Shawn Spencer (James Roday) a grandi à Santa Barbara, en Californie, élevé par un père policier (Corbin Bernsen) qui lui a montré les vraies valeurs de la vie. Il a toujours eu comme ami Gus (Dulé Hill), de son nom complet Burton Guster. Autant ils peuvent aujourd'hui être à l'opposé l'un de l'autre, autant ils semblent toujours inséparables. Leurs nouvelles aventures de détectives ont commencé lorsque Shawn est devenu un suspect aux yeux de la police locale. Cette dernière aimerait bien comprendre comment ce jeune homme peut résoudre aussi facilement les enquêtes. Une seule réponse s'offre à eux: il est impliqué. C'est alors que pour échapper à cet injuste destin, il se fait passer pour un voyant. Mais s'il veut vraiment qu'on le croit, il va devoir aider la police dans une histoire d'enlèvement. Et ça fonctionne. Trop bien qu'il y prend goût et décide d'ouvrir une agence de voyant détective. "Psych" est né.
Depuis qu'il est enfant, Shawn a en fait développé une extraordinaire mémoire visuelle, associée à un esprit de déduction très développé et à une vision très précise. C'est surtout son père qui l'entraînait dans ces exercices. À 12 ans, il était capable de détailler les yeux fermés ce qu'il y avait dans un restaurant où il était entré quelques minutes auparavant. C'est ce don qui va lui servir pour se faire passer pour un voyant. D'un rapide coup d'œil, il relève les moindres indices sur une scène de crime et va rapidement en déduire ce qui a pu se passer. Mais au lieu de simplement le dire à haute voix, il va jouer au médium en transes faisant croire qu'il vient d'avoir une vision. Cela l'amuse beaucoup, mais c'est par contre moins le cas de son ami Gus, qui au début, ne le voit pas du même œil, lui qui est l'honnêteté incarnée et qui connaît bien les élans manipulateurs de son ami d'enfance. Mais même en le sachant, Shawn est encore capable de jouer des tours à Gus.
"Psych" est en quelque sorte le prolongement "moins hygiéniquement forcé" de Monk, autant au sens figuré qu'au sens propre. La série est effectivement diffusée juste après celle de Tony Shaloub sur le réseau USA Network. Répondant au principe des séries "mi-saison", les épisodes de Psych sont partagés en deux: une première partie, de sept ou huit épisodes, est diffusée à l'été ou début d'automne, c'est-à-dire entre deux saisons d'une série "régulière" (de mi-juillet à fin août pour la saison 2) et la deuxième partie est programmée en début d'année (janvier ou février), là encore durant la pause des autres séries. C'est ainsi que la deuxième saison de "Psych" débute sa programmation le 13 juillet 2007 à 22h00. Au Canada, la série est diffusée sur le réseau CH, mais malheureusement pas celui de Montréal (à moins de changements à venir).
Je dois bien avouer que ce sont les acteurs qui m'ont rapidement séduit. Alors que James Roday dans le rôle de Shawn est une vraie pile électrique à la verve facile, utilisant chaque situation, même la pire, à son avantage, Dulé Hill n'a pas besoin de parler pour montrer ses réflexions. En effet, ce dernier, un jeune acteur noir, a tout d'abord une tête d'enfant sur un corps d'adulte (malgré ses 32 ans). Mais que dire de ses mouvements du visage, des yeux à la bouche, du front au menton. Il y a toujours une expression différente selon le moment. On sait immédiatement ce qu'il pense des actions "limites" de son ami Shawn seulement en le regardant. C'est à la fois très drôle, mais aussi parfait dans l'histoire. Mais le tableau ne serait pas complet sans le lieutenant Carlton Lassiter (Timothy Omundson), le premier à avoir douté de Shawn... et certainement le seul qui doutera jusqu'à la fin. Malheureusement, il sait mieux douter qu'enquêter. Et dès que le jeune Spencer arrive dans le décor, il résout l'énigme bien plus rapidement que Lassiter, ce qui n'arrange rien entre eux. Les sujets de cette saison sont si variés que je préfère vous laisser la chance de les découvrir, en gardant à l'esprit que pour chaque cas, la solution n'est pas toujours celle que l'on pense.
Universal nous propose cette première saison de 15 épisodes sur quatre disques (qui auraient mérité une meilleure répartition, car nous retrouvons dix épisodes sur seulement deux disques). Nous avons le plaisir de pouvoir regarder la série au format panoramique, qui n'est pas actuellement le format de diffusion. L'image est dans la moyenne pour une série télévisée, sans éclats, mais sans défauts particuliers. Une piste sonore Dolby 5.1 est aussi proposée, ce qui permet d'apprécier les ambiances des différents lieux, les effets arrière étant alors bien représentés. Les pages de menus sont fixes, mais accompagnées de la chanson thème.
Concernant les suppléments, nous avons là une autre belle (mais rare) initiative d'Universal, car ce coffret déborde pratiquement. Les bonis sont répartis sur les quatre disques, avec malgré tout un regroupement plus conséquent sur le premier, choix inusité. C'est ainsi que nous pouvons y voir la version "internationale" du pilote, qui se caractérise principalement par 12 minutes supplémentaires, surtout des scènes plus longues et quelques rajouts tout au long de l'épisode. Cela permet surtout d'approfondir certaines situations. Toujours sur le premier disque, un trois minutes vidéo de l'audition de James Roday (qui semble bien savoir comment mettre dans la poche la production, mais dans le bon sens du terme) et un documentaire de promotion d'environ 30 minutes, découpé en trois parties: Psych Revealed, Inside the Writer's Room et Character Profiles. Nous avons des entretiens avec les acteurs principaux, les producteurs, le créateur et les auteurs, où chacun nous parle de son approche avec la série, le tout accompagné d'extraits de tournage. Nous apprenons ainsi que Dulé Hill (Gus) aime beaucoup son rôle qui l'éloigne de celui de The West Wing, mais avoue qu'il ne sait pas s'il pourra le faire pendant cinq ans, par exemple. On y voit aussi un James Roday plus calme que dans son personnage de Shawn, mais dont on devine malgré tout la verve sous-jacente. D'ailleurs, on n'aura pas de mal à penser que James ne doit pas toujours respecter le texte initial et qu'il doit rajouter quelques expressions personnelles. C'est ce qui doit alimenter les scènes supprimées que l'on a dans "Blooper Reel". Inévitable, car le rire étant souvent communicatif, ça fait du bien. Enfin, une piste de commentaires est disponible sur le pilote avec trois des principaux producteurs, dont le créateur Steve Franks. À noter que le pilote est un peu différent du reste de la série (c'est aussi un peu le rôle de ce premier épisode de planter les bases, quitte à les modifier par la suite pour s'adapter).
Pour les autres suppléments, il suffit de regarder les autres épisodes sur les trois disques suivants. Sur chacun, on y trouvera des scènes supprimées sur quelques épisodes, ainsi que des pistes de commentaires sur au moins un épisode par disque (et parfois plus). Pour revenir à ces commentaires, le créateur Steve Franks y est pas mal généreux, n'hésitant pas à nous faire remarquer les erreurs de tournage et surtout les problèmes de tournage dus à la localisation des lieux, comme je l'explique plus loin. James Roday et Dulé Hill y sont aussi parfois présents, comme pour le second épisode, et nous avons alors pratiquement droit à une heure de spectacle supplémentaire, ce que nous ne nous plaindrons pas. À chaque fois, les intervenants sont généreux de leurs remarques et ne se privent pas de faire remarquer des situations anecdotiques liées au tournage, surtout, comme je le disais, les nombreuses improvisations de James Roday.
"Psych" est une série qui se regarde par pur divertissement, et de ce point de vue, elle remplit parfaitement son rôle. Mais il ne faut pas y chercher la série sans erreurs. En effet, censé se passer à Santa Barbara, en Californie, le tournage se fait en fait à Vancouver, Colombie-Britannique. Question similitude de climat, on repassera! Les yeux attentifs ne manqueront pas d'apercevoir ça et là quelques plantes tropicales extérieures qui se retrouvent, par exemple, au pied d'un panneau de signalisation, le long d'une route bordant une forêt de pins... un jour de pluie. En fait, ce genre de petites constatations, il y en a beaucoup. Il en va de même pour les continuités de scènes, surtout entre les plans extérieurs (que l'on retrouve tout au long de la série, la madame qui passe sans arrêt devant les locaux de la police de Santa Barbara doit être fatiguée à la longue) et les vrais endroits de tournage. Bref, le genre d'erreurs qui pourraient m'agacer, mais que je regarde ici du coin de l'œil en me disant que le propos est de me divertir et non de me faire jouer au jeu des sept erreurs.
Les coups de cœur arrivent de temps en temps. Pour moi, c'en est un vrai. Du plaisir simple avec une troupe d'acteurs qui s'amusent et qui nous amusent, dans des situations sérieuses et bien imaginées. J'ai hâte de voir la deuxième saison qui bénéficie de la grande popularité de la première et qui attire des artistes invités d'un calibre un peu plus élevé. Dès le premier épisode, nos deux compères devront participer à un concours de chant genre American Idol pour appréhender un suspect qui en veut au juge principal. "Psych" est vraiment un divertissement qui ne cherche pas à se prendre au sérieux et qui réussit un mélange des genres uniques que des séries comme Moonlighting ou Remington Steele avaient déjà su mener à terme. Si vous vous reconnaissez dans le style, je vous recommande sans aucune hésitation cette série. Et je suis certain que, comme moi, vous prendrez plaisir à la regarder plusieurs fois.
| Film | 9 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 10 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |