Si une série a redéfini le mot "Cool", tout le monde s'entend à nommer "Miami Vice". Souvent citée pour ses costumes, sa musique, son architecture, ses voitures et ses bateaux, il reste qu'à la base c'est une intéressante série policière avec des enquêtes captivantes dans le monde de la corruption floridienne de la drogue, de la prostitution et du jeu. Avec toutes les séries sérieuses, plus techniques, plus noires, plus sanglantes, que nous retrouvons aujourd'hui à la télévision, il est plaisant de revoir une série qui ne se prenait pas si au sérieux (les détectives sont loin d'être des Columbo), mais étant tout de même capable de nous en mettre sérieusement plein les yeux et les oreilles, en plus d'offrir des invités de marque tels que Bruce Willis, Ving Rhames, Jimmy Smits, Ed O'Neill, John Turturro, Pam Grier, Dennis Farina et le chanteur Glenn Frey d'un épisode à l'autre. Il n'est pas difficile à croire que chaque épisode coûtait en moyenne 1,2 million de dollars (US de 1984) à produire.
Dans cette première saison de la série, nous rencontrons tout d'abord Ricardo Tubbs (Philip Michael Thomas), un "détective" de New York qui se trouve à être qu'un simple policier de rue qui veut attraper les trafiquants qui ont tué son frère (pour satisfaire son désir de vengeance). Pour se faire, il s'associe sous un faux nom (celui de son frère) au détective James 'Sonny' Crockett (Don Johnson), un policier de dix ans d'expérience habitant sous couverture dans le port de Miami dans un bateau protégé par son crocodile (nommé Elvis). Sonny n'est pas dupe par son nouveau partenaire et découvre rapidement la vérité. Cependant, il n'est pas con et a vu le potentiel de faire équipe avec cet homme. Dès lors, leurs aventures à combattre le crime n'arrêteront pas avant cinq saisons. Il seront aidés dans leur travail par Stan Switek (Stan Switek), Larry Zito (John Diehl), Trudy Joplin (Olivia Brown) et Gina Calbrese (Saundra Santiago), pas nécessairement de leur propre gré. Le patron de tout ce beau monde est le lieutenant Martin Castillo (Edward James Olmos), un homme qui a confiance à son équipe, malgré les moyens peu orthodoxes qu'ils utilisent pour y arriver.
Dès sa première saison, "Miami Vice" utilisait des situations de la vraie vie à travers des enquêtes mises au point à l'aide de conseillers techniques qui s'assuraient que tout soit en accord avec ce qui se passerait dans le vrai département Miami Vice. Même que les acteurs devaient suivre des cours avec le département de police avant de tenir des armes dans la série. Cette minutie donna un cachet de réalité dans la série. Durant les années 80, la côte floridienne a vu son niveau de crime monter en flèche à cause en partie de Cubains qui se sont enfuis à la recherche d'opportunités sur le sol américain, Miami étant vu comme le port de la drogue... une bonne source d'idées pour les scénaristes de la série dans laquelle nos deux policiers habillés en pastel, toujours bien coiffés, se promènent dans une magnifique Ferrari Spyder toute noire, luisant sous la lune et le chaud soleil de Miami. Voici la liste des épisodes du coffret:
Le côté musical des années 80 se retrouve aussi parmi toutes les scènes de la série que ce soit avec des musiciens dans des bars ou tout simplement une piste sonore aux mouvements et aux pensées des personnages. En fait, cette série est le point de départ de l'utilisation intensive du rock à la télévision avec des pièces interprétées par Phil Collins, U2, Elvis Presley, Peter Gabriel, Eric Clapton, Tina Turner, The Police, Glenn Frey et bien d'autres... la majeure raison de l'absence de cette série sur DVD jusqu'à maintenant. Universal nous a raconté pendant bien des années que les droits musicaux de la série étaient très dispendieux, rendant impossible la sortie sur DVD. Mais la demande populaire (et les profits vertigineux provenant de la télévision sur DVD en général) a poussé sa sortie avec la majorité des pièces originales, pour la plupart irremplaçables (contrairement à ce qui arrive avec certaines autres téléséries). Maintenant, si une quantité suffisante de fans achètent la série, le studio sera forcé de payer les droits musicaux pour les saisons ultérieures. Imaginez si les droits pour la musique d'une saison d'une série comme Happy Days coûtent un million de dollars US, imaginez combien valent ceux d'une saison de ce phénomène culturel où les chansons populaires s'empilent les unes sur les autres. Il ne faut pas oublier l'excellente musique originale de Jan Hammer, dont le thème de la série qui a passé douze semaines sur le palmarès Billboard! Ce n'est pas pour rien que la série avait le surnom de "MTV Cops".
Les Européens ont eu la "chance" quant à eux d'obtenir avant l'Amérique une édition deux disques de Miami Vice assez coûteuse, sans supplément et d'une qualité audiovisuelle déplorable, voir affreuse. Nous avons quant à nous un produit un peu mieux avec tout d'abord la fameuse musique repiquée en Dolby Digital 5.1 qui remplit notre salon de souvenirs auditifs, mais pas vraiment plus qu'une piste Dolby Digital 2.0 (Surround) l'aurait fait. Le tout a une sonorité assez artificielle. C'est toutefois mieux que ce que le visuel peut nous donner. L'image elle-même semble vieillotte et défraîchie en plus d'afficher de petits points blancs ici et là. Ignorez cependant la pellicule sale de l'introduction puisqu'à l'origine elle était sale! La compression est prise aussi à défaut alors que nous voyons du blocage à maintes reprises, principalement dans les items hors focus des scènes. Je m'attendais à quelque chose de vraiment mieux, mais on dirait que le budget du DVD a passé sur la musique! Pour ce qui est du menu du DVD, il est simple, mais avec la musique de Jan Hammer qui joue en même temps que des extraits de la série vous allez vous rendre compte que vous avez regardé la séquence au complet! Les menus subséquents à l'écran principal sont quant à eux statiques. Chaque menu d'épisode nous offre une sélection des scènes ainsi qu'un synopsis de l'épisode en question.
Les courts suppléments se retrouvent tous sur le premier côté du premier disque de l'ensemble. Tout d'abord, le documentaire "The Vibe of Vice" nous parle de l'impact de la série sur la télévision en général avec son tournage cinématique, sa musique, son style… et ses quinze nominations aux Emmy Awards (le plus grand nombre cette année-là!). "Building the Perfect Vice" vient ensuite nous parler du développement de la série à partir de quelques idées (article de journal, MTV, etc) et du "pitch" à NBC pour obtenir la production d'un pilote. Nous y retrouvons même un extrait de la bande-annonce qui annonçait la série aux affiliés avec la narration "La série policière a gradué aux années 80". On nous raconte aussi les difficultés au tout début d'attirer l'audience, mais avec quelques ajustements tout rentrait dans l'ordre pour devenir une des séries qui marqua le plus l'histoire de la télévision (et dont le style fut copié dans sa seconde saison par des compétiteurs comme Falcon Crest).
La revuette "The Style of Vice" nous parle des accoutrements des acteurs, le montant incroyable d'argent mis sur les costumes, l'influence sur le monde hors télé et l'implication de Versace dans les designs. La revuette "The Music of Vice" est réservée au mariage par Jan Hammer entre le style et la musique. Il nous parle lui-même de sa méthode de concevoir à chaque semaine de nouvelle musique originale (environ 33 minutes par épisode), pas de recyclage de musique comme dans les autres téléséries, une musique qui devenait un personnage. Étrangement, on ne parle que très peu de la musique pop qui faisait amplement partie de la série à part la pièce "In the Air Tonight" de Phil Collins et du fait que tous les éditeurs de musique voulaient une chanson dans la série. La dernière revuette à bord, Miami After Vice", est d'une inutilité absolument parfaite! On nous montre des images de Miami aujourd'hui, quelques passants nous disent en peu de mots que la série a rendu la ville plus sexy et une annonce pour le site web du Greater Miami Convention & Visitors Bureau. Le tout est emballé dans un coffret plein de belles photos tirées du calendrier officiel de la première saison de la série.
Quoique le DVD est loin de mes attentes (qui étaient peut-être trop hautes en partant), la série reste une pièce d'histoire qui a sa place dans votre bibliothèque et mérite d'être découverte ou redécouverte. Un film basé sur la série est prévu pour 2006, probablement la raison de la sortie de ce coffret, mettant en vedette Colin Farrell dans le rôle de Crockett et Jamie Foxx dans celui de Tubbs... intéressant! Avec Anthony Yerkovich et Michael Mann toujours à la barre comme producteurs (cette fois-ci, ce dernier est aussi présent en tant que réalisateur et scénariste), nous pouvons nous attendre à quelque chose de très bien. Espérons que le visuel sera aussi stylisé que sa contrepartie passée. En attendant, je continue à profiter de cette sortie en espérant voir les autres saisons dans les mois à venir!
| Film | 7 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |