"Mission: Impossible" est l'invention d'un homme, Bruce Geller. Ce versatile personnage (scénariste, auteur lyric et l'un des producteurs exécutifs de la télésérie à succès Rawhide) eut l'idée d'écrire en 1964, une aventure d'espionnage ayant pour titre "Briggs' Squad". La source de son inspiration lui vient de quelques films, tel le fameux long-métrage Topkapi où un groupe de voleurs hors pairs effectuent un vol audacieux. C'est alors qu'il imagine six ex-agents secrets travaillant en groupe et entièrement indépendants des autorités, car opérant en dehors des lois. Cette association utilise toutes sortes de moyens originaux dont le sabotage, la duperie et le meurtre pour éliminer tout dangereux adversaire des États-Unis d'Amérique.
Bruce Geller avait écrit son scénario en pensant à l'acteur Martin Landau pour être l'un des agents de l'escouade de Briggs. Il présente son script à quelques studios d'Hollywood pour en faire un long-métrage, mais ne recevant aucune réponse de leur part, il décide alors de présenter son projet pour le monde du petit écran. Sachant que jamais un réseau de télévision n'accepterait un script basé sur une bande de mercenaires dont la principale compétence est le meurtre, Geller décide de changer quelque peu la base de son histoire afin qu'elle soit plus acceptable pour la télévision. Il invente l'agence I.M.F. (Impossible Mission Force) qui sera maintenant l'une des branches de la C.I.A. (Central Intelligence Agency) et y introduit une femme dans le groupe afin de le rendre un peu plus sympathique. Il change également le titre "Briggs' Squad" pour "Mission: Impossible".
Avec l'aide de la maison de productions Desilu, le projet d'une nouvelle télésérie sur le monde de l'espionnage est accepté par CBS à la condition d'avoir 28 histoires pour cette première saison. Bruce Geller demande au réalisateur Bernard Kowalski de diriger l'épisode pilote. Il pense alors à l'acteur Steven Hill qu'il avait vu dans un épisode de Rawhide pour incarner le leader du groupe Dan Briggs, ce dernier accepte. Le tout premier épisode intitulé simplement "Pilot" fut télédiffusé le 17 septembre 1966, le succès est instantané.
Le générique d'ouverture est innovateur pour l'époque. Nous voyons une main allumer une mèche et en arrière plan, des scènes-clés de l'épisode présenté, ainsi que la figure des principaux protagonistes, le tout sur une extraordinaire musique de Lalo Schifrin. Par la suite, nous apercevons le leader du groupe Dan Briggs, qui se rend dans des lieux insolites pour prendre connaissance de sa future mission. Chaque épisode débute toujours par l'écoute d'un enregistrement sur bande magnétique ou autres dispositifs semblables, qui donnent les instructions pour l'I.M.F. La voix (Bob Johnson) a presque toujours la même entrée en matière "Bonjour monsieur Briggs. Votre mission si vous l'acceptez, (sera...) Comme toujours, si vous, ou l'un de vos agents était capturé ou tué, le Département d'État nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Ce document s'autodétruira dans cinq secondes. Bonne chance Dan".
Dans son appartement, le chef de l'I.M.F. ouvre une serviette remplie de portraits d'individus et il choisit minutieusement les meilleures personnes disponibles pour la mission. Parmi les agents réguliers de la série, nous retrouvons Cinnamon Carter (Barbara Bain) qui est spécialisée en diversion, par l'emploi de ses charmes féminins, mais capable d'incarner tous les rôles; Le génie en électronique et metteur au point de matériel très sophistiqué Barney Collier (Greg Morris); l'homme fort, Wally Armitage (Peter Lupus) et le maître du déguisement Rollin Hand (Martin Landau). Martin Landau aux prises avec un problème de contrat sera présenté au générique comme artiste invité.
La formule qui allait faire le succès de la série : une équipe soudée d'agents secrets, avec chacun des spécialités précises, effectuant des missions réglées avec une précision diabolique et bénéficiant du secours d'une technologie de pointe. Mais un hic de taille apparaît dans cette première saison. Dan Briggs alias Steven Hill, n'apparaît pas dans tous les épisodes et ne participe pas à toutes les missions, en raison de ses convictions religieuses: juif orthodoxe, il refuse de monter sur scène dès le vendredi soir après le coucher du soleil. Cet énorme inconvénient pour la production, emmènera éventuellement la disparition de son personnage et Dan Briggs sera remplacé au début de la deuxième saison par un nouveau chef de groupe de L'I.M.F., Jim Phelps (Peter Graves). D'ailleurs, cette problématique forcera même à changer une ouverture de la série, celui de l'épisode numéro 23 intitulé "Action! " Briggs est complètement absent de l'épisode et c'est avec surprise que l'on voit Cinnamon Carter prendre connaissance de la mission dont l'équipe va être chargée.
À l'exception du premier épisode, l'aventure que j'ai le plus apprécié est la huitième mission ayant pour titre "The Ransom". Écrite par William Read Woodfield et Allan Balter et réalisée par Harry Harris, la mission de l'équipe n'est pas dictée cette fois-ci par les autorités du gouvernement, elle est personnelle puisqu'il s'agit de libérer la fille d'un ami de Briggs. C'est donc sur une base volontaire que les membres acceptent d'aider Briggs et de mener à bien cette affaire de kidnapping. Un épisode n'ayant aucun message officiel, juste un gang d'amis prêt à venir épauler un des leurs. Ce thème plutôt inaccoutumé ne sera revisité que dans de rares occasions au cours des sept années que durera la série.
Le coffret de "Mission: Impossible, The Complete First TV Season" contient sept disques DVD des 28 épisodes de la première saison de cette série culte du petit écran. Le matériel source ayant servi au transfert laisse paraître quelques points blancs et égratignures. Malgré cela, la définition est somme toute excellente, compte tenu de son âge. Nous avons une image relativement nette et précise. Les couleurs sont acceptables, naturelles et saturées. Le niveau des noirs (brillance), tout comme le contraste, est parfaitement ajusté. En ce qui concerne l'audio, vous retrouvez une bande sonore anglaise monophonique et une autre bande sonore anglaise nouvellement remixée pour la circonstance en Dolby Digital 5.1. Encore une fois, le marché francophone du Québec a été complètement ignoré: même pas de sous-titre dans la langue de Molière. Ce qui est le plus choquant dans tout cela est de constater que le même coffret DVD est sorti en France avec une bande sonore en français. Ainsi donc, la nouvelle bande sonore a une bonne dynamique et la musique de Lalo Schifrin est probablement l'élément sonore qui profite de la meilleure intégration en 5.1. Les dialogues sont toujours parfaitement nets et intelligibles. L'absence totale de suppléments est l'autre aspect qui me déçoit du coffret Mission: Impossible, The Complete First TV Season".
Il n'en demeure pas moins que ce coffret de la première saison de "Mission: Impossible" est une valeur sûre pour votre vidéothèque et vous fera revivre sans pause publicitaire, les incroyables péripéties de ce groupe d'agents secrets où les méchants n'ont qu'à bien se tenir.
| Film | 7 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |