Si je vous parle de la famille modèle, de ses valeurs morales ancestrales, de l'entraide entre les membres soudés, de l'amour filial et parental, alors cela voudra dire que je me trompe complètement de sujet. Car s'il est bien question d'une famille, elle est loin de respecter les critères énumérés plus haut. Prenez plutôt tous les contraires et vous aurez la définition de la famille Bundy, de la non moins célèbre série "Married With Children" dont nous allons voir aujourd'hui la sixième saison éditée par Sony. Les 26 épisodes de cette sixième saison (sur un total de onze) ont été diffusés sur le réseau américain FOX entre septembre 1991 et mai 1992. Tout comme lors des précédentes saisons, la chanson thème, "Love and Marriage", chantée par Frank Sinatra, ne fait pas partie de ce coffret et a été remplacée par un morceau instrumental qui s'en rapproche.
Nous voilà donc embarqués pour de nouvelles aventures de la famille la plus dysfonctionnelle... de Chicago (car elle n'est pas si unique que ça, j'en suis sûr)!. Al Bundy (Ed O'Neill) est toujours paresseux, avare et égocentrique, et parfois aussi vendeur de chaussures. Sa femme, Peg (Katey Sagal), quant à elle poursuit une formidable vocation de femme au foyer, ayant semble-t-il oublié au passage en quoi cela consiste. Et n'oublions pas les chers enfants en commençant par la plus grande, Kelly (Christina Applegate), qui a dû arriver en retard le jour où on distribuait les cerveaux et son jeune frère Bud (David Faustino), qui doit se demander chaque jour s'il n'a pas été inversé à la naissance, son intellect étant beaucoup plus dans la moyenne, même pour un ado. Encore pour cette saison, la recherche du moindre dollar est de mise, même s'il faut vendre un membre de la famille, l'humilier devant public ou lui demander de regarder ailleurs pendant qu'on lui pique sa part du seul repas de la journée. Outre la "période" de grossesse, que je dois vous expliquer plus loin, Kelly aura son "15 minutes" de gloire alors qu'elle doit faire son émission de télé communautaire sur un plus grand réseau basé à Hollywood (lors de l'épisode double "Kelly Does Hollywood", avec un titre basé sur un pseudo chef-d'œuvre du cinéma sous la ceinture).
Mais, occupant quand même pas moins de trois épisodes consécutifs, "England Show" nous apprendra tout d'abord l'origine de la famille Bundy, mais surtout le (mauvais) sort qui est lié avec. En effet, il y a plus de 400 ans, dans le village de Lower Uncton, en Angleterre, une sorcière a décidé que la noirceur envahirait le village habité par les Bundy jusqu'à ce qu'il ne reste plus un seul membre mâle de cette famille sur Terre (et aussi qu'ils auraient toujours les pieds moites et puants, mais ça, on le savait déjà). Vous avez compris qui sont les derniers mâles Bundy vivants : Al et Bud. Les habitants du village anglais font alors croire à notre pauvre famille qu'ils ont gagné un voyage en Angleterre, car il faut que le dernier mâle soit tué dans les limites du village. Mais si la prophétie est stoppée, le village voisin, Upper Uncton, perdra alors son statut de tourisme par rapport à son voisin qui ne sera plus plongé dans l'ombre. La chasse aux Bundy sera alors doublée. Mais d'un autre côté, est-ce bien raisonnable de laisser une telle famille seule à Londres "toutes dépenses payées"? Des épisodes qui changent de l'habituel salon, même si les D'Arcy font aussi partie du voyage.
Attention : dans ce qui suit, je dois révéler certains points de l'histoire, alors si vous ne voulez pas trop en savoir avant de voir les épisodes, revenez lire ce paragraphe plus tard! L'humour cache parfois une réalité moins drôle. Cette sixième saison débute sur les chapeaux de roues avec un scénario inespéré : Peg est enceinte. Notre pauvre famille Bundy n'avait pas assez d'essayer de survivre qu'il fallait y ajouter un élément, certes réjouissant, mais qui dans le moment, n'était peut-être pas le meilleur. Ainsi, durant les dix premiers épisodes de cette sixième saison, Peg est enceinte, de même que la voisine, Marcy. Puis, ces grossesses disparaissent pour le reste de la saison. En fait, l'actrice Katey Sagal était bien enceinte au début du tournage de cette saison et les scénaristes ont incorporé la situation à l'histoire. Malheureusement, au bout de quelques semaines, Katey a perdu son bébé. On remarquera qu'elle n'a pas été souvent présente dans ces premiers épisodes. Dans le onzième épisode, Al fait un rêve qu'il est détective privé. Mais à son réveil, il se rend compte que ce n'est pas seulement cela qu'il a rêvé, mais toutes les histoires qui sont survenues depuis le début de la saison. On peut trouver la façon de faire un peu légère, mais il faut savoir que Katey avait demandé de poursuivre l'histoire de sa grossesse dans la série, mais pour son bien, les producteurs ont préféré trouver une façon de ne plus en parler. C'est certainement mieux ainsi. La grossesse de Marcie était complètement fausse, juste pour suivre le scénario.
Sony poursuit avec ce coffret une collection assez uniforme avec des coffrets de même style, mais illustrés différemment. Les trois disques regroupant les 26 épisodes de cette sixième saison se retrouvent dans trois supports de plexiglas collés sur des pages de carton dépliantes avec des images issues de cette saison au verso. Un petit livret de quatre pages, contenant le détail des disques, est aussi inclus. Le tout est rangé dans un fourreau de carton. La qualité des images, au format plein écran, est celle d'une bonne diffusion télévisée. Les couleurs manquent par contre de saturation. La piste sonore anglaise est aussi de bonne qualité et très compréhensible. Il n'y a pas de sous-titres, seulement un codage pour malentendants. Les pages de menus sont statiques et muettes. Quant aux suppléments, ils ont disparus depuis la quatrième saison. C'est dommage et il faut espérer que Sony nous permettra d'en avoir à nouveau avant la fin de la collection.
Quelques acteurs invités font leur apparition au cours de cette saison. Parmi eux, notons la présence de Jon Lovitz, Matt leBlanc, Edd Byrnes, le groupe Anthrax, Sugar Ray Leonard, Traci Lords, Denise (Lee) Richards et Fred Willard. Il y a bien un autre artiste invité lors de cette saison, mais qui n'est pas vraiment un inconnu de la série : Steve Rhoades (David Garrison), le premier mari de Marcie, qui avait quitté sa femme au courant de la quatrième saison. Il fait une apparition remarquée dans l'épisode "The Edd And I". Dans le même épisode, un événement improbable arrive : Peg et Al se donnent un baiser. Certes, c'est pour se féliciter d'avoir mis le bazar chez les D'Arcy, mais c'est tellement rare qu'il fallait le signaler (déjà qu'ils se sont enlacés dans un épisode précédent "Al Bundy, Shoe Dick").
Une série que l'on aime ou que l'on haït rapidement. Les valeurs morales ne font pas partie de l'ensemble et il faut bien avouer que les deux acteurs principaux, Ed O'Neill et Katey Sagall, sont quand même très à l'aise avec ça. La seule question que l'on pourrait bien se poser de nos jours : Est-ce vraiment une caricature? Et pour terminer, une petite phrase prise au hasard des dialogues. Alors que les habitants de Lower Uncton se plaignent de leur mauvais sort de vivre dans le noir, Al, en regardant Peg se plaindre pour un rien, leur réplique : "Et vous pensiez que c'était vous qui aviez une malédiction?".
| Film | 7 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |