Neil Gaiman est un des scénaristes de bandes dessinées les plus célèbres et les plus populaires. On lui doit, entre autres, la superbe série "Sandman", publiée sous l'étiquette Vertigo de DC Comics. C'est d'ailleurs grâce à "Sandman" que cette même étiquette est devenue populaire, permettant ainsi de mieux circonscrire le nouveau genre de la bande dessinée américaine pour adulte. C'est aussi lui qui a créé Tim Hunter, un jeune garçon de 12 ans aux lunettes rondes, qui se destine à être un des plus grands sorciers de tous les temps (dans "The Book of Magic", publié par DC Comics en 1993; on ne criera pas au plagiat, mais la tentation est grande...). Une de ses autres grandes réalisations est sans doute d'avoir pris la relève d'Alan Moore pour poursuivre la scénarisation de la controversée série "Miracle Man". C'est aussi lui qui est responsable de la création de quelques personnages de la série "Spawn" de Todd McFarlane. La série qu'il écrit présentement pour Marvel Comics, "1602", se place toujours au plus haut des palmarès de vente. Gaiman a aussi écrit quelques livres, dont le plus récent, "American Gods", a eu un franc succès. En 1996, la BBC lui donne l'occasion de créer et scénariser une télésérie fantastique, ce qui a pour résultat "Neverwhere", le coffret ici critiqué.
Dans "Neverwhere", on nous présente l'histoire de Richard Mayhew (Gary Bakewell), un cadre anodin vivant à Londres dont la vie ne se démarque que par son extrême monotonie. Tout va bien pour lui, étant même sur le point de se marier, jusqu'au jour où il rencontre dans la rue une jeune fille prénommée Door (Laura Fraser), évanouie et en sang. Après qu'il l'eut soignée, il découvre que Londres cache un monde souterrain, parallèle et invisible de tous, mais bien réel. On y rencontre des monstres, des anges, des chevaliers et des criminels. Bref, un univers bien différent de ce à quoi Richard a été habitué. Bien malgré lui, il sera absorbé par cet univers, retrouvera Door, et à l'aide du mystérieux Marquis de Carabas (Paterson Joseph), il l'aidera à venger la mort de sa famille.
Ce qui est de loin le plus intéressant au sujet de cette minisérie est sans contredit le scénario. L'idée principale est que Londres est en fait constitué de deux villes; la ville régulière que l'on connaît ("London Above") et la ville souterraine ("London Below") où règnent la magie et l'étrange (encore une fois, les parallèles avec Harry Potter sont frappants...). Les habitants de la première ignorent totalement ceux de la seconde; c'est ce qui expliquerait, entre autres, pourquoi les habitants des grandes villes peuvent passer à côté des sans-abri sans même les remarquer. L'explication des suicides dans le métro est aussi intéressante: c'est en fait le résultat d'épreuves avortées. Bref, pendant les six épisodes, Neil Gailman fait travailler sans répit nos imaginations, avec tout plein de petits détails réfléchis.
Avant de discuter de l'image, il est important d'éclaircir certains problèmes, tels qu'expliqués exhaustivement par Neil Gaiman lui-même sur la piste de commentaires. Comme toutes les séries de la BBC, le tournage s'est fait sur vidéo. Par contre, on avait promis aux producteurs qu'un filtre serait utilisé à l'image, pour donner l'impression que de la pellicule était utilisée. L'éclairage s'est donc fait en tenant compte de ce filtre; beaucoup de lumière et des couleurs très intenses. Malheureusement, cette étape n'a jamais été réalisée. Le résultat final est donc surprenant, et ce, d'une mauvaise façon... Et telle que soulignée par Gaiman, la qualité exceptionnelle de l'image d'un DVD ne fait qu'amplifier cet effet indésirable. L'image présentée est donc d'une excellente qualité, très nette et très détaillée. Les noirs manquent un peu de profondeur, fort probablement à cause de la source vidéo, mais sont bien dégradés. On ne note aucun fourmillement non plus, même dans les zones de fort contraste. Le verdict final est donc que, malheureusement, l'image est impeccable...
Du côté de la piste sonore, on ne nous présente que l'encodage Dolby Stéréo d'origine. La piste est d'ailleurs uniquement stéréo: le décodage ProLogic n'a aucun effet sur l'ambiophonie. Elle est toutefois efficace et bien adaptée au style visuel de la série. Ce qui est un peu dérangeant est l'abondance de bruits ambiants indésirables. Malgré tout, les dialogues sont clairs et bien distincts. Par contre, la piste aurait bénéficié d'un peu plus de basses fréquences, même si le dosage présent est adéquat. Soulignons finalement l'absence de sous-titres, ce qui peut être un peu contraignant pour ceux qui ont de la difficulté à bien saisir les accents anglais, irlandais et écossais présents dans la série.
Comme suppléments, on retrouve une piste de commentaires de Neil Gailman sur tous les épisodes. Elles sont généralement très intéressantes, puisqu'on y apprend beaucoup sur la production de la série. Malheureusement, les commentaires sont assez sporadiques, et quelques fois futiles. Néanmoins, les fidèles amateurs de Gaiman l'apprécieront grandement. Ce qui est nettement plus intéressant est l'interview de Gaiman, présenté à l'origine à la BBC. On y apprend aussi beaucoup de choses sur tout ce qui entoure la création de la série, et sur la série elle-même. On nous présente aussi des fiches techniques des 18 personnages principaux du film, ce qui peut être très pratique. Finalement, aussi incluse est une biographie de Neil Gaiman, ainsi qu'une série de photos de la production. Les menus sont animés des extraits du générique (réalisé par Dave McKean, le comparse de longue date de Gaiman), sous la même musique.
Bref, les amateurs de comics, et surtout les amateurs de l'oeuvre de Gaiman ne seront pas déçus de découvrir cette série. De plus, les extras inclus pourront satisfaire les adeptes les plus exigeants.
| Film | 7 |
| Menu | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |