On ne pourra pas dire que les scénaristes et producteurs des grandes séries américaines n'ont pas trouvé le bon filon pour garder en haleine leurs téléspectateurs pendant quelques mois. Cette nouvelle tendance, qui n'existait pas vraiment dans les anciennes séries par exemple Charlies' Angels, Columbo, Magnum, est beaucoup plus dictée par la recherche absolue du rendement, on s'en doute. Depuis quelques années, donc, le dernier épisode d'une saison se termine la plupart du temps en plein milieu d'un événement important et primordial pour la suite... et qu'il faudra attendre plusieurs mois, soit lors du premier épisode de la saison suivante pour en connaître le dénouement (en espérant qu'entre-temps, cette dernière ne sera pas annulée). Vous aurez compris que la série "Las Vegas" n'échappe pas à cette nouvelle règle. À quelques semaines du début de la diffusion de la quatrième saison (fin octobre 2006), Universal nous propose donc de nous replonger dans l'univers de la ville du péché et de l'un de ses fameux hôtels-casino, le (faux) "Montecito", avec l'intégrale "Uncut and Uncensored" de Las Vegas. Les 23 épisodes présentés ont été diffusés sur le réseau américain NBC de septembre 2005 à mai 2006.
Le dernier épisode de la seconde saison, "Centennial", se devait de nous faire languir pour la suite. Et il faut bien avouer qu'il y était parvenu haut la main. Le "Montecito" a été racheté et son nouveau propriétaire, toujours inconnu, a des projets bien définis comme la destruction de l'actuel hôtel-casino. Alors que ce dernier épisode devrait être dans la réjouissance du 100e anniversaire de la ville de Las Vegas (le vrai), on assiste en quelques minutes à l'écroulement de plusieurs situations ainsi qu'à un nombre plutôt impressionnant de révélations. Tout d'abord, Nessa (Marsha Thomason), la fille adoptive de Ed Deline (James Caan) quitte Las Vegas pour Londres où elle va rejoindre ce qui lui reste de sa famille alors que ce peut être très dangereux pour sa vie. Elle est accompagnée par Delinda (Moly Sims), la fille de Ed, qui ne connaît pas encore toute l'histoire ni la gravité de la situation. Mary (Nikky Cox), quant à elle, a rencontré l'homme de sa vie et quitte aussi le Montecito pour vivre avec lui. Samantha (Vanessa Marcil) prend les devants et choisit de quitter aussi son travail ne voulant pas attendre de savoir ce qui va se passer avec son univers de travail, pensant que c'est son ex-mari, le riche Casey Manning (Dean Cain) qui a racheté les lieux. Elle ne peut et ne veut pas travailler pour lui. Danny McCoy (Josh Duhamel) en a beaucoup sur les bras en cette soirée de fête. Mais la réalité va le frapper en plein visage: son père, qu'il attendait aux festivités, ne viendra pas. Il s'est tué dans un accident de voiture. Et pour clore sur une note encore plus pessimiste, on assiste à la destruction physique de l'hôtel par implosion (à partir d'une excellente séquence où on passe de la salle principale remplie de convives avec un concert de Gladys Knight à un endroit vide et triste (par succession de plans du même endroit) que les explosions détruisent de l'intérieur, puis de l'extérieur).
Autant dire que le début de cette troisième saison était plutôt très attendu. Les premières images du premier épisode révèlent immédiatement un nouveau "Montecito" en lieu et place de l'ancien. On y fait aussi rapidement connaissance de Monica Mancuso (Lara Flyn Boyle), la nouvelle propriétaire qui cherche à reprendre les anciens employés. Elle déniche Danny sur un chantier de construction, ce dernier ayant repris l'entreprise de son père. Puis on fait le tour des autres employés, notamment Ed Deline qui vient faire un tour dans le nouveau bâtiment toujours en construction à l'intérieur, mais qui présente un extérieur superbe, avec une immense chute d'eau au centre de la façade, qui descend pratiquement du toit jusqu'au sol, surplombée par un écran vidéo de dimensions gigantesques (à se demander pourquoi un tel endroit n'existe pas réellement dans la ville qui ne dort jamais). Les premiers contacts entre Ed et Monica ne sont pas vraiment sur la même longueur d'onde (et ne le seront jamais). Quand lui voit la nécessité de parfaire aux installations et à la sécurité, elle voit uniquement les pertes financières dues à des retards dans les échéanciers. Où l'expression "avoir un porte-monnaie à la place du cœur" va prendre tout son sens. De son côté, Mary se retrouve exécutrice testamentaire avec Danny pour le père de ce dernier. Il importe de faire avancer ses dernières volontés, ce que Danny repousse toujours. On apprend aussi que Nessa ne reviendra pas, car elle est désormais dans un programme de protection de témoins avec changement d'identité. Personne, même pas Ed, ne sait où elle est.
Alors que pour la seconde saison le menu nous indiquait dans la page de résumé de chaque épisode si la version présentée était identique à celle diffusée ou s'il elle était "complète et non censurée", ce n'est pas le cas ici. Du coup, il est plutôt difficile de savoir ce qui est rajouté par rapport à la diffusion télévisée originale, puisque la mention "Uncut and Uncensored" est encore mentionnée sur le coffret. Ce qui est différent, c'est la partie sonore, plus précisément la chanson du générique de début. Si vous pensiez retrouver l'excellente "A Little Less Conversation" d'Elvis Presley, dommage pour vous. Il semble que les droits d'utilisation sont limités à la diffusion télévisée seulement puisque les épisodes de ce coffret, tout comme avec la précédente saison, reprennent la musique originale entendue lors de la première saison, bonne, certes, mais qui n'a pas la même portée que le succès de Presley, surtout dans la circonstance. Je ne peux confirmer d'autres substitutions pour l'ensemble de la saison, mais ce devrait être la seule. Il faut dire qu'il y a en général au moins une chanson originale par épisode, parfois interprétée directement par le ou les artistes réels, invités de l'hôtel. On entend même du Elvis dans le premier épisode intitulé "Viva Las Vegas". Je vous laisse deviner le titre de la chanson. Déjà mentionné dans la critique précédente, il y a encore pas mal d'erreurs dans les images. La plus flagrante est la position du nouveau Montecito virtuel (l'image rajoutée dans le décor réel): si on y regarde de plus près, l'hôtel n'a jamais la même orientation selon les plans, n'est pas toujours au même endroit dans les plans éloignés et il reflète des bâtiments qui sont bien trop loin pour être reflétés (comme la Tour Eiffel de l'hôtel Paris, que l'on voit parfois en reflet, qui est situé théoriquement à près de deux kilomètres de l'endroit où on a érigé l'image du Montecito, c'est en dire en face du Luxor). C'est certain que c'est plus photogénique!
Ce qui semble devenir une tendance depuis quelques mois se confirme encore une fois ici: les fameux disques doubles faces se font plus rares. Tant mieux. Universal nous offre donc un coffret de cinq disques simple face regroupant les 23 épisodes, à raison de quatre ou cinq par disque. Ces derniers sont rangés par deux dans deux boîtiers minces doubles, le cinquième dans un boîtier simple, le tout dans un fourreau de carton de couleur blanc et or métallique du plus bel effet, avec le titre en relief. L'image, au format panoramique, est superbe. Les nombreux plans extérieurs, autant diurnes que nocturnes, sont parfaitement rendus avec de magnifiques couleurs (les lieux se prêtent parfaitement à de telles exhibitions). La piste sonore anglaise 5.1 est aussi excellente, avec une ambiance de salles de casinos à s'y méprendre (attention au joueur qui sommeille en vous). La page de menu principale est précédée d'un court extrait de l'implosion de l'ancien Montecito puis nous montre les différents personnages qui alternent avec des images de la série, le tout sur un fond sonore de musique rock. Il n'y a plus les pages de résumé des épisodes.
Il y a bien quelques suppléments dans ce coffret, mais c'est plutôt pauvre. Ils sont réunis sur le cinquième disque. On y retrouve, tout comme dans le précédent coffret, un montage de scènes ratées, principalement des textes mal prononcés ou carrément des trous de mémoire. Ça fait sourire, mais on n'en apprend pas beaucoup plus sur la série, car les extraits sont assez courts et le tout n'est pas très long. Le second supplément pourrait avoir un autre intérêt s'il avait été inséré dans un documentaire plus explicatif. Il s'agit de l'élaboration du nouveau plateau de tournage principal, à savoir la salle de jeu du casino, à partir de plans filmés depuis le même endroit à des périodes différentes et montés à vitesse élevée. Avec quelques explications et plus de contenu, cela aurait fait un excellent documentaire de production. Dommage.
Les nombreux artistes invités de cette troisième saison ne sont pas tous devant la caméra. Plusieurs épisodes ont été réalisés par des acteurs devenus réalisateurs. On peut ainsi retrouver Tim Matheson (qui a entre autres réalisé des épisodes de Numbers, Cold Case et Without A Trace) et Paul Michael Glaser (le célèbre Starsky). Pour les acteurs devant la caméra, on retrouve (souvent dans leur propre rôle) Dennis Rodman, Paul Anka, Jerry O'Connell et Jill Hennessy (dans leurs personnages de Crossing Jordan, série qui se croise avec Las Vegas depuis la seconde saison), Rachael Leigh Cook, The Pussycats Dolls, Chubby Checker (et son célèbre "Twist"), Criss Angel, Lance Burton, Robert Goulet, Ron Jeremy, Wolfgang Puck (le vrai "Chef" cuisinier), Howie Mandel, Wayne Newton, Ed. Begley Jr., Jaime Pressly, Robert Wagner, Sugarland et quelques autres que je dois oublier.
Une autre excellente saison de "Las Vegas" qui était très attendue par les amateurs. De nombreuses histoires assez diversifiées, sans oublier l'arrivée et le départ (apprécié pour la plupart, personnages et téléspectateurs, en raison de l'attitude du personnage) de la nouvelle propriétaire du Montecito, Monica Mancuso (sans vous en dire trop, je vous conseillerais, Mesdames, d'éviter les courants d'air si vous portez une robe ample), ce qui donne presque l'impression de vivre deux saisons en une seule. On ne manquera pas l'épisode "Everything Old is You Again" où dans une splendide reconstitution, on plonge dans le Las Vegas du début des années 60 pour vivre une histoire haute en couleur. Bien entendu, nous avons droit à une finale "canon" (désolé pour ce jeu de mots facile) dans un épisode certes beaucoup moins à rebondissements que le dernier de la précédente saison, mais ô combien plus important pour un des personnages principaux, Ed Deline. Ceux qui me connaissent au travers de mes critiques savent combien j'apprécie la ville de Las Vegas. Avec cette série, on a le meilleur des deux mondes: la réalité avec les nombreuses et splendides vues de la ville et la fiction avec une série d'histoires aux rebondissements souvent inattendus. De toute façon, je pense qu'il est difficile de ne pas aimer, ne serait-ce qu'un petit peu. Et de terminer avec une réplique habituelle ici: vivement la prochaine saison!
| Film | 9 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |