Quand nous avons reçu, il y a quelques semaines, les listes des coffrets de séries TV à venir, le titre de McCloud a aussitôt fait surgir de ma mémoire l'image d'un shérif à cheval galopant dans les rues encombrées de New York. Pourquoi ce souvenir précisément, je n'en sais trop rien aujourd'hui, cela remonte déjà à près de 35 ans. Quoi qu'il en soit, cette image est bien présente et pouvoir revoir cette série, après tant d'années, ne pourra qu'agrandir la vision qu'il m'en reste.
Universal nous propose donc de retrouver avec ce coffret la première et deuxième saison de la série "McCloud", avec le Marshal Sam McCloud (Dennis Weaver). Les onze épisodes (quatre pour la première saison et sept pour la seconde) d'une durée moyenne de 90 minutes (ou de deux heures en diffusion télévisée, avec les publicités), sont regroupés sur trois DVD doubles faces. L'épisode pilote a d'abord été diffusé en février 1970 sur la chaîne NBC, puis les suivants en septembre et octobre de la même année. La seconde saison, quant à elle, à pris l'antenne de septembre 1971 à février 1972, dans le cadre de la soirée "The NBC Mystery Movie", alors en alternance avec Columbo et McMillan & Wife.
La série raconte les aventures du Marshall Sam McCloud, normalement policier dans la ville de Taos, au Nouveau-Mexique, qui se retrouve en détachement temporaire auprès de la police de New York, sous les ordres du chef Peter B. Clifford (J.D. Cannon) et étant souvent associé au sergent Joe Broadhurst (Terry Carter) lors d'interventions sur le terrain. Bien entendu, un policier habillé avec un veston western, des bottes de cow-boy et un chapeau Stetson, ce n'est pas courant dans la Grande Pomme. Pas plus que les manières de ce brave policier du Sud. Ce sera donc la manière forte, employée par les policiers de la ville devant la plupart des situations, contre la manière plus calme, posée et réfléchie du sympathique policier cow-boy. La population apprendra à connaître le personnage, à le reconnaître dans la rue et même à le demander en particulier pour régler des affaires, au grand désarroi du chef Clifford qui ne manquera pas de remettre son "collègue" à sa place à plus d'une fois. Mais les méthodes de McCloud plaisent et surtout elles sont moins violentes, ce qui rassure plus la population.
On ne manquera pas d'apprécier les nombreuses vues aériennes de Manhattan, à une époque où les tours jumelles ne faisaient pas encore partie du décor. Par contre, les immenses avenues étaient déjà jaunes avec les nombreux taxis qui ont fait une certaine réputation à la grosse pomme. Certains plans, qui remontent donc à plus de 35 ans, montre une ville toujours aussi trépidante et surtout grandement peuplée.
Parmi les artistes invités, notons la présence de Richard Dawson (Hogan's Heroes), dans l'épisode "Manhattan Manhunt". J'ai déjà été plutôt dur envers cet acteur pour juger son jeu dans la série citée plus haut, mais je m'aperçois qu'il joue toujours aussi mal quelques années plus tard. En fait, comme c'est surtout au niveau de ses yeux (il semble ne jamais savoir quoi regarder pendant qu'il parle), j'en arrive à me demander si finalement c'est un problème de jeu ou un réel problème physique. Mais comme je n'ai rien trouvé en ce sens, j'en reste donc à critiquer son jeu d'acteur. Autres comédiens connus de passage: une jeune Stefanie Powers en modèle des bas-fonds (elle n'avait pas encore rencontré son Jonathan Hart, justicier milliardaire), Milton Berle, Vic Morrow (qui mourut tragiquement lors du tournage du film The Twilight Zone en 1982), Gary Collins, Vincent Gardenia et une apparition furtive de Pat Morita.
Universal nous propose avec ce coffret une bonne série policière de la grande époque, si je peux dire. La qualité de l'image, au format plein écran, n'est pas toujours à la hauteur pour les prises de vues extérieures (fourmillements et poussières sont nombreux) alors que les scènes en studio sont relativement belles, claires et précises. Après 35 ans, ce n'est pas si pire pour un produit destiné au petit écran. La piste sonore anglaise est agréable, mais on a droit parfois à des niveaux sonores différents selon les séquences. On appréciera éventuellement les sous-titres anglais pour ne rien manquer des dialogues du personnage de McCloud, riches en accent du Sud. Les pages de menus sont statiques et dans le même style que les autres éditions Universal de ce type de série: choix de voir tous les épisodes ou de les choisir séparément avec un résumé à l'écran.
Ce qui semble devenir une habitude maintenant chez Universal ne manque pas de se retrouver avec ce coffret: la présence d'un épisode d'une série proche, en l'occurrence ici celle d'un autre "Mac", mais "Millan" celui-ci. "Murder by The Barrel" est le titre de l'épisode, tiré de la première saison de McMillan & Wife (titre de la série avant qu'elle ne s'appelle "McMillan" pour la dernière saison). D'une durée de 75 minutes, cet épisode remplit bien l'espace vide de la face B du troisième disque. Quant à la pertinence de sa présence ici...
Finalement, en revoyant de façon plus complète cette série avec la première et deuxième saison, je me rends compte que mon souvenir d'un cheval galopant dans les rues de New York n'est en fait pratiquement que le générique de fin et quelques moments bien furtifs dans la série. Mais cela n'enlève rien au produit. McCloud est une bonne série policière, peut-être en dessous d'autres titres qui lui sont contemporains, tels que Columbo. Mais elle possède un style tout à fait différent qui rend à l'histoire et surtout à son héros, le marshall Sam McCloud, une autre sorte de crédibilité dans ce monde déjà grouillant qu'est la ville de New York. Mais le côté "le monde est bon et gentil" que veut faire ressurgir le personnage aurait beaucoup plus de mal à être accepté aujourd'hui. Reste que tout le monde ne peut pas être méchant, quand même. Restera à voir l'évolution de la série dans les saisons futures.
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