Shōgun
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Jerry London
Année: 1980
Classification: 14A
Durée: 547 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 44
Nombre de disques: 5 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca Archambault.ca
Le roman sur lequel ce film est basé est disponible chez : Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Albert
4 octobre 2003

"Shōgun" est une minisérie basée sur la fortement populaire œuvre de James Clavell qui s'est vendue à des milliers d'exemplaires (par exemple, j'ai entre mes mains la dix-neuvième impression de ce livre qui fut produit à peine seize mois après le premier lot. Assez impressionnant pour un livre de 1200 quelques pages! L'histoire, se passant au dix-septième siècle, parle d'un navigateur anglais, d'un invincible seigneur japonais et de la belle femme qui est déchirée entre deux hommes lui offrant deux modes de vie et d'amour différents, le tout enrobé dans une saga historique des plus fabuleuse.

Lorsque le navire de John Blackthorne (Richard Chamberlain) s'échoue sur les côtes du Japon, après s'être enfui d'une bataille sur celles du Nouveau Monde, ce dernier était loin de s'imaginer l'aventure qui le guettait. Les Japonais sont des gens avec des coutumes très différentes des siennes, il fallait s'y attendre. Mais jamais il n'aurait cru à avoir affaire à des Jésuites et des Espagnols qui veulent sa mort et au grand jamais aurait-il pensé trouver l'amour dans une traductrice japonaise, Lady Mariko (Yôko Shimada) ainsi que des amis dans les communautés japonaises qu'il visitait. Jamais non plus il aurait pu concevoir que le seigneur Toranaga (Toshirô Mifune), grand maître militaire de l'est, fasse de lui un membre de son personnel et plus tard un Samouraï, un titre jamais offert à un étranger.

Il deviendra pendant ce temps un nouvel homme courageux et honorable qui sera respecté de ces étrangers qui le considèrent, à peu de choses près, un des leurs. Il se fera même des amis parmi ses ennemis. Anjin, le nom donné à Blackthorne par les Japonais, sera le témoin de d'une grande guerre de pouvoir entre Toranaga et Ishido (Nabuo Kaneko) dont le but final est l'accès au titre de Shōgun, maître ultime militaire du Japon. Anjin est un pion dans ce jeu alors que tout ce qui compte pour lui est Lady Mariko et capturer le "Black Ship" espagnol qui vaut une fortune en soie et en or. La politique et les coutumes du pays font que son amour pour Mariko est semé d'embûches, mais tout comme le reste, il se tient tête haute et fonce droit devant.

Il est difficile de résumer plus de neuf heures de programmation sans trop donner d'information, car tout est interrelié. Ce que j'ai trouvé intéressant dans ce film, c'est que nous ne comprenons pas plus les Japonais que Blackthorne puisqu'il n'y a pas de sous-titres (seules les paroles anglaises des personnages sont sous-titrées). Alors, nous apprenons à les comprendre au même rythme que le personnage principal. Je vous dis que j'avais vraiment l'impression de suivre un cours de Japonais en même temps que lui. Parmi les études de la langue, nous retrouvons plusieurs séquences qui parlent des coutumes japonaises et le pourquoi de celles-ci.

Les acteurs sont très intéressants dans cette série que nous ne pouvons faire autrement qu'aimer. Toshirô Mifune est totalement crédible dans son rôle d'un sage homme d'expérience et fait belle tête en compagnie de Richard Chamberlain qui a su nous faire ressentir la tension de l'incompréhension de ce qui nous entoure en plus de nous faire rire un moment et nous passer au drame à une autre occasion. J'ai bien apprécié aussi John Rhys-Davies qui jouait le rôle de Vasco Rodrigues, un navigateur espagnol qui sait bien vivre avec son ennemi anglais. Dans tout bon film, ça prend des méchants et "Shōgun" a son lot qui se traduit en Jésuites et en Espagnols, mais pas tous aussi croches que nous pourrions le croire. La splendeur de la cinématographie m'a émerveillé. Étant donné que le tout est tourné en format plein écran, le réalisateur a utilisé les hauteurs des paysages afin de nous offrir le panorama du Japon.

Plusieurs personnes à qui j'ai parlé de cette impressionnante sortie sur DVD me disaient "Ah… avec Richard Chamberlain… Ça ne m'intéresse pas."… Qu'à-t-il fait pour que les gens le détestent au point de lever le nez sur une telle série? Pourtant, il est pour plusieurs le roi des miniséries des années 80 avec entre autres "Shōgun" et "Les oiseaux se cachent pour mourir" (The Thorn Birds). Serait-ce à cause de son autobiographie Shattered Love dans lequel il avoue avoir caché son homosexualité durant toute sa carrière? (ce qui rend une phrase au début de "Shōgun" très comique lorsque nous savons ce détail). Quelqu'un m'a fait remarquer que je n'aime pas Ingrid Bergman de la même façon qu'il n'aime pas Chamberlain, ce qui prouve que tous les goûts sont dans la nature.

Le coffret est fait pour ceux qui veulent visionner la série comme si c'était un film. Contrairement à plusieurs miniséries présentées sur DVD nous pouvons voir les très longs crédits d'introduction qu'une seule fois sur le premier DVD et aucun autre flafla sur les autres disques. Originalement, "Shōgun" était présenté en dix épisodes alors qu'ici nous n'avons qu'un seul épisode divisé sur quatre DVD (un peu plus de deux heures par DVD), avec tout de même les fondus où les pauses publicitaires étaient situées.

La qualité de l'image va du très clair au quelque peu brouillé par un grain de fond, spécialement durant les fondus d'une scène à l'autre. Globalement, tout ce qui est présenté à la lumière du jour est très précis, mais l'action dans plusieurs scènes qui se déroulent dans la noirceur est assez difficile à distinguer. En règle générale, l'image est très satisfaisante pour une telle programmation destinée à la télévision qui date de plus de vingt ans. Pour ce qui est du son, nous avons droit à la piste sonore originale mono qui a été restaurée et une nouvelle piste sonore en Dolby Digital 5.1 qui ne m'a pas plus impressionné que cela.

Le menu de chaque disque est simple, présentant un dessin comparable à celui qui se trouve sur le dessus du boîtier du coffret. Parlant du boîtier, vous pourrez apprécier son très beau design qui consiste en une épée de Samouraï. À mesure que nous déplions celui-ci, les dessins sur chaque panneau s'associent pour laisser voir le dessin de plus en plus complet. Vraiment original! Le tout est très bien présenté et très représentatif de la série.

Sur le cinquième disque, nous avons les suppléments. D'abord, un documentaire nous explique les phases de la production du film, soit entre autres la scénarisation, de casting de chacun des personnages principaux, les endroits de tournages (Nagasaki, Toho Studio), les costumes, les bateaux, la scène du tremblement de terre et la post production. Ils parlent aussi des ajustements à cause du choc des cultures autant dans les relations avec les employés japonais et du côté technique qui était étonnamment 20 ans en arrière pour ce qui était du film. Le documentaire finit avec la surprise des gens de la production du nombre de téléspectateurs qui visionnaient la série soir après soir et de l'effet éducationnel que celle-ci a eu sur l'Amérique.

Suite à cela, nous retrouvons trois documentaires sur la perspective historique des samouraïs, des geishas et de la cérémonie du thé qui sont assez intéressants du fait où des experts en la matière nous expliquent le sujet de long en large. Pour finir, le réalisateur Jerry London nous donne ses commentaires sur quelques scènes (il ne pouvait pas faire une piste de commentaires durant les 574 minutes qui composent la série!) et malgré les très courts extraits, il trouve quand même le temps de faire des silences dans ses propos. Il est intéressant dans son discours, mais la plupart des informations avaient déjà été transmises durant le premier documentaire sur ce disque.

J'ai passé du bon temps à visionner cette série pour laquelle, je dois l'avouer, j'avais tourné les yeux dans ma jeunesse, car les minisérie ne m'intéressaient pas du tout. Je vous incite à vous procurer le coffret de cette fantastique histoire, surtout si vous êtes dans mon cas. Pour les fans, l'ajout des suppléments et une qualité audio-visuelle intéressante en font un objet de collection.


Cotes

Film8
Menu4
Suppléments7
Vidéo7
Audio7