Police Squad
The Complete Series
Paramount Home Entertainment / CBS DVD

Réalisateurs: Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker
Année: 1982
Classification: PG
Durée: 150 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 30
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
29 octobre 2006

Dans la vie, il y a un commencement pour toute chose, c'est inévitable. Avant la poule, il y a eu l'œuf (quoique les avis restent encore très partagés sur l'ordre d'apparition du gallinacé ou du fragile objet elliptique), avant l'homme moderne, il y a eu celui des cavernes (la femme aussi, mais elle était absente le jour de la photo), avant le Titanic, il y a eu l'Arche de Noé (mais c'est quand Noé s'est placé à l'avant du navire, cheveux au vent, bras écartés, en criant "Je suis le Dieu du monde" qu'un iceberg serait apparu de nulle part sous un tonnerre de colère divine), et avant Naked Gun et ses suites, il y a eu "Police Squad". Une série policière qui n'est pas restée longtemps, mais qui a marqué ses contemporains.

Nous sommes donc à la fin de 1981, quand une petite équipe hollywoodienne, les "ZAZ" (Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker), qui nous avait déjà donné deux ans plus tôt une mémorable parodie d'un film catastrophe, Airplane, met sur pied un projet d'une série policière loufoque mettant en vedette un officier gaffeur et maladroit, mais qui, bien malgré lui, résoudra toutes ses affaires. Le tournage débute à la fin de l'année et le premier épisode est diffusé en mars 1982. Le sergent détective Frank Drebin est né (mais on ne sait malheureusement pas exactement le jour et l'heure). Six épisodes au total seront tournés et diffusés sur le réseau américain ABC, entre mars et juillet 1982. Et ce fut tout. Fini. Le vide total. Le néant. La raison? La quantité d'humour inversement proportionnelle entre la série "Police Squad" et le cerveau des dirigeants de l'époque chez ABC. Il est vrai que pour appeler une compagnie des trois premières lettres de l'alphabet, il ne faut pas être très futé. C'est alors que l'idée de faire un film revint sur le tapis. Ce dernier, quelques années plus tard, prit le nom de Naked Gun : From the Files of Police Squad! et fut un immense succès (et il le reste encore, avec ses deux suites). Du coup, ABC (eh oui, les mêmes que plus tôt) devait s'en mordre les doigts et rediffusa la série.

Il existe de nombreuses raisons pour expliquer le retrait de cette série. Il y a bien entendu le nombre trop important, selon certains, de gags dans chaque épisode. Effectivement, il y en a un pratiquement à chaque plan, soit dans le décor, dans le texte affiché en surimpression, dans les figurants ou dans le dialogue des acteurs. C'était aussi une des raisons évoquées par ABC : trop de blagues dans un show pour le téléspectateur commun! Leslie Nielsen l'évoque aussi dans l'entrevue récente qu'il donne dans les suppléments. Les dirigeants d'ABC ont dit que pour que le show fonctionne, il fallait qu'il soit écouté. Or, et ce n'est pas nouveau, le public n'écoute pas vraiment la télévision, à la rigueur, il la regarde. Le principe des gags ne pouvait alors pas fonctionner correctement. Avec parfois jusqu'à plus de 40 gags dans 25 minutes d'un épisode, c'est beaucoup, il est vrai. Mais c'est drôle. Mais c'est beaucoup de gags à la minute, je l'avoue. Mais c'est drôle. Il y a aussi l'histoire de la piste de rires, qu'on retrouve souvent dans les séries comiques de l'époque (aujourd'hui, elles sont souvent réalisées devant public). ABC en voulait une, mais les "ZAZ" n'en voulaient pas. Par vengeance (certainement), et pour ceux qui ont de bons yeux, vous trouverez dans les suppléments des reproductions de mémos (que j'imagine originales) d'ABC à la production avec leurs recommandations pour la diffusion (retirer tel truc, modifier tel autre, etc.).

Longtemps réclamée (une pétition a même été mise en ligne sur Internet, mais tellement peu médiatisée que seulement 53 personnes ont signé, dont 50 de la famille du créateur du site, les trois autres s'étant trompées d'adresse Internet), Paramount nous offre donc enfin la série complète de "Police Squad (in Color)". OK, avec six épisodes de 25 minutes, ce n'est pas nécessaire de sortir le gros coffret et les cinq boîtiers minces doubles. Paramount a donc choisi un boîtier simple (avec les petits loquets de plastique qui m'agacent) et un disque qui se sent bien seul dans ce si grand boîtier vide, sans livret pour lui tenir compagnie (vous pouvez envoyer vos dons pour soutenir les disques seuls dans leur boîtier, un mal de plus en plus répandu, en communiquant au 514-555-DISC. Merci pour eux, ils vous en seront reconnaissants). L'image, au format plein écran, est de bonne qualité, principalement lors des scènes filmées en studio. Les couleurs sont bien présentes, surtout pour un produit de près de 25 ans. La piste sonore anglaise, remastérisée en Dolby 5.1, est excellente et ajoute un peu plus de volume à l'ensemble avec des effets ambiophoniques. La piste originale mono est aussi disponible. À noter que lors des pistes de commentaires, les voix des intervenants utilisent les voix gauche et droite. La page de menu principale est animée avec des extraits de la série (qui font déjà sourire) et sonorisée avec le thème principal. Les pages secondaires sont moins élaborées.

On apprécie énormément le travail de Paramount et des producteurs en ce qui concerne les suppléments, plutôt nombreux. Il y a déjà trois pistes de commentaires sur trois épisodes de la série sur les six (ou, si vous préférez, sur 50% des épisodes, ce qui revient à peu près à la même chose), où les ZAZ, Robert K. Weiss (pour deux épisodes) et Robert Wuhl, un des scénaristes, pour le dernier épisode, en rajoutent encore sur les anecdotes de tournage, les prises ratées, mais aussi beaucoup sur ce qui s'est passé avec ABC et Paramount au moment du tournage. Certes, moins drôles que la série, ces commentaires sont très intéressants. On se régale avec des prises ratées, plutôt rare pour des séries aussi âgées, comme celle où Drebin demande à une cliente où elle veut que ses 50 clés dupliquées soient envoyées alors que le gag est justement quand la cliente doit lui répondre qu'elle en veut 50 (49 pour l'équipe des Bears de Chicago et la 50e qu'il utilisera pour venir les lui livrer). Qui a dit que faire rire était facile? On poursuit cette partie avec un entretien que Leslie Nielsen a donné spécialement pour cette sortie DVD et qui est bien apprécié, même si cela ne dure à peine que dix minutes.

Un des points récurrents de la série, c'est la fameuse fausse image arrêtée de la fin des épisodes, où la plupart des acteurs se figent, comme sur un arrêt sur image, mais où il s'agit en fait d'un plan filmé en continu. Dans le documentaire "Behind the Freeze Frames", on y voit justement une de ces scènes, tournée, mais non utilisée, où les acteurs doivent figer, mais où le décor s'écroule, le feu est pris par endroits et les pompiers vont et viennent. Cela dure près de cinq minutes. Qui a dit que faire était facile? On poursuit cette liste de suppléments avec des essais de tournage pour les acteurs Alan North et Ed Williams. Puis nous avons droit à une galerie de photographies provenant des dossiers des producteurs et présentée à la manière d'un babillard qui défile à l'écran. Malheureusement, à part faire des arrêts sur image, les photos défilent trop vite et restent petites à l'écran. Pour les deux derniers suppléments, il est difficile de dire s'ils sont originaux ou inventés plus récemment. Quoi qu'il en soit, nous avons tout d'abord une liste des morts possibles qui pourraient être utilisées dans la série (ne pas manquer les deux dernières, non numérotées) et dans la deuxième, plus intéressante, si elle est vraie (ce que je crois fortement), des mémos divers des studios sur les standards du contenu des épisodes pour diffusion, de l'équipe de production à l'équipe de tournage sur les vêtements à porter, la note qui indique que la production ne veut pas d'une piste de rire et, finalement, la lettre annonçant la fin de la diffusion de la série (remarquez bien les détails, surtout les coordonnées complètes du studio en haut de la feuille). On ne rit plus là...

Les gags sont effectivement nombreux et parfois répétitifs (ce qui est souvent bon pour un gag). Parmi ceux-là, il y a bien entendu l'annonce du titre de l'épisode lors du générique, avec cette superbe voix grave qui commence en disant "Tonight's episode...", mais le titre prononcé n'est pas celui qui s'écrit. Ou bien les artistes invités (nous avons Lorne Greene, William Shatner, Robert Goulet, Georg Stanford Brown (le réalisateur du troisième épisode), Florence Henderson et William Conrad), mais ils se font tous tuer lors de leur présentation. C'est dommage! Sans oublier le fameux Rex Hamilton, qui joue le président Lincoln, crédité en grandes pompes dans le générique, mais qui reste encore de nos jours un parfait inconnu. Les habitués de la série de films "Naked Gun" qui découvriront cette série TV vont certainement se rappeler avoir déjà vu des scènes des films. En effet, plusieurs gags, visuels et narratifs, ont été repris dans les films. Mais ils étaient à l'origine dans la série (théorie plus facile à comprendre que la poule et l'œuf, n'est-ce pas?).

Des détails qui peuvent passer inaperçus? Si vous voulez. Alors, comptez le nombre de poubelles que Frank renverse dans chaque épisode : il correspond toujours au numéro de l'épisode (une poubelle dans le premier, deux poubelles dans le deuxième, etc.). Écoutez bien les dernières répliques du Capitaine Hocken (du moins dans les premiers épisodes) : il donne le nom des malfaiteurs arrêtés depuis le premier épisode et envoyés en prison. La liste s'allonge donc épisode après épisode. Tout comme moi dans cette critique, ce cher Frank change de grade comme de chemise. Si on écoute bien ses présentations, il est tantôt sergent, capitaine ou lieutenant. Surveillez les plans où on voit Frank conduire sa voiture. Bien sûr, c'est une projection arrière pour la route, mais Frank ne bouge pas son volant, même si la rue tourne (sauf quand il conduit en marche arrière!). Parfois, il ne regarde même pas devant lui. Regardez bien l'horloge à gauche de la porte d'entrée du bureau : ses chiffres sont complètement dans le désordre.

Il faut bien avouer que faire la critique de cette série n'est pas facile. C'est que c'est pratiquement uniquement visuel, et que la transcription des gags ne rendra pas exactement la même chose sur le papier. On a beau aussi faire le pitre dans le texte, on ne sera jamais à la hauteur des créateurs (qui, selon mes sources, ne font pas plus de cinq pieds dix). Il y aurait beaucoup d'autres remarques à faire, mais le mieux c'est quand même d'acheter ce DVD et de regarder la série (je ne vais quand même pas tout faire ici). Sachez que si vous n'aimez pas, ce n'est pas de ma faute, mais si vous trouvez que répéter chaque scène deux fois, c'est trop, vérifiez que votre petit dernier n'a pas inversé les disques avec sa collection de Télétubbies. Cigarette? Oui, merci, je sais ce que c'est...


Cotes

Film10
Présentation7
Suppléments8
Vidéo7
Audio7