King
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Abby Mann
Année: 1978
Classification: PG
Durée: 272 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 48
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
22 janvier 2005

Près de 100 ans après que la "Emancipation Proclamation" d'Abraham Lincoln mit fin à l'esclavage, les noirs américains luttaient toujours pour obtenir un minimum de droits en termes d'égalité. En particulier dans le sud des États-Unis où la population noire était réduite au rang de citoyens de seconde zone. Malgré un jugement de la cour suprême en 1954 qui rendait inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles et qui ouvrait la voie à la déségrégation à grande échelle, les noirs étaient toujours à la recherche d'un leader qui pourrait faire avancer leur cause. Ils le trouvèrent en Martin Luther King Jr. Réalisée pour la télé en 1978 par Abby Mann, cette minisérie en trois parties nous offre une fascinante biographie de cet homme admirable, apôtre de la non-violence, qui a lutté sans relâche contre l'injustice et la discrimination raciale.

Né en Géorgie en 1929 d'un père ministre du culte, et malgré un doctorat obtenu à l'Université de Boston en 1953, Martin Luther King Jr. n'a d'autre ambition que de suivre ses traces et d'aider les gens de sa communauté. En 1954, il devient donc pasteur d'une église baptiste à Montgomery en Alabama. Sa vie prend un tournant inattendu lorsqu'en 1955, une jeune femme noire du nom de Rosa Parks refuse de céder son siège à un blanc dans un autobus. King accepte alors de prendre la tête de la première grande manifestation pacifique d'une population noire aux États-Unis, le fameux "bus boycott" qui dure 382 jours et se termine lorsque la cour suprême déclare inconstitutionnelles les lois obligeant la ségrégation à bord des autobus. Durant le boycottage, King est arrêté et sa maison incendiée, mais il sort de cette expérience avec l'aura du grand leader noir qu'il deviendra par la suite. En 1957, il est nommé président du "Southern Christian Leadership Conference", un organisme basé sur les idéaux de non-violence de Gandhi, qui constituera le fer de lance du mouvement pour les droits civiques. Entre 1957 et 1968, il parcourt près de dix millions de kilomètres, livre plus de 2 500 discours, écrit cinq ouvrages et de nombreux articles de journaux, et apparaît partout où se trouve l'injustice. Il est à la tête de démonstrations massives à Birmingham en Alabama, la ville la plus industrialisée du sud, et réussit à y implanter la déségrégation. Il organise la marche sur Washington et prononce le discours le plus célèbre de l'histoire du pays, "I Have a Dream", devant plus de 250 000 personnes rassemblées au pied du Lincoln Memorial. Il s'entretient à plusieurs reprises avec les présidents Kennedy et Johnson, est arrêté une vingtaine de fois, agressé à plusieurs reprises, et devient à 35 ans, le plus jeune récipiendaire du prix Nobel de la paix. Il est assassiné en 1968 alors qu'il se tient sur le balcon de sa chambre de motel à Memphis au Tennessee, où devait se tenir le lendemain une marche de protestation en soutien à des travailleurs municipaux en grève. En Martin Luther King Jr. la communauté noire venait de perdre leur leader et le monde, un homme d'exception.

Scénariste chevronné (Judgement at Nuremberg), Abby Mann en était avec "King" à sa première réalisation. Il réussit non seulement à saisir avec justesse l'atmosphère chargée de haine et de tension d'une époque aux prises avec les problèmes raciaux et à nous faire vivre les grandes étapes de la lutte contre la ségrégation, mais aussi à saisir l'essence d'un homme au-delà des évidences qu'étaient son charisme et ses talents d'orateur. Et le crédit doit revenir en grande partie à Paul Winfield qui offre une prestation magistrale dans le rôle-titre. Il nous présente un Martin Luther King Jr. humain, qui rigole avec ses amis et joue avec ses enfants, mais qui a peur et qui pleure en privé alors qu'il est seul avec sa femme (excellente Cicely Tyson). Un homme déterminé et sans compromis, mais qui se sent souvent dépassé par les évènements, qui doute de ses capacités et qui se demande pourquoi les gens l'ont choisi comme leader du mouvement pour les droits civiques. Les nombreux personnages secondaires sont également interprétés avec brio, sauf peut-être dans le cas de Cliff De Young, qui donne à Robert Kennedy une allure d'ado colérique.

Pour une minisérie tournée il y a plus de 25 ans, le transfert vidéo est excellent. Exempte d'impuretés, même si parfois un brin granuleuse, l'image demeure toujours claire, les couleurs sont vibrantes et le contraste ainsi que le niveau des détails quasi sans reproches. Je n'ai noté aucun problème d'artefacts dus à la compression ni d'accentuation des contours. La piste audio manque cependant de dynamisme et l'activité est presque essentiellement concentrée dans les enceintes avant. Le son apparaît souvent assourdi et cette piste aurait bénéficié d'une meilleure séparation des canaux et d'effets ambiophoniques directionnels pour mieux supporter l'atmosphère tendue lors des nombreuses scènes de manifestations. Les dialogues par contre sont facilement audibles et sans distorsion. Les menus sont statiques et faciles à naviguer.

Quelques suppléments, plutôt décevants, sont également offerts. Dans "In Conversation with Tony Bennett and Abby Mann", le chanteur et le réalisateur discutent de leurs rencontres avec King et de la discrimination envers les minorités. Simpliste, moralisateur et inintéressant. Par la suite, on retrouve deux segments, "The Struggle" et "The Civil Rights Movement", dans lesquels l'acteur Ossie Davis (qui joue le père de King) et le révérend Kenneth C. Ulmer nous révèlent comment, encore enfants, ils furent confrontés au racisme et parlent de l'esclavage, de la ségrégation, et du mouvement pour les droits civiques. Les deux hommes connaissent leur sujet, mais ne font qu'effleurer certains aspects souvent déjà abordés dans le film. Pour terminer, "Re-creating History: The Making-of King" n'a de "making-of" que le nom. Pendant une quinzaine de minutes, le réalisateur se limite essentiellement à dire que King était un grand homme et que Paul Winfield était fantastique. Il doit exister des centaines de documents d'archives traitant de King, de l'esclavage, de la ségrégation raciale et du mouvement pour les droits civiques. En inclure quelques-uns ne devait pas être si difficile!


Cotes

Film8
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Vidéo5
Audio7