Nous sommes dans l'ère des télé-réalités. Au Québec, nous avons eu Occupation Double et Loft Story, concepts largement critiqués par leur côté insipide et leur jugement basé uniquement sur le charme et la beauté des candidats. Aucun aspect intellectuel ou artistique n'était pris en compte, contrairement à Star Académie, qui malgré tout a aussi reçu son lot de détracteurs. Aux États-Unis, les télé-réalités sont omniprésentes sur les écrans, ce serait trop long de toutes les nommer. "Project Runway" est l'une d'entre elles: diffusée sur la chaîne BRAVO, le concept veut que d'un groupe de douze designers amateurs, avec des défis lancés à tous les épisodes et par un processus d'élimination qui est bien familier aux fans d'émissions de télé-réalités, qu'on parvienne à trouver LE prochain grand designer.
Animé par la top-modèle de renommée internationale Heidi Klum, on nous projette dans le monde fabuleux qu'est l'industrie de la mode: douze personnes, aux personnalités diamétralement opposées, devront se faire compétition pour se démarquer à chaque épreuve afin de rester dans la course. Avec un budget serré et des contraintes de temps assez sévères, ils devront mettre sur pied leurs propres créations selon le thème de chaque émission. Pour vous donner une idée, le premier défi sera de créer une robe avec un budget de 50$ de matériel... dans une épicerie! Un des candidats osera créer une robe à l'aide de feuilles d'épi de maïs, alors que d'autres utiliseront des sacs de poubelles ou des jujubes. D'autres défis seront entre autres de créer une robe pour les Grammy Awards, l'habituel concours de maillot de bain, et on voit aussi des concours intéressants comme de remodeler l'uniforme des employés des services postaux américains. Bref, il y a beaucoup de variété et les créations des designers sont tantôt impressionnantes, tantôt décevantes.Dans l'ensemble toutefois, l'émission est intéressante, on assiste à tout le processus de création des designers qui parfois en arrachent avec les limites qu'on leur impose: on voit aussi plusieurs entrevues tout au long de l'émission avec les participants, des liens et des amitiés se créent, mais aussi de la rivalité, particulièrement avec une des participantes qui devient assez machiavélique et tente d'élaborer des stratégies pour gagner à tout prix. Il s'agit bien entendu d'une émission de télé-réalité où tous doivent donner leur meilleur sans quoi ils seront éliminés. Après quelques épisodes cependant, on arrive facilement à déterminer les plus forts du groupe et on se doute du résultat final quant aux trois finalistes qui remporteront la chance de monter une collection complète et de la montrer lors du fameux 'Olympus Fashion Week' à New York. En plus, un gagnant parmi ces trois finalistes se méritera un prix de 100 000$ pour partir sa propre ligne de vêtements, en plus d'une couverture complète de la collection dans le magazine Elle. Ce que j'ai apprécié dans l'émission, c'est que n'importe qui peut l'apprécier, bien sûr en ayant un certain intérêt pour le monde de la mode, mais il ne faut pas de connaissances poussées pour apprécier le travail des designers.
Mentionnons qu'à chaque semaine, les designers doivent choisir le mannequin qui portera leur création sur le 'Runway' et que ces dernières ont elles aussi un concours à remporter: chaque semaine, une d'entre elles sera éliminée et la dernière qui sera associée au designer gagnant remportera aussi la couverture complète dans le magazine Elle ainsi qu'une très grande visibilité dans le milieu. J'ai beaucoup apprécié la balance entre le côté artistique et le côté télé-réalité, car malgré le but ultime de ce concours, l'émission reste avant tout une émission de télé-réalité: les participants devant cohabiter ensemble durant la durée de leur séjour, on voit des cliques se former, ainsi que des liens entre designers et mannequins.
Au niveau des suppléments, on retrouve d'abord une série de documentaires intitulée 'WEAR are they now?', qui raconte ce que certains des designers sont devenus après l'émission. C'est vraiment une bonne chose que les productions aient pensé à l'y inclure, parce que souvent après les émissions de télé-réalités, on qualifie souvent les candidats de 'stars jetables': ils ont leur bref moment de gloire, et ensuite reviennent au monde de l'anonymat. Dans le cas de "Project Runway", on a bien sûr le ou la gagnante qui a eu l'occasion de présenter sa collection complète dans un reportage pour le magazine Elle, mais aussi plusieurs autres candidats qui racontent ce qu'ils ont accompli après être passés à l'émission. On a ensuite les scènes supprimées, regroupées dans la section 'Deleted SEAMS': c'est amusant à écouter, mais on comprend pourquoi ça a été retranché puisqu'en gros, il s'agit surtout de conversations entre les participants dans leur appartement, où on les voit boire et rigoler. Finalement, une galerie de photos clôt le tout, montrant les créations de chaque designer individuellement.
Côté technique, l'émission est présentée en format plein-écran, et semble avoir été tournée à l'aide d'une caméra vidéo numérique. La qualité y est dans l'ensemble, les couleurs sont relativement bien rendues, mais à certains moments, on remarque beaucoup de grains dans l'image. Au niveau du son, il est regrettable d'avoir seulement une piste stéréo puisqu'on a régulièrement de la musique dans l'émission, particulièrement lorsque les créations sont présentées et que les mannequins défilent sur la scène, mais au niveau des dialogues ça passe sans problèmes.
En somme, une très belle édition DVD: ceux qui apprécient le domaine de la mode devraient se la procurer, pour les autres, jetez-y un coup d'œil, ça vaut quand même le coup. Pour faire changement, l'émission juge ses candidats sur leur talent, et non pour leur beauté ou leur charme. Êtes-vous 'in' ou 'out'?
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |