Jamie Kennedy's Blowin' Up
Paramount Home Entertainment / MTV Home Entertainment

Créateur: Jamie Kennedy
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 144 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
19 novembre 2006

Jamie Kennedy est très certainement un des personnages les plus difficiles à discerner du monde hollywoodien. Officiellement acteur, ce "jeune" homme à l'allure adolescente, qui approche tranquillement de la quarantaine (il aura 37 ans en mai prochain), eh oui, s'est pas mal diversifié au fil des années. Celui qui a commencé sa carrière avec un rôle plutôt effacé dans Dead Poets Society (il n'apparaît même pas au générique), a vraiment eu son premier succès alors qu'il personnifie Randy Meeks dans les deux premiers volets de la trilogie Screams (dans le troisième aussi, mais pas seulement en souvenir). Son parcours est assez irrégulier et il apparaît, avec des rôles secondaires, dans une vingtaine de productions cinématographiques avant de devenir le producteur et le scénariste d'une émission à succès du réseau Warner et dont je vous ai déjà parlé ici, The Jamie Kennedy Experiment, qui a tout de même tenu l'antenne durant trois saisons, ce qui est déjà très bien. Durant cette période, Kennedy est aussi apparu dans de très nombreuses émissions et séries télévisées, avec un détail important : il jouait la plupart du temps son propre rôle. On a ainsi pu le voir dans plusieurs épisodes du Ellen DeGeneres Show, Arrested Development, sans compter les nombreuses apparitions aux émissions du soir de Jay Leno, David Letterman, Jimmy Kimmel et Conan O'Brien.

Il nous revient ici avec une série qui a pris l'antenne de MTV durant quelques semaines à l'été 2006. Reprenant un peu ses personnages de rappeur dans "JKX" et surtout Brad "B-Rad" Gluckman de "Malibu's Most Wanted", Jamie revient à sa passion pour la musique en voulant devenir chanteur de rap. Voilà en gros le sujet de cette série : un acteur blanc de cinéma qui veut devenir un rappeur reconnu par la communauté. Il y est épaulé par son ami Stu Stone (de son vrai nom Stuart Stone, un Canadien (né en Ontario) d'à peine 30 ans, qui a déjà un certain cursus derrière lui, principalement pour avoir prêté sa voix à plusieurs personnages de dessins animés, mais aussi d'avoir joué dans des films ou séries tels que Donnie Darko, Joy Ride, NCIS, Beverly Hills, 90210, The Pretender et Goosebumps, pour ne nommer que ceux-là). Au volant de leur Hummer 2 noir, Kennedy et Stone vont donc essayer de prouver à la communauté artistique de Los Angeles qu'ils en sont capables, malgré, pour commencer, la réaction négative des (vrais) parents de Jamie et d'une partie de son "entourage". Qu'à cela ne tienne, ils sont déterminés et vont rencontrer le plus de monde possible, des producteurs aux agents, des vedettes confirmées aux acteurs à mille lieues de ce monde (tel que Bob Saget, qui se prête toujours aux caprices de Kennedy). Une virée en sept épisodes de 30 minutes (durée de diffusion télé), diffusée entre mai et juillet 2006 en fin de soirée sur MTV. On ne sait pas, pour le moment, s'il s'agit d'une série complète ou seulement d'une première saison. Parmi les artistes de passage, dans leur propre rôle, citons par exemple Bob Saget, Mena Suvari, Jason Biggs, George Lucas, Jimmy Kimmel, Ed MacMahon, Tracy Morgan et Joe Simpson. Mais celui qui m'a le plus surpris, c'est Jonathan Lipnicky, cet enfant acteur découvert dans Jerry MacGuire et surtout Stuart Little, aujourd'hui âgé de 16 ans et apparemment définitivement séparé de son image d'enfant (épisode "The Break Up").

Pour cette édition, Paramount et MTV Home Video nous offrent une édition très complète composée de deux disques rangés chacun dans un boîtier mince avec une jaquette différente pour chaque, incluant le contenu détaillé imprimé à l'intérieur. Les deux boîtiers sont ensuite insérés dans un fourreau de carton illustré d'une image de Kennedy et Stone devant lesquels s'affiche le logo de l'émission reprenant le style d'une fresque murale peinte, du meilleur effet. L'image est au format plein écran avec une très bonne qualité, parfois diminuée en raison de la technique de prise de vue, "à l'épaule", qui crée des plans parfois trop brusques, entraînant des flous. La piste sonore anglaise Dolby stéréo est assez compréhensible, mais pour la même raison que les images, à savoir prise sur le vif, certains échanges sont parfois incompréhensibles. Il n'y a pas de sous-titres pour nous aider, seulement un affichage pour malentendants (ce qui peut revenir au même). On appréciera les pages de menus, toutes animées et sonorisées, avec des effets de transitions recherchés. On notera aussi que le générique de début n'est pas chapitré et il faut faire une avance rapide pour le passer.

Les suppléments sont très nombreux, puisqu'ils représentent près de trois fois la durée totale des épisodes. Ils sont répartis sur les deux disques. Ainsi, sur le premier disque, qui comporte la totalité de la série, nous avons tout d'abord une piste de commentaires pour chaque épisode de Jamie Kennedy, Stu Stone et du producteur exécutif George Vershoor. Autant le dire tout de suite, il y a peu de moments sans entendre l'un ou l'autre des participants, Jamie et Stu étant ceux que l'on entend le plus. Chacun y va de son propre commentaire sur les différentes scènes diffusées, permettant ainsi d'en étendre l'appréciation avec des points qui n'apparaissent pas à l'image. Dans les autres bonis de ce premier disque, nous avons l'émission pilote de la série, qui met en place en quelque sorte les personnages et qui se veut annonciatrice de ce qui se retrouvera dans le reste des épisodes. Et pour clore cette première partie de suppléments, le clip vidéo final de la chanson "Rollin' With Saget", amusant et divertissant, mais malheureusement présenté en format panoramique non anamorphique.

Les autres suppléments sont donc principalement réunis sur le deuxième disque, comprennent entre autres 28 scènes supprimées ou rallongées, qui représentent à elles seules plus de deux épisodes complets, puisque la durée totale approche les 60 minutes. Il y a un peu de tout, surtout des échanges entre les deux personnages principaux avec beaucoup de jurons (censurés), de situations "pas très correctes". Puis dans "Rappin' With Jamie and Stu" nous avons un montage de quatre séquences à saveur musicale (ou de scène) où les prestations musicales sont mises de l'avant. Là encore, les paroles "pas jolies" sont censurées. Nous poursuivons cette série de suppléments avec une partie réservée à "MTV Overdrive", à nouveau des scènes supprimées ou rallongées (au nombre de 17, pour une durée totale de près de 45 minutes), une série d'entretiens avec des célébrités (Bob Saget, Ice-T, Joe Simpson (le père et agent de Ashley et Jessica), George Lucas (Monsieur Star Wars), Ed MacMahon et E-40) ainsi qu'un montage de quatre extraits de l'émission réunis sous le titre "Rollin' With Jamie and Stu".

Toujours sur le second disque, nous avons une info pub intitulée "Blowin Up CD". Réalisée à la manière de toutes les infos pubs qu'on connaît, d'une durée similaire (environ 30 minutes), j'ai du mal à dire si elle a réellement été diffusée. En tout cas, hormis les parodies évidentes d'autres publicités du genre (témoignages de clients satisfaits inclus), le numéro de téléphone et autres coordonnées qui y sont mentionnés sont réelles. Si le cœur vous en dit. Et finalement, on termine cette longue liste avec quatre podcasts mettant en vedette principalement Jamie et Stu qui expliquent certaines séquences aperçues dans la série, pour une durée totale de près de 30 minutes, sans oublier des pubs pour télécharger des sonneries de téléphone portable.

Pour une des rares fois dans le monde des productions DVD, voici un cas difficile à cerner, un peu à l'image de son auteur. Nous avons donc un coffret qui renferme beaucoup plus de suppléments que la durée réelle de ses épisodes originaux (plus de sept heures de suppléments, commentaires inclus, contre "seulement" deux heures quarante pour les épisodes). Si lors d'une diffusion télévisée, la censure peut paraître normale, j'avoue que c'est un peu agaçant d'entendre des "bips" aussi souvent dans ces suppléments, surtout quand on connaît le langage des rappeurs. Cette censure est assez surprenante, puisque plusieurs séquences ne reflètent pas vraiment un exemple à suivre pour la jeunesse d'aujourd'hui, notamment la conduite de Jamie Kennedy à bord de son H2, qui ne porte que rarement (peut-être jamais) de ceinture de sécurité, qui discute beaucoup avec son passager dans une circulation urbaine assez dense, sans oublier ses nombreux appels téléphoniques et autres relations hautes en injures (censurées) avec les autres conducteurs. Une version non censurée aurait été peut-être plus appropriée, afin de ne pas comporter autant de parties supprimées.

À l'image donc du principal personnage, Jamie Kennedy, voici un nouvel exemple d'un produit difficile à cataloguer. Je me demande même si notre cher ami ne commence pas (en fait depuis quelques années) à développer un ego beaucoup plus gros qu'il n'est capable de maîtriser, en se donnant une visibilité qu'à lui-même et non à un personnage. Dans un sens, et même si c'est scénarisé, je me demande jusqu'où la séquence où ses agents et producteurs semblent le prendre pour un fou n'est pas trop loin de la réalité. Une autre excentricité de Kennedy qui nous fait quand même passer de bons moments, autant visuels que sonores, tant soit peu que la musique rap ne nous dérange pas trop. En fait, cela permet dans un sens de rallier ceux qui ont du mal avec les rappeurs purs et durs en découvrant une musique peut-être moins forte et plus édulcorée. Mais là, encore, il est difficile de plaire à tout le monde.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments9
Vidéo7
Audio7