NYPD Blue
Season 01
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Paris Barclay, Kathy Bates, ...
Année: 1993-94
Classification: NR
Durée: 1078 minutes
Ratio: 1.33:1 (4:3)
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD40), Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 330
Nombre de disques: 6 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca Archambault.ca

Selon Alexandre Martin
18 mars 2003

Au début des années 90, les "sitcoms" régnaient unilatéralement sur les ondes américaines. Les drames d'une heure étaient pratiquement disparus et rien ne laissait présager qu'ils allaient faire un retour en force. C'est alors qu'on diffusa "NYPD Blue". Cette émission était complètement différente de tout ce qui existait à cette époque. Premièrement, le style employé pour la photographie et pour le mixage sonore était totalement nouveau, s'approchant plutôt du documentaire, caméra à l'épaule. Ensuite, les personnages s'exprimaient dans un "vrai langage parlé". Entendons-nous; ils parlaient mal, mais ne juraient pas (pas de "fuck" ou "shit"; seulement des "bitch" et "asshole"), et devaient respecter un nombre fini de mots vulgaires par épisode. Malgré le fait que les autres pays (dont le Québec, bien entendu) avaient franchi cette barrière morale depuis longtemps, c'était une première pour les Américains. Une autre innovation était la nudité. Encore une fois, précisons que ce que les réseaux de télévision américains appelaient nudité était encore très loin de ce que l'on pouvait voir sur les chaînes européennes et québécoises, à la même époque. Tout ce qu'on voyait était des fesses ou l'ombre d'un sein, rien de plus. Bien entendu, c'était encore là un énorme pas de franchi pour nos voisins du sud. Mais la vulgarité et de la nudité ne rendent pas une série télévisée bonne pour autant. S'appuyant sur une solide équipe de production et des acteurs bien choisis, même si peu connus à l'époque, "NYPD Blue" a su captiver son auditoire par la qualité de ses histoires, prouvant ainsi que la série dramatique d'une heure avait encore bel et bien sa place sur les réseaux américains. Encore en ondes, après dix saisons et 86 Emmy Awards, la série s'est un peu essoufflée, mais une légion d'adeptes loyaux continuent d'en justifier la diffusion. Une onzième saison est d'ailleurs en production, pour l'an prochain.

L'histoire de "NYPD Blue" est celle des détectives du poste 15 de la ville de New York et de ceux qui gravitent autour. Plus spécifiquement, on nous présente le détective Andy Sipowicz et le détective John Kelly. Le premier est bourru, agressif, moustachu, alcoolique et souffre un peu d'embonpoint. Le second est grand, svelte, de belle allure, mais aussi possessif et dominateur. Malgré leurs défauts, ils sont d'excellents enquêteurs et arrivent toujours à leur fin, même si des fois, leurs moyens frôlent l'illégalité. Les histoires présentées sont autant tirées de leur vie personnelle que de leur vie professionnelle.

Bien que chaque épisode soit complet, une histoire de fond se développe tout au long de la série. Le tout étant habilement écrit, un auditeur occasionnel ne perdrait toutefois pas le fil de l'histoire. Aussi, la présence d'un consultant, Bill Clark, lui même ancien détective au sein de la police de New York, rend les histoires crédibles et réalistes. Son rôle est de s'assurer que les détectives, policiers et contrevenants se comportent exactement comme les vrais, dans les moindres détails. Notons aussi que David Milch s'est inspiré de plusieurs dossiers menés par Bill Clark pour écrire ses scénarios. Cependant, pour les besoins de la cause, les enquêtes sont menées sur quelques jours, alors que dans la réalité, elles se sont étalées sur plusieurs mois.

Afin de bien commenter le rendu de l'image sur DVD, il est nécessaire de décrire le style télévisuel employé pour cette série. Pour commencer, le choix des couleurs est peu orthodoxe. L'image est volontairement saturée et les tons de couleurs uniformisés, au point où elle semble être monochromatique par endroits (duotone serait peut-être le terme approprié). La caméra est aussi en perpétuel mouvement, jamais fixe, toujours chancelante. On note aussi l'absence totale d'effets de lentille, par exemple des zooms et des mises hors foyer. Cette approche a pour but évident d'amplifier le réalisme de la série, en donnant l'impression que le caméraman a une caméra bon marché à l'épaule et filme dans le feu de l'action. Cependant, la qualité visuelle n'en est pas affectée; chaque plan-séquence est savamment orchestré, et l'effet recherché est obtenu, sans pour autant qu'il y ait une image de mauvaise qualité. Le transfert sur DVD est pratiquement parfait et permet d'apprécier les subtilités de la photographie susmentionnées. Les tons de couleurs sont bien rendus, les noirs sont profonds et on ne dénote pas d'anomalies de compression. Le choix de quatre épisodes par disque en est un excellent puisqu'il permet un haut débit numérique. Étrangement, les deux derniers épisodes, pourtant seuls sur le sixième DVD avec les extras, sont de moins bonne qualité; on dénote des tâches numériques de temps en temps.

Pour ce qui est du son, il est lui aussi particulier et impressionnant. Originalement diffusé en Dolby Surround, on a choisi pour le DVD de l'encoder en Dolby Digital 4.0 (c'est à dire les haut-parleurs avant-centre, gauche, droit et arrières, sans canal dédié aux extrêmes-graves). L'ambiance sonore respecte parfaitement la philosophie exprimée par l'image. On nous donne réellement l'impression d'être partie intégrante d'un poste de police; on entend en permanence d'autres conversations en arrière-plan, des sirènes de voiture de police, des téléphones, etc. Le tout est dispersé un peu partout dans les canaux ambiophoniques pour donner la réelle impression que la scène a été filmée à la volée.

Les suppléments inclus sur le dernier disque sont peu nombreux. Premièrement, on nous présente un documentaire très intéressant, quoique trop bref, sur la production de la première saison. On nous y présente principalement des entrevues du producteur et concepteur Steven Bochco, du scénariste David Milch, ainsi que de quelques commentaires des acteurs. Ensuite, on nous présente un bref documentaire sur les personnages secondaires de la série, commenté par Junie Lowry-Johnson, la responsable de la distribution des rôles. Ce documentaire est très pertinent, car il donne une bonne perception de la façon dont les acteurs ont été choisis. Le dernier documentaire présente les relations amoureuses dans la série et est d'une insipidité lassante. On nous présente ensuite une comparaison des scénarios et des scènes tournées, pour quelques moments de la première émission. Sans être d'une grande pertinence, ce supplément est toutefois intéressant. Le DVD est complété par la filmographie des artisans et acteurs. Notons aussi que pour chaque épisode, il nous est possible de visionner le récapitulatif de l'épisode précédent.

Sur chacun des DVD, on nous offre aussi la possibilité d'écouter un épisode avec une piste de commentaires. Notons d'ailleurs que malgré le fait que le livret du coffret spécifie que ces pistes de commentaires sont accessibles par le menu "Special Feature", ce dernier n'est présent que sur le sixième disque (et ne sert pas à cela). Ainsi, pour mettre en fonction cette option, il faut plutôt se rendre dans la section "Language selection". Sur le premier disque, l'épisode "True confession" est commenté par David Milch, le cocréateur de la série. Malgré quelques anecdotes pertinentes, les commentaires restent sans intérêt. Sur les deuxième et troisième disques, Bradley Silberling, le réalisateur, commente les épisodes "Personal Foul" et "Oscar, Meyer, Wiener". Ses deux pistes de commentaires sont très intéressantes, puisque non seulement il nous fait voir des détails qui pourraient passer inaperçus et nous parle de sa vision des choses, mais il y va aussi de potins bien juteux à l'égard des acteurs. Le quatrième disque nous propose les commentaires de Sharon Lawrence (interprète de ADA Sylvia Costas), sur l'épisode "Steroid Roy". Elle nous raconte ses souvenirs de la série, ainsi que quelques potins. Le cinquième commentaire est celui de Bill Clark, sur l'épisode "Black Men Can Jump" du cinquième disque. Bien que ses propos soient très intéressants, sa façon monotone de parler et sa tendance à se répéter rendent la piste peu propice à l'écoute. La dernière piste de commentaires est celle de Michael M. Robin sur l'épisode "Guns 'N Rosaries". Le ton enjoué du réalisateur, et sa passion évidente pour la série rendent l'écoute agréable. Il y va de commentaires stylistiques et explique sa façon d'approcher les scènes.

Le menu principal est de toute beauté, avec une image fixe en arrière-plan et une animation servant de curseur pour la sélection des épisodes. Le tout est accompagné d'indicatifs sonores pris directement des épisodes. Les menus secondaires sont aussi très jolis, mais toutefois fixes. Un seul bémol; le fait que les menus soient si complexes rend la navigation extrêmement longue et pénible.

Bref, que ce soit pour les inconditionnels de la série ou pour les néophytes, cet excellent coffret DVD permet un agréable divertissement, en plus de pouvoir revivre un moment "historique" de la télévision américaine. Ceux qui étaient trop jeunes à l'époque pour apprécier l'ampleur sociologique que "NYPD Blue" apportait pourront le découvrir avec joie et aisance. N'eut été de la persistance du producteur Steven Bochco à ne pas céder aux requêtes du réseau, les séries télévisées comme The Shield et C.S.I. n'auraient peut-être jamais vu le jour.

Les épisodes sont distribués sur les DVD comme suit :


Cotes

Film8
Menu7
Suppléments5
Vidéo8
Audio8