Bruce! Bruce! Bruce! L'acteur culte de plusieurs générations, Bruce Campbell, fait l'espion, l'aventurier, le pirate et surtout le zouave dans "Jack of All Trades", une comédie aussi éparpillée que délirante. Pas très subtil ou toujours intéressant, mais franchement bidonnant par moments.
Il ne faut pas s'attendre à une trame narrative linéaire, historique ou véridique. Thomas Jefferson dépêche l'Américain Jack Stiles (Bruce Campbell) sur l'île de Palau Palau afin qu'il protège les intérêts britanniques. Avec l'aide de la sulfureuse et pimpante Emilia Smythe Rothschild (Angela Marie Dotchin), il doit également tenir à l'écart l'armée française de plus en plus inquiétante de Napoléon. Le légendaire justicier Dragoon agit dans la région et cela pourrait être une bonne idée de le recruter afin d'éviter le pire...
Cette série diffusée à la télévision au début du 21e siècle mise sur l'action et le rire pour conquérir son public. Les épisodes durent seulement une vingtaine de minutes, mais le nombre d'explosions et de retournements de situations est effarant. Il y a des trahisons, des bombardements, des méchants arrivant soudainement et c'est au gentil héros et à sa douce d'enrayer la situation. Dans le rôle titre, Bruce Campbell nage dans la joie et la délectation. Il faut le voir orné de ses accoutrements ridicules déblatérer des niaiseries et des stupidités. Est-ce que cet acteur d'envergure a décroché la tête d'affiche parce que son bon ami Sam Raimi, père des Evil Dead, agit en tant que producteur exécutif? La psychologie des personnages est inexistante et c'est ce côté "chien fou éclaté" qui séduit.
L'humour est également une donnée non négligeable. Les jeux de mots sont nombreux, alors que les propos demeurent souvent ironiques et sarcastiques. L'émission est un énorme croisement entre un James Bond et un Zorro, tout en comportant des inventions à la Jules Vernes. La relation entre les deux interprètes principaux rappelle celle des Indiana Jones. Ce sont des disputes par-dessus des engueulades avant que le couple se tombe dans les bras à la toute fin! Il y a même des animaux qui parlent... Quant aux titres des épisodes, ils plagient des films célèbres du cinéma américain. Les voici:
La reconstitution de l'époque sent la carte postale cheap, ce qui donne au récit un aspect kitch assez tordant. Le contraste de l'image semble faire défaut dans le premier épisode, mais cela s'arrange rapidement. Le plein écran offre un très bon niveau de détails et il élimine presque complètement le grain. Les voix, convenables et tordantes, sont suffisamment calibrées pour triompher de ces effets sonores de sabres sortant des enceintes situées sur le côté. Quoique les sous-titres anglophones blancs sont tout à fait recommandables en cas de problèmes. La trame sonore, expressive et parfois suffocante, reste dans le conventionnel et le déjà entendu.
Pochette rigolote baignant dans le jaune aux comédiens désopilants, cette série annonce rapidement ses couleurs. Le menu principal du DVD reprend cette image statique pendant qu'une chanson simple se fait entendre. Un peu trop ordinaire pour des thématiques aussi éclatées. Les bonus, totalement absents, se limitent à quelques publicités apparaissant une fois l'insertion des disques. Mais où sont les commentaires disjonctés de Campbell?
Plus débile et divertissant que sérieux et profond, "Jack of All Trades" remplira les estomacs en mal d'action et de rires. Les gags ne volent pas très haut et les épisodes ont tendance à se ressembler, mais le jeu bouffon et irrésistible de Bruce Campbell satisfera les plus inconditionnels de ses fanatiques. Légers délires inoffensifs pour amateurs du genre.
| Film | 6 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |