Pour sa deuxième et dernière saison, "The Invaders" reprend la traditionnelle formule de la chasse à l'extraterrestres qui est matinée de suspense, de meurtres, d'affrontements et de rebondissements. L'action débute là où le précédent volet se terminait. L'architecte David Vincent (Roy Thinnes) est toujours convaincu que des extraterrestres sont sur Terre et qu'ils préparent une invasion. Même si le gouvernement américain ne le croit pas (et qu'il tente même de l'emprisonner par moments), le principal intéressé peut compter sur l'aide de différentes personnes dans sa lutte contre l'envahisseur. Ils devront toutefois se dépêcher, parce que le compte à rebours est déjà commencé.
Logiquement, les amateurs des X-Files qui mangent de la science-fiction au déjeuner connaissent la série "The Invaders" qui a été présentée sur les ondes d'ABC de janvier 1967 à mars 1968. Il s'agissait d'une intrigante émission qui n'a jamais réellement trouvé son public. Malgré une fin ouverte qui laissait présager une suite, le tout a été arrêté après seulement deux ans. Dommage. Après une première saison qui mettait la table en présentant l'univers et quelques personnages, cette suite approfondit les thématiques en place. En surface, les changements sont cosmétiques. De son air détaché et sans émotion, Roy Thinners fonce tête baissée dans l'action. Les épisodes, d'une durée de 51 minutes, sont divisés en quatre actes et les dialogues prennent généralement le pas sur les affrontements ou les séquences plus musclées.
La progression épouse toujours le principe de l'entonnoir. Ainsi, les segments se ressemblent beaucoup. Il y a un héros qui combat des forces obscures, sauvant des gens au passage tout en ayant les autorités sur le dos. Ce ne sont pas les vieux The Fugitive, mais ce n'est pas loin non plus. Si les "aliens" sont le leitmotiv du récit, le faible lien connexe entre les différentes histoires demeure évident. Cela n'empêche pas les amateurs du genre de se lécher les doigts devant ce simili - et très long - The Invasion of Body Snatchers. Les scénaristes exploitent bien l'époque en y allant à fond au niveau de la paranoïa et de la suspicion. Dans différentes péripéties, David Vincent doit aider des gens qui ont combattu en Corée et au Vietnam. Les propos abordent les idées de vérité et de conscience sociale, tout en revenant sur les traditionnelles quêtes du respect de la différence et la peur de l'inconnu.
La durée de l'entreprise (il y a 26 épisodes pour plus de 22 heures d'intrigues) amène bien entendu quelques répétitions et une tension qui n'est pas toujours au point. Dès que le rythme tend à prendre le bord, un nouvel élément relève l'intérêt. Parfois, ce sont les effets spéciaux qui font sourire. Ou le délicieux Kent Smith qui vole la vedette dans le rôle du millionnaire Edgar Scoville. Voici tout ce que devra affronter Roy Thinners et ses acolytes:
Le plein écran est toujours de la partie, tout comme le grain, les égratignures et les contrastes inégaux. En revanche, les couleurs demeurent plus qu'acceptables, surtout ces jolis effets lumineux qui amènent d'agréables touches kitchs à l'ensemble. Plus de quarante années après son passage à la télévision, le tout se regarde sans trop broncher. La piste sonore anglophone est en mono. La grosse narration masculine et les voix s'entendent généralement bien. Un avantage certain, car il n'y a aucun sous-titre. La musique orchestrale tend à être descriptive. Elle est également trop présente, rajoutant un peu artificiellement une tension pas toujours cohérente, dramatisant un évènement triste en oubliant de faire appel aux talents des comédiens.
L'incroyable pochette verte montre le protagoniste qui se tient devant un astre qui va bientôt entrer en collision avec la Terre. Le livret vulgarise habilement les prémisses, alors que le solide boîtier offre sept DVD dans une impressionnante économie d'espace. Les menus principaux des disques sont statiques et ils sont représentés par des photographies diverses, le visage du héros et une voiture de police. Une intrigante mélodie campe parfaitement l'atmosphère.
Avant tous les épisodes, il y a une courte introduction de Roy Thinners. Pendant 45 secondes, il résume ce qui va suivre en y allant de quelques réflexions personnelles. Il faudra attendre le dernier DVD pour pouvoir écouter une très intéressante entrevue de 36 minutes où il parle de son personnage, de sa carrière et de l'impact de la série sur son quotidien. Un bonbon en forme de questions/réponses qui souffre cependant d'un montage drabe. Pour sa part, le segment "The Peacemaker" comporte une piste de commentaires du producteur Alan Armer. De sa voix grave, il décrit ce qui se déroule sous ses yeux en prenant soin d'inscrire le résultat dans son époque.
"The Invaders: Season Two" n'est pas l'émission la plus excitante qui soit. Il est facile de lui préférer The Fugitive tant la construction est similaire. Cependant, il y a suffisamment de rebondissements, de dialogues pimentés et de clins d'œil à la société américaine de la fin des années 1960 pour rester accrocher jusqu'à la fin. Si Larry Cohen n'avait pas eu une telle idée, peut-être que les X-Files n'auraient jamais existé.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |