Je me rappelle, il y a quelques années, m'être demandé pendant un moment si l'émission COPS, présentée sur le réseau américain FOX était vraie ou si c'était de la fiction. Et il m'a fallu un bon moment pour admettre (même si j'en doute peut-être encore) que des corps policiers aient accepté d'avoir avec eux une caméra pour filmer leurs missions. Aujourd'hui, ce genre d'émission, qu'on appelle communément de la "télé-réalité", est monnaie courante. Tellement, que si nos amis de Reno 911 ne caricaturaient pas à l'extrême certaines situations, on se croirait encore à regarder de vrais patrouilleurs à l'œuvre.
Paramount nous propose donc de retrouver au complet la deuxième saison de "RENO 911", le même jour que commence sur les écrans du réseau Comedy Central la troisième saison de cette désopilante parodie policière. Cette série, composée de seize épisodes diffusés de juin à septembre 2004, relate les faits et gestes des policiers du bureau du shérif de Reno, sous les ordres du lieutenant Jim Dangle (Thomas Lennon). Chaque épisode est bâti exactement comme la série COPS. On assiste à la réunion matinale de l'équipe et ensuite on suit une patrouille en faction à l'aide de caméras embarquées ou avec un cadreur accompagnant les patrouilleurs (on pourrait se demander, à ce point, où est le cadreur lors des déplacements en voiture, car la vue de l'intérieur du véhicule est faite à partir d'une caméra montée sur le tableau de bord, et on ne voit personne assis à l'arrière). Chacun des policiers a un trait distinctif qu'il ne veut pas forcément mettre de l'avant. Ainsi, Jim Dangle est un homosexuel qui ne s'assume pas du tout, mais qui se plaît à porter en permanence un short bien moulé. Il y a aussi Clémentine Johnson (Wendy McLendon-Covey), la belle policière blonde à la poitrine opulente et un peu trop à l'étroit dans sa chemise, Travis Junior (Robert Ben Garant) qui ne quitte jamais son gilet pare-balles et ses lunettes noires (sauf dans le dernier épisode de cette saison, ce qui donne une certaine raison). Il y a aussi le Mexicain James Garcia (Carlos Alarzraqui), le plus ancien de tous et peut-être le plus raisonnable, Trudy Wiegel (Kerry Kenney), la trop naïve et suicidaire en mal d'amour, S. Jones (Cedric Yarbrough) et Raineesha Williams (Niecy Nash), les deux policiers de couleur qui veulent absolument représenter leur minorité apparente. Et le mélange de toutes ces facettes donne parfois des résultats plutôt explosifs. S'il existe des familles "dysfonctionnelles", voici certainement la première patrouille de police à posséder de graves dysfonctionnements psychologiques. Sauve qui peut, le peuple libre.
Les sketches sont nombreux (il y en a au minimum quatre ou cinq différents dans chaque émission) et de niveau inégal, mais très souvent assez drôles. Les situations sont à la limite de la caricature et on espère seulement que la vraie police ne fait pas comme ça. On se rend compte qu'on y aborde des sujets très variés, de la vieillesse qui dérange à l'Islam qui n'a pas sa place, des infirmes qu'on laisse à eux-mêmes aux voleurs avec qui on veut bien faire un marché (lucratif, bien entendu). L'équipe de "Reno 911" se moque même d'elle-même en arrêtant un faux fuyard qui dit reconnaître les acteurs du show et crier qu'il ne rate pas une émission, pendant qu'ils continuent de le fouiller et de le menotter. Deux présences inhabituelles dans le show: le chanteur Kenny Rogers et l'acteur Danny deVito. Ce dernier est en fait un des producteurs de la série et il avoue même dans son segment n'avoir jamais regardé un seul épisode. L'aspect improvisation, comme si tout se passait au moment où c'est filmé, donne encore plus de réalisme à cette fausse télé-réalité. Ne pas manquer certaines présences rapides dans le dernier épisode de la saison, pendant la présentation de la nouvelle équipe: Sean Young, Lorenzo Lamas, Donna D'Errico (Baywatch) et Lou Ferrigno, reprenant les personnages de l'ancienne équipe. Mais il faut attendre la troisième saison pour savoir ce qui se passe avec eux.
Le produit étant à l'origine une émission de télévision, nous avons donc une image plein écran mais d'excellente qualité. Il faut dire que les extérieurs très ensoleillés donnent de très belles couleurs. Et comme dans une émission où tout peut arriver, certaines prises de vues, de nuit ou dans le feu de l'action, sont moins nettes et plus floues. Mais c'est voulu. La seule piste sonore est très claire, chaque personnage portant un micro. On appréciera aussi la page de menu pour accéder aux épisodes avec une petite animation sur un balayeur d'ondes. Il n'y a pas de sous-titres, mais les épisodes sont codés pour malentendants. Les seize émissions sont réunies sur trois disques, eux-mêmes dans trois boîtiers minces avec sur la face interne des jaquettes plus de détails sur les épisodes ainsi que quelques photos de la série.
Les suppléments de cette seconde saison de "Reno 911" sont satisfaisants. Il y a tout d'abord des pistes de commentaires sur quatre épisodes. Un peu à l'image des patrouilleurs, ce sont deux par deux que certains acteurs officient en tant que commentateurs. On trouve ainsi Yarbrough et Nash sur l'épisode 10, McLendon-Covey et Alazraqui sur l'épisode 11, Lennon et Ben Garant sur l'épisode 14 et Kenney et le réalisateur Michael Jann sur l'épisode 16. Autant dire que les commentaires, qui n'en sont pas vraiment, sont surtout l'occasion pour les acteurs d'en rajouter encore par rapport aux épisodes visionnés, d'autant plus que le choix est souvent bien fait. Puis, sur le troisième disque, il n'y a pas moins de 90 minutes de scènes rejetées ou alternatives, en 13 segments. Il s'agit souvent de scènes complètes qui ont ensuite été remontées (à la baisse sur la durée) pour apparaître dans les épisodes. Enfin, enregistrée au "HBO's 2004 U.S. Comedy Arts Festival", une prestation en public de toute l'équipe lors d'un faux séminaire intitulé "Drug Arrest Prevention". D'une durée de plus de 40 minutes, séparé en deux parties, on reconnaît parfaitement le type d'humour de la troupe et on se demande toujours ce qui est vrai et ce qui est faux, comme pour la venue sur la scène d'un spectateur.
Petit bémol que j'explique mal: la mention "Uncensored" qui figure sur le boîtier. En effet, la seule chose qui n'ait pas été censurée, c'est le langage employé. Par contre, les "flous" sur l'image (pour ne pas voir de poitrine dénudée ou de parties intimes dévoilées) sont toujours présents. Il s'agit donc d'une levée de censure partielle, il faut le savoir.
Cette seconde saison se termine sur un événement important qui risque d'apporter d'énormes changements au bureau du shérif de Reno. Qui allons-nous retrouver exactement en poste lors de la troisième saison? Gageons que nous ne devrions pas avoir trop peur des conséquences et que le Lieutenant Dangle et ses drôles de coéquipiers sauront reprendre la place... qu'ils n'auraient jamais dû avoir finalement. Je veux bien croire que Reno est la "plus grande petite ville" du monde, du point de vue sécurité, je privilégierais plus Las Vegas. À moins que vous ne préfériez l'aventure avec un grand A. Un show inédit à découvrir absolument.
| Film | 8 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |