Amis hypocondriaques (et tous les autres aussi), bienvenue dans un monde rempli de belles maladies insoupçonnées. Mais ne soyez pas trop inquiets, car le détestable Dr Gregory House (Hugh Laurie) est là, aidé de ses trois coéquipiers, pour ne pas laisser passer à travers les maillons de souffles de vie l'une d'entre elles. Pour en savoir plus sur les personnages, je vous suggère un petit tour vers la présentation de la première saison, il y a déjà un an. En fait, comme beaucoup d'autres séries à succès, c'est souvent à la veille du début de la diffusion des nouveaux épisodes (début septembre dans ce cas-ci) que les studios proposent le coffret des précédentes aventures, histoire de se rafraîchir la mémoire. Et il faut bien avouer que dans le cas de House, l'attente est fébrile, surtout quand on connaît l'intrigue du dernier épisode de cette deuxième saison: comme le diagnostic appréhendé d'une maladie, insoutenable.
Universal nous propose donc de retrouver les 24 épisodes (deux de plus que la première saison) de la deuxième année de "House M.D.". La diffusion sur le réseau américain FOX s'est échelonnée de septembre 2005 à mai 2006. Fait plutôt inusité pour une série télévisée de plus de 20 épisodes par saison, avec autant de scénarios à écrire, "House M.D." a récolté, lors de différents sondages d'opinion auprès de ses téléspectateurs, une note toujours supérieure ou égale à neuf pour un maximum de dix. Même des séries très populaires comme LOST ou 24 n'ont pas atteint cette côte d'amour. Au Québec, la première saison a été diffusée sur le canal spécialisé "Mystère" et j'imagine qu'il en sera de même avec la deuxième saison un peu plus tard cette année.
Cette nouvelle saison débute avec un épisode qui rassemble plusieurs questions d'éthiques, à tous les niveaux. Clarence (brillamment interprété par L.L. Cool J.) est un prisonnier en attente dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, il est atteint d'un mal aussi étrange que soudain. House décide de s'en occuper, malgré les protestations de son entourage, déjà aux prises avec des cas sérieux. Bien entendu, la question principale que l'on doit se poser est la suivante: est-il important d'essayer de soigner un patient déjà condamné (par la justice dans ce cas-ci) au risque de manquer de temps et de ressources pour d'autres qui ont toute leur vie devant eux? À ne pas manquer, la superbe chanson "Hallelujah" de Jeff Buckley qui clôt cet épisode de façon poignante. On continue cette superbe deuxième année avec l'épisode qui a reçu plus de cotes et certainement celui qui fera couler le plus de larmes. Andie est une jeune fille de 9 ans qui est malheureusement atteinte d'un cancer incurable. C'est le Dr Wilson (Robert Sean Leonard), l'ami de House, qui lui transmet le dossier, car la jeune fille souffre désormais d'hallucinations, ce qui n'a rien à voir avec son cancer. Quelle sera l'attitude de House, toujours très direct avec ses patients, quand il accepte de les rencontrer ce qui est déjà rare, face à cette pauvre petite fille? Sa dernière réplique de l'épisode résume tout ce que je viens d'écrire.
Bien entendu, je ne vais pas citer chacun des 24 épisodes de la saison, mais je vais aller directement au dernier. Il s'agit de celui qui devra nous faire attendre à la saison suivante. Et de quelle façon? Délibérément, un homme fait feu sur House. Mais tout aussi délibérément, il ne veut pas le tuer, mais seulement le faire souffrir, pour lui faire comprendre ce qu'est la douleur pour se venger d'une vieille histoire où House avait involontairement (ou non, difficile de savoir avec lui) mis à jour une liaison adultère à la femme du tireur. Mais dans le même temps, le tireur, Jack Moriarty (Elias Koteas) s'évanouit. Ironie, les deux hommes vont se retrouver dans la même unité des soins intensifs. S'en suivra une joute verbale et parfois physique entre les deux lits d'hôpital. House continuera, malgré sa blessure, à essayer de comprendre les symptômes de Moriarty. Mais dans le même temps, le toubib sera pris de mystérieuses hallucinations, laissant le téléspectateur dans le doute: où est le vrai du faux? C'est alors que son état s'améliorait que House sombre dans une grave crise. Il doit être immédiatement traité. Fin de l'épisode. Vous allez me trouver un peu dur de vous résumer ainsi un épisode entier de House, le dernier qui plus est. En fait, peut-être que House a déteint sur moi: devrais-je être le seul à devoir patienter jusqu'au début septembre pour connaître la suite? Blague à part, certains ont peut-être déjà remarqué l'allusion dans cet épisode entre le surnom que l'on pourrait donner à House, à savoir le "Sherlock Holmes" de la médecine, ici face à un ennemi mystérieux qui s'appelle Moriarty. Reprenez les livres de Conan Doyle si mon point vous échappe.
Le coffret de cette deuxième saison est physiquement très proche de celui de la première. En tout cas, à première vue. Le graphisme général est le même, seule la couleur dominante est passée d'un bleu pastel à l'orange. Il subsiste une petite différence: l'épaisseur du boîtier est plus conséquente cette fois-ci. La raison en est fort simple: nous sommes passés de trois disques doubles faces à six disques simples faces. Un des avantages, c'est de pouvoir y mettre l'image de chacun des six personnages principaux sur chacun. Pour les ranger, nous avons toujours trois panneaux de plexiglas, mais avec deux logements au lieu d'un. Il s'agit là de l'un des principaux changements extérieurs de la présentation. Une autre, qui en découle, est le résumé plus important qui est imprimé pour chaque épisode. Le principe du boîtier, qui n'est pas nouveau et encore très utilisé, doit malgré tout retenir une certaine précaution de manipulation puisque nous avons un disque qui est fermement rangé par-dessus un autre. Il suffit de faire attention.
Pour ce qui est de la qualité du produit, nous avons à nouveau un beau transfert au format panoramique 1.78:1 (et anamorphique contrairement à la saison précédente). L'image est claire et bien saturée. Mais "House M.D." fait partie des désormais nombreux programmes diffusés sur leurs canaux originaux au format HD. Et il faut bien avouer que la diffusion HD de cette série (ainsi que de plusieurs autres) dépasse en qualité celle des éditions DVD. Nous sommes entrés dans l'ère de la transition avec les nouveaux DVD HD, avec déjà quelques critiques ici même. Il faudra encore certainement quelques saisons avant que l'on retrouve ces séries dans le même format et la même qualité que celle de leur diffusion HD. En attendant, pour la majorité, les images offertes dans ce coffret sont d'excellente qualité comparées à une diffusion télévisée ordinaire (c'est-à-dire 4x3). La bande sonore anglaise est parfaite, même si les effets 5.1 sont plutôt limités (difficile d'avoir des poursuites automobiles ou des explosions dans une salle d'opération d'hôpital). Les menus sont simples et fixes.
Une partie à signaler absolument dans un coffret d'Universal lorsqu'elle est présente: les suppléments. À l'instar de la première saison, quelques petits bonus à se mettre sous la dent sont présents. Ils sont répartis sur chacun des disques. On trouve ainsi une piste de commentaires des producteurs David Shore et Katie Jacobs sur les épisodes "Autopsy" et "No Reason" (le dernier de la série). Leur narration est plutôt explicative, s'arrêtant sur des détails aperçus dans les scènes et expliquant comment elles ont été tournées. Sur "No Reason", leurs interventions sont un peu plus intéressantes (l'épisode ayant été écrit et réalisé par David Shore). Il y a aussi un bon cinq minutes de scènes ratées, qui même si ce n'est pas très relevant, elles ont souvent le don de faire rire malgré nous. Des prises alternatives pour deux scènes sont aussi disponibles, avec la mention "Valley Girl Version". Sans être des scènes "ratées", on y voit à chaque fois les personnages du Dr Cuddy (Lisa Edelstein) et Dr. Cameron (Jennifer Morrison) faire une scène, mais avec l'accent et l'attitude "d'une fille de la campagne", qui ne va pas, bien entendu, avec l'intégrité que doivent avoir leur personnage dans la série. Assez drôle, même si trop court. Plus sérieux, on apprécie le moment passé (près de vingt minutes) avec une partie de l'équipe de la série lors d'une soirée à l'Academy of Television Arts & Sciences, où les intervenants répondent aux questions d'un modérateur, devant une salle qui semble conquise d'avance.
De nombreux patients de House sont en fait des artistes connus de passage. Outre L.L. Cool J. dont j'ai déjà parlé, on retrouve aussi dans cette saison Sela Ward (avec le personnage récurrent de Stacy), Ron Levingston, Elle Fanning (le petite sœur de la désormais célèbre Dakota), Kip Pardue, William Katt, Charles S. Dutton, D.B. Sweeney et Elias Koteas. Il serait fort probable d'en voir encore plus dans les prochaines saisons, les acteurs étant très friands d'apparitions dans des séries très populaires.
On dit souvent que chacun a sa drogue. Une des miennes (eh oui, ce ne serait pas drôle d'en n'avoir qu'une seule), c'est bien souvent de vouloir passer au travers d'une saison complète de série lorsque le coffret m'arrive entre les mains et ce, le plus rapidement possible, que je connaisse déjà les épisodes en totalité ou partiellement. "House M.D." fait partie de cette catégorie, même si je me dis que je connais et que je n'ai pas besoin de tout revoir. Pourtant non. Le personnage est attachant malgré son côté bourru, un peu comme un ours mal léché qu'on a du mal à laisser de côté. Nous avons d'ailleurs avec lui un des attraits, pour ne pas dire l'attrait principal, du sujet. Laissez-vous aussi emporter par un médecin pas ordinaire, mais qu'on aimerait absolument rencontrer le jour où nous aurions à subir les diagnostics du monde médical.
| Film | 10 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |