My Super Sweet 16
Seasons 1 & 2 / The Movie
Paramount Home Entertainment / MTV Home Entertainment

Réalisateur:
Année: 2005-2006
Classification: 14A / NR
Durée: 266 / 86 minutes
Ratio: 1.33:1 / 1.78:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9) / 1 (DVD-9)

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Le DVD "The Movie" est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
8 juillet 2007

Les fêtes, c'est bien. On invite des amis, on danse, on boit (pas trop quand même) et lorsque vient le moment de notre anniversaire, on aime bien recevoir nos amis les plus chers, ceux qui nous ont soutenus ou pour une quelque raison le moindrement altruiste, on aime s'entourer de gens pertinents. Certaines personnes le font en grand. Juste à regarder les jeunes de "My Super Sweet 16", on peut déjà faire un constat préliminaire: primo, ces adolescents n'en ont que pour eux-mêmes. Secundo, ce sont tous et toutes des gosses de riches donc, aucun problème financier. Tercio, ils aiment tellement la règle 1 qu'ils s'arrangent pour être LA vedette de la fête. Un désastre psychologique.

Voici l'histoire (copiez et collez pour chaque émission de ce genre): jeune adolescent attardé qui recherche de l'attention s'assure d'avoir une super fête pour ses 16 ans. Peu importent les obstacles, vu l'étendue de leurs moyens, ils parviendront à leur fin dans une décadence morale et psychologique qui ferait tomber n'importe quel travailleur du cerveau humain. Le film ne brise pas les frontières établies non plus par la série, si ce n'est que le résultat est encore plus sirupeux que la série: Jacquie et Sarah sont des amies d'enfance partageant la même date de fête jusqu'au jour où une pimbêche nommée Taylor ne sème la discorde entre les deux amies.

Retrouvez ici tous les modèles hyper sexualisés que vous chérissez tant (ou peut-être pas tant que cela) dans des aventures qui n'ont ni queue ni tête. Aucune présentation n'est faite en ce qui a trait aux jeunes concernés, donc leur psychologie mince telle le papier se découvre peu à peu pour ne se résumer qu'à ceci: moi, moi, moi. Les événements ne sont intéressants en rien puisque ces jeunes riches héritiers sauront vite s'arranger pour que l'argent les fasse disparaître. Le tout est à son comble lorsqu'une jeune fêtée annonce que si elle n'obtient pas la fête parfaite, elle fera certainement une dépression nerveuse. De cet exercice psychologique combien coûteux pour les neurones, on peut aisément comprendre que ces gens n'existent pas tant que l'on ne les regarde pas. Certaines des idées sont si extravagantes qu'elles nous font sérieusement repenser la pertinence de ce programme. Bien que conçu pour un auditoire en dessous de 20 ans, il est grave de voir une fêtée amener 100 personnes au grand air pour n'en choisir que 50 ou moins.

C'est triste de voir à quel point ils ont besoin d'attention et les moyens qu'ils prennent pour paraître ne sont que le miroir de leur pauvreté cervicale. C'est bien d'obtenir le projecteur pendant un certain temps, mais vouloir et exprimer son désir de rendre les autres jaloux de ce que l'on a n'est pas une activité recommandable pour une génération si matérialiste. Le film sombre dans le déjà vu, le je-m'en-foutisme cinématographique et un ridicule appuyé voulant prôner les sentiments honnêtes dans un décor de riche à faire gerber. Les interprétations sont loin d'être d'un calibre de Kubrick, les "acteurs" étant souvent laissés à eux-mêmes. La réalisation est plutôt convenue et sans surprise tandis que la cinématographie d'Edward Pei est molle, absente de tout message ou de travail faisant regretter Janusz Kaminski, directeur photo de génie pour les films de Spielberg.

La galerie des suppléments est garnie de quelques épisodes bonis de la saison 3 qui mettent la barre encore plus haute en ce qui a trait au néo-libéralisme mercantile de la génération plus que perdue. On retrouve également un aperçu du film (horreur!!) basé sur la série télé. Sur le film, nous retrouvons des scènes coupées (totalement justifiées) ainsi qu'une compilation des "meilleurs" moments de l'émission pour redonner le goût de plonger dans le marasme néo-libéraliste. Un minimum de travail a par contre été effectué pour les menus qui sont parfois animés, sans être accompagnés de musique.

Le transfert est beaucoup plus respectable que le programme lui-même. Les couleurs sont belles et calibrées pour faire ressortir les corps et le matérialisme comme seul MTV peut le faire. Le son est parfois confus, prenant souvent plusieurs discussions à la fois, ce qui donne une impression chaotique qui ne quitte jamais vraiment la série. Des sous-titres imposés sont donc placés aux endroits stratégiques. Le film est mieux. Ayant bénéficié de certains moyens techniques, le transfert est moins granuleux et le son offre une plus claire précision des dialogues sans plus.

En résumé, il est difficile de conseiller le visionnement d'un tel produit. Certaines séries offrent un message sur une certaine vision du monde (My Life on the D-List de Kathy Griffin entre autre) tandis que d'autres sont une pure réponse à une société qui s'enlise dans le mercantilisme. "My Super Sweet 16" ne répond à aucune question si ce n'est que la jeunesse d'aujourd'hui est plus hors de contrôle que jamais.


Cotes

Film1
Présentation3
Suppléments2
Vidéo6
Audio5