"Je m'appelle Peter Brady. Depuis quelques années, je poursuis des recherches qui devraient nous faire un grand pas vers la connaissance de l'être humain. Dans mon laboratoire où je travaille nuit et jour, je cherche à percer le mystère des molécules. Il y a à peine quelques heures, j'ai touché du doigt ce que je cherche depuis des années, alors que je procédais à une expérience de pure routine. Je ne pouvais évidemment pas prévoir ce qui allait m'arriver. C'est seulement maintenant que je comprends la conclusion logique de l'expérience, mais je ne peux pas, hélas, encore l'expliquer. C'est une des choses les plus extraordinaires qui soient arrivées à l'humanité."
D'entrée de jeu, la télésérie "Invisible Man: Season 1" annonce immédiatement ses couleurs avec cette brève narration dans le tout premier épisode intitulé "Secret Experiment". Nous sommes dans un laboratoire situé à Castle Hill en Angleterre, nous voyons un scientifique (toujours de dos) travailler sur la réfraction optique. Il expérimente la théorie de l'invisibilité sur un hamster en l'exposant à de fortes radiations... Un incident survient soudainement au laboratoire, une fuite radioactive se propage dans le local où le savant chercheur besogne. Vous devinez évidemment la suite, il devient tout comme le petit animal... totalement invisible! Enrôlé par le service du contre-espionnage britannique, Peter Brady sillonne alors les quatre coins du monde afin d'accomplir des missions impossibles. Le docteur Peter Brady est célibataire et vit avec sa sœur Diane (Lisa Daniely), veuve depuis deux ans et sa nièce Sally (Deborah Watling).
Vous devez vous demander pourquoi je ne mets pas le nom de l'acteur qui personnifie l'homme invisible? La réponse est bien simple, le producteur cachera l'identité du comédien qui l'incarne tant aux téléspectateurs qu'au reste du plateau de tournage avec une facilité déconcertante, puisque l'acteur est recouvert de bandelettes et lorsqu'il enlève son bandage, il devient complètement invisible, grâce à un excellent effet de trucage. D'ailleurs, son nom n'est même pas cité au générique. En fait, deux hommes se dissimulent derrière le personnage de l'homme invisible. Ce n'est que tout récemment que leurs noms nous furent révélés. D'une part, la voix de Peter Brady appartient à l'acteur anglais Tim Turner, ce comédien de radio qui ne fut jamais crédité, car l'homme invisible devait tout simplement demeurer une voix aux yeux du public. D'autre part, qui se cache derrière les bandelettes? C'est un dénommé Johnny Scripps, qui nous livre un jeu décontracté malgré tous ses bandages et qui, nanti d'une bonne charpente physique, nous livre de belles scènes où les échauffourées sont à l'honneur. Il demeure toutefois un pur inconnu au bataillon puisqu'il n'a pas fait grand-chose par la suite.
Cette télésérie présentée pour la toute première fois le 14 septembre 1958 sur la chaîne de télévision londonienne ITV fut créée et produite par Ralph Smart d'après l'œuvre de l'auteur H.G. Wells. Mais à la différence de l'ouvrage de Wells, ici l'homme invisible est bon. Il est au service du gouvernement afin que les lois, l'ordre et la justice soient scrupuleusement respectés. Vous découvrirez avec étonnement en regardant le DVD de "Invisible Man: Season 1", que les effets spéciaux sont complètement renversants pour l'époque. Nous ne voyons ni fils, ni éléments de trucages à l'écran. Le magnifique travail en cette matière de Jack Whitehead ainsi que du directeur de la photo Brendan J. Stafford ont fortement contribués aux succès de cette télésérie culte de la télévision britannique.
En ce qui concerne l'écriture des aventures et par surcroît des dialogues, les scénaristes ont fait un travail remarquable. L'humour anglais est exquis comme en témoigne ici certaines répliques parfois loufoques: "Sir Charles: L'un de vos chercheurs aurait réussi à se rendre invisible? Manning: Oui c'est ça. Sir Charles: Allons voir ça, si j'ose dire! ", "Peter Brady: Ne craignez rien, vous ne pouvez pas me voir... Je suis invisible!" "Peter Brady: Voulez-vous vous retourner, je me déshabille!".
La jaquette du boîtier DVD est originale puisque c'est une image holographique, où nous voyons l'homme invisible apparaître et disparaître lorsqu'on tangue cet hologramme soit vers la gauche ou vers la droite. En ce qui concerne l'audio, vous aurez le choix d'entendre "Invisible Man: Season 1" sur quatre pistes audio dont trois en son monophonique (anglais, espagnol et français) et une bande-son anglaise stéréophonique 5.1 totalement remixée, donnant plus de profondeur sonore aux aventures de Peter Brady. On note une harmonie sonore très convenable et aucune distorsion, résultant sur des dialogues toujours parfaitement nets et intelligibles. La musique de Sydney John Kay (non crédité au générique) est tout simplement sublime. Elle est intrigante, conspiratrice et aventurière. Elle supporte admirablement bien l'action qui se déroule sous nos yeux.
Cette télésérie culte en noir et blanc est d'une richesse remarquable. On peut percevoir plusieurs taches, points blanc et rayures sur l'image, mais comme il s'agit d'une émission datant de 1958, c'est fort pardonnable. Les noirs sont extrêmement profonds et solides, tandis que les blancs sont éclatants à souhait. Les dégradés de gris rendent bien toutes les nuances de la superbe photographie de Brendan J. Stafford. Quant au contraste, il est bien régi et permet d'avoir une agréable répartition des hautes lumières.
Au total, vous retrouverez intégralement dans ce magnifique boîtier de deux disques DVD, treize épisodes qui furent tournés lors de cette première saison. Je me suis permis de vous écrire le titre français entre parenthèse pour chaque épisode tel que présenté à la télévision québécoise au début des années soixante: "Secret Experiment" (Expérience secrète), "Crisis in the Desert" (Crise dans le désert), "Behind the Mask" (Derrière le masque), "Shadow on the Screen" (Le transfuge), "The Mink Coat" (Le manteau de vison), "The Locked Room" (La chambre close), "Jail Break" (Le roi de la cavale), "Blind Justice" (Justice aveugle), "Bank Raid" (Kidnapping), "Strange Partners" (Crise cardiaque), "Odds Against Death" (Pari contre la mort), "Picnic with Death" (Pique-nique surprise), "Play to Kill" (Chantage).
Bref, je dois dire un gros merci à Dark Sky Films tout d'abord pour avoir pensé aux francophones et ensuite pour la production sur DVD de cette télésérie extraordinaire qui fera très certainement plaisir à tous les télé-phages de ma génération et sûrement à tous ceux et celles qui désireront découvrir un produit de qualité. "Invisible Man: Season 1" est à mon humble avis, une œuvre majeure qu'il serait dommage de louper.
| Film | 8 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |