Lance & Compte : La Revanche
Série Complète
Christal Films Distribution / Gaëa Films

Réalisateur: Jean-Claude Lord
Année: 2007
Classification: G (QC)
Durée: 460 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (2 DVD-9 + 1 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Amélie Gravel
25 mars 2007

C'est en 1986 que Lance et Compte a fait son apparition au petit écran, sur les ondes de Radio-Canada. On y voyait alors le jeune Pierre Lambert (Carl Marotte), joueur de hockey prometteur, faire ses premiers coups de patin dans la ligue nationale de hockey pour le National de Québec (fortement inspiré de l'équipe des défunts Nordiques). Cette émission est rapidement devenue l'une des plus populaires téléséries au Québec, non seulement auprès des amateurs de hockey, mais également auprès d'un public plus large qui suivait avec passion les histoires qui se tissaient entre les personnages, incarnés par des acteurs qui se sont rapidement fait aimer des téléspectateurs québécois, dont les plus populaires Marc Messier (Marc Gagnon), Marina Orsini (Suzie), Denis Bouchard (Lucien "Lulu" Boivin) et Robert Marien (Bob Martin). À cette époque, la télésérie, bébé de Réjean Tremblay, a joué à la télévision pendant trois saisons consécutives. Le total de treize Gémeaux reçus par la série pendant ces trois années sont de bons indices de l'amour du public pour cette émission.

Bien que la série fut retirée des ondes, les amateurs de Lance et Compte ont tout de même pu patienter, à l'aide de six téléfilms diffusés au début des années 90, en attendant le retour de leur série, qui n'est réapparue qu'en 2002, sur les ondes de TQS cette fois. La nouvelle génération nous ramenait nos personnages préférés quinze ans plus tard, alors qu'ils occupent différentes fonctions gravitant autour du National de Québec: Marc Gagnon est devenu entraîneur et a engagé Bob Martin comme assistant, Lulu est rédacteur en chef du journal et Pierre Lambert gère maintenant les carrières de certains nouveaux joueurs du National. C'est dans cette saison que nous voyons de nouveaux visages apparaître, tels que Francis Gagnon (Louis-Philippe Dandenault), le fils de Marc, qui joue maintenant pour le National, Danny Bouchard (Patrick Hivon), le nouveau héros de l'équipe, et Michelle Béliveau (Maxim Roy), l'assistante entraîneur du National. Après "La nouvelle génération", deux autres séries ont vu le jour, toujours scénarisées par le prolifique Réjean Tremblay, mais ayant été télédiffuées cette fois par le réseau TVA, soit La reconquête et "La revanche". C'est cette dernière qui fait l'objet de la présente critique.

Après avoir abordé différents thèmes au fil des ans, tels que le détournement de mineurs, les problèmes financiers du club, les joueurs soviétiques qui veulent passer à l'ouest ou encore les conflits syndicaux entre joueurs et dirigeants, c'est la violence au hockey qui est le thème principal de cette sixième série. Inspiré de façon évidente de l'incident du 8 mars 2004 opposant Todd Bertuzzi, alors joueur des Canucks de Vancouver, à Steve Moore de l'Avalanche du Colorado, nous y voyons Guy Lambert (Jason Roy-Léveillée), le fils de aîné de Pierre, frapper durement et causer la mort d'un joueur du Canadien de Montréal lors de son tout premier match pour le National de Québec. Présente dans l'assistance lors de ce match tragique, Chantal Fillion (Sophie Prégent), procureure de la Couronne, décide de porter l'affaire devant la cour de justice, ce qui met le National autant que Guy dans l'eau chaude. Parallèlement, nous voyons Annie Girard (Véronique Bannon), la veuve de Danny Bouchard, toujours à la recherche de la vérité sur la mort de son amoureux et en quête de revanche de Valérie Nantel (Julie DuPage), qui continue de faire des ravages, mais qui pourrait bien voir arriver la fin de son règne. Certains autres thèmes sont également présents au cours de cette saison, comme la violence conjugale ainsi que les problèmes de dopage de certains joueurs du National en plus du salissage des personnalités publiques par les animateurs de radio (on peut faire un lien également assez évident avec certains animateurs de Québec qui ont fait parler d'eux au cours des dernières années).

Il ne faut pas se leurrer, les saisons récentes ont perdu l'essence des premières trois saisons qui étaient tout simplement fascinantes, pour des raisons mystérieuses que je ne peux identifier. Je ne réussis pas à m'attacher autant aux nouveaux personnages qu'à ceux qui sont présents depuis le début, de même que je commence à trouver les intrigues tirées par les cheveux, même si elles ont toutes malgré tout un petit fond de vérité en quelque part. Je ne blâme pas du tout les nouveaux acteurs, comme Jason Roy-Léveillée ou Valérie Chevalier (Nadia Fillion, qui, petite anecdote, s'est fait coacher pour l'audition de ce rôle par Marie-Chantal Labelle, interprète de Ginette "Ginou", la première blonde de Pierre Lambert), qui effectuent un travail correct, surtout considérant qu'ils doivent faire leur place dans une série devenue pratiquement une série culte. Mais pour moi, cette nouvelle génération est tout simplement incomparable avec la génération originale. Malgré tout, la série occupe toujours une grande place chez nous, et il m'est tout simplement impossible de m'imaginer en manquer un seul épisode.

Le modèle du coffret s'est modernisé. Exit les boîtiers massifs contenant trois ou quatre pochettes de taille standard! Nous retrouvons maintenant un coffret aminci, qui contient trois pochettes également plus minces contenant chacune un disque. Sur le boîtier principal, nous ne trouvons que le logo du National, qui occupe quand même la presque totalité de la surface. Sur les pochettes individuelles, nous retrouvons également le logo de l'équipe de Marc Gagnon, mais avec en plus à l'endos le résumé des épisodes disponibles sur le disque. Quant aux menus sont dynamiques, avec le thème de la série et un montage de fenêtres présentant divers extraits de la série.

Le troisième disque contient, en plus des deux derniers épisodes de la saison, les suppléments. En premier lieu, "Les dessous d'une scène" nous montre le tournage de trois scènes: dans la salle de cour où se déroule la conclusion du procès contre Guy Lambert, une dispute entre Chantal Fillion et sa fille à leur résidence et le segment où l'animateur de radio insulte Suzie qui l'écoute dans sa voiture. Bien que ce concept soit intéressant, les images que nous nous montrons dans le cadre de cet extra ne nous en apprend pas beaucoup, et ce, pour une simple et bonne raison: nous n'entendons pratiquement rien de ce qui se donne comme directive. Il y a toujours quelque chose qui couvre les voix du réalisateur et des acteurs: si ce n'est pas le brouhaha qui règne sur le plateau entre les scènes, causé par le grand nombre de personnes présentes qui parlent entre eux, ce sont les bruits extérieurs que captent les micros et qui enterrent tout, ou bien seulement le son qui est assourdi. Tout est couvert, sauf peut-être la voix de Marina Orsini, qui porte assez loin, et celle de Guillaume Lemay-Thivierge qui exécute quelques steppettes devant la caméra. Deuxièmement, sept scènes supprimées nous permettent de voir l'ensemble des personnages dans des situations que nous n'avons pas vues à l'écran, mais qui n'apportent rien de nouveau à la série. On comprend facilement pourquoi elles ont été coupées au montage. Finalement, un montage de prises ratées d'une durée approximative de six minutes nous montre une bande de comédiens sympathiques et rigolos qui se trompent, comme tout le monde, pour le bon plaisir de téléspectateurs comme nous.

Les transferts sont bons. La série avait été présentée à la télévision en format panoramique, et c'est ce ratio que nous retrouvons ici. L'image est claire, sans poussière ni imperfection de grain. Les couleurs sont naturelles et la luminosité est bien adaptée selon les scènes. Du côté sonore, le mot-clé est l'équilibre. Il est fréquent que plusieurs bruits et dialogues se fassent entendre en même temps, particulièrement lors des parties de hockey, qui sont toutefois moins nombreuses que dans les saisons précédentes. On ne perd jamais le fil, chaque bruit ambiant est à sa place, chaque mot prononcé est audible. La musique de fond est un peu forte par moments, mais si elle devient à la longue agaçante, elle ne nous fait rien manquer.

Que ce soit pour compléter votre collection DVD de Lance et Compte ou bien pour voir la série que vous auriez manquée lors de sa télédiffusion, l'achat de ce coffret de "La Revanche" est suggéré. Bien qu'aucune date n'ait été officiellement annoncée, il semblerait qu'il y aura encore une suite à Lance et Compte, qui devrait avoir comme thème principal la rivalité Canadien-Nordique (qui deviendra pour les besoins de la cause la rivalité Canadien-National). C'est donc dire que nous n'avons pas fini d'entendre parler de Pierre Lambert et de sa bande!


Cotes

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Audio8