La concordance dans le temps (ou le "timing" si vous préférez) est un point très important pour faire des affaires de nos jours. Universal ne le sait que trop bien. Ou serait-ce plutôt le réseau américain USA Network? Quoi qu'il en soit, la première saison de la série "Kojak" sort en coffret DVD alors que la série télévisée fait peau neuve au petit écran avec une toute nouvelle production et un nouveau Theo Kojak, en la personne de Ving Rhames (pas de diffusion au Canada pour le moment). N'avons-nous pas là le parfait agencement de produits?
La série télévisée "Kojak" est apparue au petit écran en octobre 1973, plus précisément sur CBS, il y a donc plus de trente ans. Même si elle n'a duré que cinq saisons (118 épisodes), elle a marqué l'histoire de la télévision, principalement en raison de son interprète principal, Telly Savalas, fils d'immigrants grecs, et de son inséparable sucette ronde (pour remplacer l'habitude de fumer, habitude qu'il ne perdra seulement et partiellement qu'en cours de cette première saison. On peut le voir parfois avec de petits cigares). Doté d'un charisme à toute épreuve, le Lieutenant Theo Kojak, promène son crâne chauve et son attitude sûre de lui dans un New York où le crime ne doit pas payer. Avec des méthodes pas toujours très orthodoxes, des idées bien arrêtées même si elles ne conviennent pas à ses supérieurs, il arrive à faire régner l'ordre là où plusieurs y avaient renoncé. Si Columbo ne se sert pratiquement jamais de son arme, il n'en est pas de même pour Theo Kojak. Il ne se gêne pas pour participer aux attaques, prenant même parfois des risques plus ou moins réfléchis.
C'est en mars 1973 que le public découvre pour la première fois le personnage de Kojak dans un téléfilm intitulé "Kojak: The Marcus Nelson Murders". Six mois plus tard, la première saison est lancée. On regrette énormément qu'Universal n'ait pas jugé pertinent d'intégrer ce téléfilm dans le coffret de la première saison. Dès la première saison, artistes de renom ainsi que de grands réalisateurs, laissent leurs traces au fil des épisodes. Dans ce premier coffret, on peut voir ainsi défiler Harvey Keitel, Hector Elizondo, John Ritter, Paul Michael Glaser (Starsky), Dabney Coleman, John Hillerman (Higgins de Magnum P.I.) et parmi les réalisateurs Richard Donner (la série Lethal Weapon), Jeannot Swarc (Supergirl). À noter la présence du frère de Telly Savalas, George Savalas, dans le rôle du Détective Stavros. Il a été crédité au générique d'abord sous le nom de Demostenes, puis avec son vrai nom par la suite.
Le côté technique du coffret manque un peu de recherche, tout comme avec la deuxième saison de Columbo. Il en résulte un ensemble bien peu pratique. Les 22 épisodes, d'une durée de 50 minutes chacun (60 minutes lors des diffusions, avec la publicité) sont répartis sur six faces de disques, mais seulement avec trois disques. Il faut donc jongler avec ces faces en sachant qu'une seule possède des indications, sous la forme de deux petits cercles concentriques imprimés près du centre, l'un indiquant "Face A" et l'autre "Face B". Mais comme ils sont sur la même face, cherchez l'erreur! Bien entendu, on arrive à comprendre que la face B est la face non imprimée, mais avouons qu'il y a plus simple. Ensuite, les trois disques sont rangés dans trois boîtiers simples normaux (et non dans des boîtiers minces), le tout dans un fourreau de carton avec le titre "Kojak" légèrement en relief. Le résultat est donc un boîtier plus imposant que nécessaire dans cette configuration et surtout pas très pratique. Six disques dans trois boîtiers minces doubles auraient tenu moins de place.
Du point de vue visuel, la présentation de cette série est assez sobre. Chaque DVD donne accès à une page de menu fixe qui permet de choisir de voir tous les épisodes ou de voir la liste. Une fois dans la liste, chaque choix nous emmène sur une troisième page qui comporte un court résumé de l'épisode choisi et aussi un accès aux chapitres, au nombre de quatre (dont un, pratique, qui nous permet de passer le générique d'ouverture, identique à chaque fois). Il y a aussi une page avec la liste de tous les épisodes du coffret, disque par disque. Aucune page n'est sonorisée. Pour ce qui est de l'image, elle est bonne sans être superbe. Disons qu'elle pourrait être un peu mieux, même après plus de trente ans. Les plans de jour en plein soleil ou en studio bien éclairé sont précis, mais manquent un peu de saturation dans les couleurs. Les plans mal éclairés, à l'ombre ou de nuit sont quant à eux un peu trop sombres, justement. Parfois, on n'y voit pratiquement rien. Une seule bande sonore disponible, en anglais mono, parfaitement compréhensible la plupart du temps (sauf dans les scènes d'action où les sons se mélangent un peu). Pour ceux qui pourraient avoir un peu de mal à saisir toutes les nuances subtiles du langage du lieutenant (et de ses partenaires), des sous-titres sont aussi disponibles en anglais, français et espagnol. Il n'y a aucun supplément. Quelques bandes-annonces d'autres coffrets de séries TV d'Universal ainsi qu'un rapide coup d'œil sur la nouvelle série sont accessibles à l'insertion du disque 1, face A, mais peuvent être facilement passées.
Si, comme moi, vous n'aviez pas revu d'épisodes de "Kojak" depuis un certain temps, il faut se remettre le temps du visionnement dans l'esprit des années 70. C'est nécessaire pour ne pas sourire trop souvent de certaines méthodes employées, de certaines tenues vestimentaires, mais surtout de la façon dont les policiers mènent leurs enquêtes. On se demande souvent comment les preuves seront récoltées et présentées. Mais nous sommes dans un show télévisé et l'important, surtout à cette époque, c'était de divertir le téléspectateur. Et la série "Kojak" y parvient parfaitement. Un classique parmi les classiques du petit écran, qui a un peu vieilli, mais qui se laisse encore savourer.
| Film | 8 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |