'est presque impossible qu'il n'y ait jamais une seule évasion à ce camp. La Gestapo est sur les dents et il faut fouiller partout. Le réseau de tunnels que Hogan et son équipe ont mis des mois à créer est menacé. Mais ne nous en faisons pas. C'est sans compter sur la vivacité d'esprit de toute l'équipe et même si parfois l'échec est proche, tout est prêt à temps pour que l'histoire (avec un petit et un grand "h") suive son cours.
Fidèle à une équipe qui semble bien soudée, la série reçoit peu d'artistes invités. Il y a malgré tout des rôles récurrents, tel que Bernard Fox (qui interprète ici le Colonel Crittendon), que l'on a vu dans Bewitched et dans de nombreux films où il joue principalement un personnage anglais (à cause de sa moustache). On aperçoit aussi la non moins célèbre Kathleen Freeman (une grande complice de Jerry Lewis, entre autres), qui joue ici la sœur du Général Burkhalter ainsi que Nina Talbot, qui a même été nominée aux Emmy Awards pour son rôle dans l'épisode "The Hostage".
La qualité de l'image est toujours très bonne, principalement pour les scènes en studio. Curieusement, les quelques passages extérieurs du générique sont plutôt mauvais, et ce, depuis la première saison. Les couleurs sont en général bien distinctes et assez vives. On peut noter parfois un petit manque de contraste, mais rien d'important. On garde toujours une piste sonore anglaise mono et aucun sous-titrage, autre que celui pour les malentendants. En ce qui concerne les pages de menu, on retrouve les améliorations apportées dès la deuxième saison avec des animations et des sons parfaitement adaptés.
Parlant des améliorations, la saison précédente nous avait fait excellente impression avec une quantité non négligeable de suppléments de toute sorte. À croire qu'il aurait peut-être été préférable de doser leur diffusion puisque même si on en retrouve à nouveau cette fois-ci, ils sont bien moins nombreux. Malgré tout, on appréciera l'extrait du "Pat Sajak Show" qui accueille Werner Klemperer, très touché de reparler de la série ainsi que du monocle qu'on lui remet en cadeau. Même s'il n'est pas daté, on situera cet extrait quelque part en 1989 ou 1990, le show n'ayant pas duré plus qu'un an et demi. Puis il y a une galerie de photo pour l'épisode "Lebeau and The Little Old Lady" ainsi qu'une autre galerie d'images plus générale. Comme on le voit, et sans le regretter forcément, la quantité de suppléments est plutôt réduite, surtout après le déferlement de la seconde saison.
En ce qui me concerne, je sais que cette série me plaira toujours autant. J'avoue que lors de certaines sorties de coffrets TV que je critique ici, je suis parfois déçu en retrouvant une série qui m'avait pourtant bien plu des années auparavant. Ce n'est absolument pas le cas de "Hogan's Heroes", au risque de me répéter. En regrettant qu'il manque une version française, pour permettre à un nouveau public non anglophone de découvrir ces drôles d'aventures (et peut-être, par la même occasion, de redécouvrir l'histoire du monde), je sais que je ne manquerais pas, de temps en temps, de regarder un épisode au hasard de ces coffrets. D'ailleurs, celui de la quatrième saison est déjà en vue pour la fin de l'été, alors je n'en dis pas plus. Et si vous trouvez qu'il fait gris dehors, regardez donc un épisode de la série, le sourire remplacera vite le mauvais temps.
| Film | 9 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |