À priori, cela semblait être une série dans laquelle deux amis de longue date tentaient de parvenir à leur fin dans un monde comme le nôtre. Malheureusement, il s'agit d'une toute autre recette, celle-ci bien plus éculée : deux saisons dans la vie de Rob Dyrdek et Big Black. L'un est un amateur de skate ayant fait plus ou moins son argent (plus plein que moi du moins) et l'autre est son garde du corps personnel et ami de 400 livres et... vous l'aurez deviné, il est noir d'où l'intelligence de son surnom (aïe).
Comme les riches peuvent se payer des tranches de vie que le commun des mortels ne peut imaginer. En effet, c'est sous cet astre que les deux premières saisons nous sont présentées. Les péripéties vécues par nos deux protagonistes comportent des excentricités telles que l'adoption d'un chien, la conception d'un jeu vidéo, la crémaillère de leur chez-soi, et j'en passe. Ce tandem voulu comique par la télévision pose ici son regard de riche sur la société qui "ne les laisse pas suffisamment faire ce qu'ils veulent". Au nombre de visites ou rencontres avec des agents de la loi, nul doute que la première chose passant par la tête de l'un ou l'autre de ces lascars est qu'il pourrait y avoir un circuit ne tournant pas rond chez eux. Erreur puisqu'ils continuent dans le délire. Le garde du corps multiplie les scènes grotesques de se montrer le body (pas rassurant du tout) tandis que son maigre acolyte ne cesse de faire le pitre avec sa planche ou met de l'avant son manque de culture (et de maturité) évident : preuve à l'appui : son ami ayant passé la nuit à l'extérieur dans une tente, Rob juge bon de le réveiller en sautant du haut d'un mur de béton de deux mètres pour atterrir sur le corpulent homme. C'est drôle ça? Et que fait-on de la considération physique d'autrui? En tout cas, avec un ami comme cela, aucun besoin d'ennemi.
Véhicule constituant en un étalement des richesses matérielles et de crétineries profondes, "Rob & Big" la série ne possède tout bonnement que très peu de viande autour de l'os. Il s'agit simplement d'une autre sorte de télé-réalité dans laquelle le spectateur est témoin, impuissant, des clowneries (le mot aurait été tout autre) de bas étage du duo pas drôle et irrespectueux, aveugle de la chance qu'ils ont de jouir d'une telle liberté. Aucune réelle réflexion à faire si ce n'est du constat aberrant de la télévision à cette heure actuelle. Néanmoins, il y a quelques points positifs. Pas nombreux, mais ils existent. Tout d'abord, l'amitié est un thème récurrent dans chaque épisode puisque Rob et Big vivent sous un même toit. Ensuite, le respect mutuel, malgré les pitreries recensées, dominant le sous-texte (il y en a un!!!) de la série. C'est tout. C'est peu, mais mieux que rien.
En guise de suppléments, nous avons droit à des scènes coupées (qui n'amènent vraiment rien de neuf), plusieurs ajouts de scènes de Meaty (le chien de Rob), des conseils pour le skate, des entrevues, un pot-pourri de la saison 2, davantage de moments avec l'oncle Jerry, un clip vidéo et une apparition sur le réseau MTV. Tout ça, c'est bien joli. Cependant, ça n'amène rien de frais hormis des gags gras pas drôles et une pléthore de scènes à faire froncer des sourcils.
L'image est bien présentée. Les couleurs sont correctes sans plus et la saturation n'a rien d'un travail acharné d'auteur livrant le chef-d'œuvre de sa vie. Filmée avec une caméra épaule, la résolution n'est pas la meilleure et aurait bénéficiée d'une mise à jour. Les actions sont bien définies, quoique un tant soit peu floues. Quant au son, il livre la marchandise régulière sans faire de prouesse. Peut-être le véritable avantage, si vous avez des enfants et aimez cette série, est la possibilité de censurer les vulgarités par l'option présente. Cela n'enlèvera en rien les images grossières, mais l'anglais de votre bambin demeurera sain et sauf. La page principale est animée et à la manière de la pochette du coffret. Une musique typique de la série (tapageuse, quoi) accompagne le tout. Pour le reste, c'est fixe et muet. La facture habituelle qui ne dépasse pas la commande, en somme.
"Rob & Big" constitue un divertissement, certes, mais ne volant pas très haut. Il est décevant de constater que plus de chaînes télévisuelles optent pour la facilité de prêter une caméra et filmer des pitreries plutôt que se concentrer sur des histoires ou des portraits de personnes ayant mis à contribution leur talent ou ayant fait avancer la société ou les arts. Loin des Stanley Kubrick ou Pedro Almodovar de ce monde, ce coffret est pourvoyeur d'un enchaînement de gags simplistes et mongoloïdes qui ne font rire personne.
| Film | 4 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |