Lost
The Complete First Season
Buena Vista Home Entertainment

Créateurs: Jeffrey Lieber, J.J. Abrams, Damon Lindelof
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 1068 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 240
Nombre de disques: 7 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
14 septembre 2005

Les amateurs de cinéma-maison sont gâtés. Qu'ils choisissent de piger dans leur propre collection ou préfèrent passer par le club vidéo du coin, ils peuvent visionner ce qu'ils veulent quand bon leur semble. C'est un peu pour cette raison que je regarde peu la télé. Les pauses publicitaires me tombent sur les nerfs et je n'aime pas me sentir prisonnier d'un horaire qui, par exemple, m'oblige à être assis devant mon téléviseur tous les jeudis à 20:00 pour pouvoir suivre mon émission préférée. Je ne dois pas être le seul puisque les séries télévisées en DVD atterrissent en magasin à une vitesse folle et connaissent un succès considérable. J'avais donc entendu parler de "Lost" comme étant l'une des séries de l'heure, mais je ne l'avais jamais écoutée. À partir d'un vague concept mettant en scène les survivants d'un accident d'avion isolés sur une île déserte, "Lost" fut développée par le scénariste/réalisateur J.J. Abrams (Alias) et par Damon Lindelof (Crossing Jordan). Onze semaines plus tard, ils accouchèrent de l'émission pilote de deux heures la plus dispendieuse jamais réalisée pour la télé. Le succès fut immédiat et le réseau ABC, qui en avait bien besoin, tenait en main l'une des séries les plus populaires de la saison 2004-2005.

Après une ouverture à la "Twilight Zone", premier indice quant à l'étrangeté des lieux, on aperçoit Jack Shephard (Matthew Fox) étendu sur le dos dans la jungle, seul, blessé et complètement désorienté. Il parvient à se relever et se dirige tant bien que mal vers la plage où il est accueilli par une scène cauchemardesque: les restes éparpillés de l'avion de ligne sur lequel il prenait place se mêlent aux survivants paniqués qui crient à l'aide ou errent sans but, en état de choc. Jack est médecin et, retrouvant ses esprits, il tentera de secourir le plus de gens possible avec l'aide de quelques autres rescapés. On sent tout de suite qu'il deviendra le leader du groupe. Jack n'est qu'un des 14 principaux personnages de "Lost", qui avaient chacun leurs raisons d'être à bord du vol 815 d'Oceanic en partance de Sydney pour Los Angeles, et qui devront apprendre à coopérer pour survivre dans cet environnement singulier. Singulier, parce qu'on se rend compte rapidement qu'il se passe des choses carrément bizarres sur cette île qui deviendra un personnage aussi important que nos survivants. Au fil des épisodes, "Lost" explore la dynamique d'un groupe où s'opposent entraide et conflits, le mystère entourant l'île, ainsi que le passé des principaux protagonistes.

Pour ceux qui ne connaissent pas "Lost" et qui ont des doutes, je vous le garantis, ça n'a heureusement rien à voir avec Survivor. "Lost" est fascinant à tous les niveaux: l'intrigue, les personnages, les thèmes et l'environnement. L'intrigue est à la fois riche et intelligente, et révèle plusieurs niveaux d'écriture et d'interprétation. Les énigmes sont nombreuses et chaque réponse soulève de nombreuses autres questions. La série est structurée de façon à nous faire découvrir des bribes du passé d'un des personnages à chacun des épisodes et le "qui sont-ils?" prend autant d'importance que le "où sont-ils?". Le dosage n'est pas toujours parfait, certains personnages étant plus intéressants que d'autres ce qui fait que l'on a parfois hâte que ces retours en arrière se terminent pour pouvoir retourner sur l'île, mais en général, ces deux facettes s'intègrent avec cohérence pour offrir un thème différent à chaque épisode.

Les personnages, d'origines diverses, sont complexes et leurs relations le sont tout autant. On prend plaisir à les voir évoluer et à découvrir qu'ils ne sont souvent pas ce qu'ils semblent être au premier abord. De plus, la qualité de l'interprétation d'ensemble est excellente. Matthew Fox (Jack), Evangeline Lilly (la sexy et ténébreuse Kate), Jorge Garcia (l'hilarant "Hurley"), Josh Holloway (l'égocentrique Sawyer), Naveen Andrews (le débrouillard Sayid), Dominic Monaghan (l'ex rockeur junkie), Daniel Day Kim (Jin Kwon) et Yunkin Kim (Sun) en couple coréen qui ne parlent pas un mot d'anglais, Michael (Harold Perrineau) et son fils Walt (Malcolm David Kelly), etc., rendent tous avec justesse des personnages qui dépassent largement les stéréotypes télévisuels habituels. La palme va cependant à Terry O'Quinn (John Locke), qui campe un mélange de chasseur zen et de guide spirituel qui fait contraste avec le personnage de Jack, rationnel et cartésien. Son personnage est de loin le plus obscur et intriguant du lot avec l'île elle-même, à la fois belle, dangereuse et mystérieuse.

La complexité de "Lost" se retrouve aussi dans les thèmes exploités: la dynamique de la vie en communauté, la relation de l'homme avec la nature, la relation père-fils et celle du couple, le conflit entre la science et la foi, les erreurs du passé et la quête de la rédemption. Les créateurs ont savamment intégré tout cela dans un monde à mi-chemin entre la réalité et la fantaisie qui aurait facilement pu déraper dans l'absurde ou le ridicule. Mais l'équilibre est presque parfait et la patience du spectateur se trouve presque toujours récompensée. Je dis presque parce que la sauce est un peu étirée. Le spectateur est prêt à accepter le mystère et les énigmes, pourvu que sa patience soit éventuellement récompensée par des réponses. Et les réponses ne viennent pas vite... Même l'épisode final, pourtant excellent, nous laisse sur notre appétit et quelque peu frustré. Il faut espérer que le début de la seconde saison puisse nous offrir certains de ces éléments de réponse parce que le spectateur risque de décrocher. Le truc de la carotte au bout du bâton ne fonctionnera pas éternellement s'il n'y a pas de récompense!

Les 24 épisodes de la première saison de "Lost" sont répartis sur six disques de la façon suivante:

"Lost" est présenté en format panoramique anamorphique et la qualité vidéo est excellente. L'image est claire et propre, les couleurs sont vives et naturelles, et le niveau des contrastes laisse apparaître le moindre détail, même lors des scènes les plus sombres. Certaines scènes extérieures offrent une image un peu granuleuse, mais je n'ai noté aucun problème de compression ni d'accentuation des contours. La piste audio est dynamique et de nombreux effets ambiophoniques viennent supporter l'atmosphère et les scènes d'action. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. Du bon travail.

La présentation est très belle. Le boîtier cartonné, quand on le sort de sa jolie jaquette plastifiée semi-transparente, se déplie complètement en cinq sections. Celle à l'extrême gauche, en forme de pochette, contient un guide de huit pages qui propose le synopsis de chaque épisode, ainsi que quelques encarts publicitaires. Les trois suivantes retiennent chacune deux disques se chevauchant partiellement pour sauver de l'espace et la dernière est destinée au disque contenant les suppléments. Puisque les six disques consacrés aux épisodes sont ornés d'une photo d'un personnage différent, j'imagine que les autres principaux protagonistes auront droit au même honneur lors des saisons à venir. Les menus, simples et partiellement animés, reproduisent à la perfection l'atmosphère mystérieuse de la série.

Les suppléments sont nombreux et de qualité. Tout d'abord, cinq épisodes bénéficient d'une piste audio de commentaires. Les producteurs exécutifs J.J. Abrams, Damon Lindelof et Bryan Burk sévissent sur les deux parties de l'émission pilote. Ils abordent en détail tous les aspects de la production et, merveilleuse idée, utilisent des branchements qui nous amènent sur le plateau de tournage lorsque des explications supplémentaires sont requises pour certaines scènes. Les autres pistes audio commentaire se retrouvent sur "Walkabout" (David Fury, Jack Bender, Terry O'Quinn), "The Moth" (Dominic Monaghan, Damon Lindelof, Bruan Burk) et "Hearts and Minds" (Carlton Cuse, Javier Grillo-Marxuach, Maggie Grace, Ian Sommerhalder). La première est la plus intéressante, la seconde n'est pas très informative, mais remplie de blagues et d'anecdotes, et la dernière est d'un intérêt limité. Le premier disque comporte également quelques bandes-annonces, dont celle de la seconde saison de "Lost", ainsi qu'une publicité pour la sortie prochaine de la quatrième saison de Alias en DVD.

Le septième disque est entièrement consacré aux suppléments. Par l'entremise de plusieurs intervenants, dont J.J. Abrams, "The Genesis of Lost" explore le développement du projet à partir de l'idée originale. "Designing a Disaster" nous montre comment l'impressionnant décor de l'écrasement de l'avion a été créé sur une plage d'Oahu. On a même dû acheter un avion de ligne, le couper en petits morceaux et l'envoyer par bateau sur le site du tournage. "Before They Were Lost" s'attarde au processus du casting qui a permis aux créateurs d'assembler cette belle brochette d'acteurs. On apprend par exemple qu'Evangeline Lilly est Canadienne et que les producteurs ont eu toutes les difficultés du monde à lui obtenir un visa de travail. Cette revuette est suivie de plusieurs segments tournés lors des auditions qui nous permettent de voir les acteurs à l'oeuvre, mais pas nécessairement dans la peau du personnage qu'ils campent dans la série! "Welcome to Oahu: The Making of a Pilot" comme son nom l'indique, aborde en détail le tournage de l'émission pilote alors que dans "The Art of Matthew Fox", l'acteur commente une série de très belles photos en noir et blanc qu'il a prises lui-même et qu'il a par la suite assemblées dans un album et remis à chacun des acteurs et artisans du film à la fin du tournage. Ensuite, la courte revuette "Lost at ComicCon" nous montre les principaux protagonistes de "Lost" alors qu'ils s'adressent au public du "ComicCon" avant la première présentation de l'émission pilote. Le segment "Lost on Location" nous propose une série de revuettes (huit au total) qui s'attardent à certains épisodes de la série, ainsi qu'au tournage de certaines scènes spécifiques. L'option "PLAY ALL" est disponible pour ce segment particulièrement intéressant. Par la suite, "Lost Flashbacks" nous offre quelques scènes coupées au montage, "Bloopers From the Set" nous propose les inévitables "bloopers", "On Set with Jimmy Kimmel" nous fait suivre les facéties du comique sur les lieux du tournage, "Backstage with Driveshaft" nous montre Charlie (Dominic Monaghan) et son groupe pop-rock sur scène et "Live From the Museum of Television and Radio" nous fait vivre la visite des membres de la distribution au musée de la radio et de la télévision. Pour terminer, un accès DVD-ROM nous permet de visionner l'émission pilote avec le scénario et, pour les curieux, trois oeufs de pâque ne demandent qu'à être retrouvés!

Malgré deux ou trois personnages moins intéressants, quelques retours en arrière de trop et plus de questions que de réponses dans cette première saison, "Lost" est une sacrée bonne série télé. Les créateurs ont réussi a créer une mythologie fascinante autour d'un environnement enchanteur et mystérieux où viennent se greffer des personnages complexes et des thèmes universels qui résonnent autant chez les amateurs de télé dite populaire que chez les fans d'émissions cultes moins accessibles. Si on rajoute la qualité quasi impeccable de la présentation, des aspects techniques et des suppléments, "Lost" devient un incontournable.


Cotes

Film9
Présentation8
Suppléments9
Vidéo9
Audio8