Les voyages dans le temps? Vous connaissez? Alors, oubliez donc tout ce que vous savez là-dessus, car nos amis de "Sliders" ne voyagent pas dans le temps, malgré les apparences. Ils restent eux-mêmes, à la même date et dans le même coin de pays. Leur voyage consiste à se déplacer d'un monde parallèle à un autre. Ils se retrouvent donc dans un environnement qui a subi une évolution différente selon une théorie toute simple: que serions-nous aujourd'hui si, par exemple, les dinosaures n'avaient pas été exterminés, si la Terre avait subi des cataclysmes plus importants, si les alliés n'avaient pas gagné la Seconde Guerre mondiale, si telle ou telle invention n'avait pas été découverte, etc. À chaque "glisse" (slide), il faut donc qu'ils composent avec un monde nouveau, tout en étant toujours eux-mêmes. Mais attention, parfois leur double de l'endroit peut aussi être là.
Puisque nous n'avions pas eu le plaisir de vous critiquer le premier coffret de Sliders, qui comportait la première et deuxième saison, permettez-moi de faire un résumé de l'histoire. Quinn Mallory (Jerry O'Connell) est un jeune étudiant surdoué. Il découvre un jour la possibilité de voyager dans des mondes parallèles en créant des vortex d'énergie. Pour son premier voyage inaugural, il invite sa collègue Wade Wells (Sabrina Lloyd) ainsi que leur professeur Maximillian Arturo (John Rhys-Davies). Mais Quinn juge mal l'énergie nécessaire pour ce premier essai et le vortex est plus puissant que prévu. Il aspire en même temps Rembrandt "Cryng Man" Brown (Cleavant Derricks), un chanteur qui passait en voiture devant la maison de Quinn. Cet incident entraînera un autre élément des plus fâcheux: nos quatre aventuriers sont désormais prisonniers des mondes parallèles dans lesquels ils glissent de l'un à l'autre sans pouvoir revenir dans le leur.
Les 25 épisodes de cette troisième saison ont été diffusés entre septembre 1996 et mai 1997 sur le réseau américain FOX. Après une première saison qui ne comportait que dix épisodes et une seconde saison qui n'en comportait que douze, cette troisième n'offre pas moins de 25 épisodes d'une heure (de diffusion TV avec les publicités). Autant dire que le succès a été là. Il y a au total cinq saisons pour 87 épisodes. Alors que les deux premières saisons avaient été tournées à Vancouver, cette troisième saison l'a été à Hollywood et dans la région (les habitués reconnaîtront certainement les décors du parc "Universal Studios" par moments). La série a connu de nombreux changements de production durant ses cinq années. Mais c'est son passage vers Sci-Fi Channel qui permettra d'améliorer les effets spéciaux plutôt rudimentaires jusque-là. Mais dans le même temps, l'équipe des quatre aventuriers commencera à s'effriter. Déjà John Rhys-Davies ne voulait pas faire cette troisième saison. Il a accepté à condition que son personnage disparaisse en cours de saison. Pour ce qui est des autres modifications, elles ne concernent pas vraiment cette troisième saison et donc seront l'objet de remarques lors de la critique des prochains coffrets.
Le coffret que nous propose Universal nous donne un produit techniquement très correct. L'image des épisodes est généralement claire et précise, avec le petit manque de netteté que les productions télévisuelles nous habituent, même si celle-ci n'a qu'une dizaine d'années. Quelques défauts dans l'image sont parfois visibles. Une petite erreur s'est glissée sur les informations sur le boîtier: la bande sonore anglaise n'est pas en Dolby Digital 2.0 mono mais bel et bien en Dolby Surround. Cela rajoute un peu d'ambiance dans les hauts-parleurs arrière. La page principale du menu est animée et sonorisée. Les pages secondaires sont statiques et muettes. Un résumé de chaque épisode avec sa date de diffusion est disponible.
Près de deux heures de suppléments dans un coffret de série TV chez Universal. Quelle joie! En fait, même si c'est catalogué comme suppléments, la plupart sont composés d'un épisode de la série Earth 2 ("The Man Who Fell to Earth", mais seulement la deuxième partie!) et un autre de la série Cleopatra 2525 ("Quest For Firepower"). Ce qui n'a pas vraiment de rapport avec notre sujet. Le seul vrai supplément qui a un rapport avec "Sliders" consiste en un petit montage d'à peine cinq minutes de scènes ratées. Malheureusement, la qualité visuelle de ce montage est vraiment mauvaise. Et les trous de mémoire des acteurs ne sont pas tous à se rouler par terre. Curieusement, il existe sur Internet une version trois fois plus longue de ce montage fait par deux amateurs (d'où la qualité). Il semble que celui que nous avons ici en est une version modifiée (il y a dans le montage original des extraits de films pour lesquels il fallait payer des droits et d'autres segments moins gratifiants). Faites une petite recherche et vous trouverez (indice: dimension of continuity). Mais sinon c'était un bel effort de la part de Universal. On va, comme d'habitude, espérer mieux la prochaine fois.
Après avoir entendu les plaintes des acheteurs du premier coffret (où le rangement particulier des six disques abîmait ces derniers lors de la manipulation répétée de les sortir et de les remettre), Universal a modifié cette partie tout en gardant l'aspect original du premier coffret, à savoir un demi-fourreau de carton qui laisse entrevoir les disques dans leur logement sur l'autre moitié. De six, les disques sont maintenant quatre, mais doubles faces (sauf pour le quatrième). Le coffret que j'ai entre les mains diffère légèrement des illustrations déjà disponibles où les disques semblaient rangés dans des sections de plexiglas s'ouvrant comme un livre. Le coffret que j'ai reçu présente bien les disques dans des sections de plexiglas, mais à raison de deux disques par section (l'un par-dessus l'autre). J'avoue que c'est un peu moins pratique, car il faut enlever le premier disque pour prendre le second afin de ne pas les abîmer. Mais c'est mieux que le premier coffret. Les sections sont enveloppées d'un film plastique orange qui s'harmonise avec la couleur du demi-fourreau. Mais le petit coffret a beau être original, il manque cruellement d'informations. Et si, par malheur, le feuillet arrière se détache (il n'est juste que collé), il n'y a plus rien que le titre d'imprimé sur le demi-fourreau "chromé" et les minces indications sur les anneaux des disques doubles faces. Un petit plus informatif n'aurait pas été de trop.
Les amateurs ne manqueront pas de relever les retrouvailles de Jerry O'Connell et de Corey Feldman dans l'épisode "Electric Twister Acid Test". Ils avaient déjà partagé la vedette dans l'excellent film de Rob Reiner Stand By Me avec le regretté River Phoenix. À l'époque, à peine dix ans plus tôt, O'Connell avait une physionomie bien plus rondouillarde (comparé à son allure de mannequin d'aujourd'hui) et était, dans l'histoire, le souffre-douleur de Feldman. Et pour certainement faire un clin d'œil à ce film, on remarquera le signe particulier qu'ils se font à la fin de cet épisode de "Sliders" avec leurs mains, que l'on retrouve aussi dans Stand By Me. Parlant de physionomie qui change, que dire de celle de John Rhys-Davies, qui avait lui aussi perdu beaucoup de poids quand on l'a revu dans son rôle de Gimli dans la trilogie The Lord of The Rings.
Parmi les autres apparitions dans cette longue troisième saison, mentionnons celle de Charlie O'Connell, le petit frère de Jerry, qui avant de devenir un personnage récurrent dans la quatrième saison (en tant que frère de Quinn), a déjà joué d'autres rôles dans la série, notamment ici dans l'épisode "Dragonslide". Sinon, outre Corey Feldman, dont je vous ai parlé plus tôt, nous avons aussi parmi les rôles principaux de certains épisodes Roger Daltrey, Veronica Cartwright, Michael York (Austin Powers) et Robert Englund (Freddy d'Elm Street) pour ne nommer que ceux-là. À noter un événement tragique lors du tournage de cette troisième saison. L'acteur Ken Steadman s'est tué dans un accident de buggy en tournant l'épisode "Desert Storm".
Voici une série avec un scénario original, mais qu'un manque évident de budget vient souvent déprécier. Il n'est malheureusement pas rare qu'en plein milieu d'une situation dramatique, un sourire ne pointe pas sur notre visage en raison de la pauvreté de certains effets spéciaux. La quatrième saison devrait rétablir un peu la mise. On peut aussi regretter le manque de continuité des épisodes. La "glisse" de la fin de l'un n'est pas forcément (rarement) l'arrivée de la "glisse" au début du suivant (comme c'est le cas, par exemple, avec les voyages temporels de Sam Beckett dans Quantum Leap). Pour les amateurs de la première heure, "Sliders" s'arrête pratiquement à cette troisième saison: Max Arturo ne fait plus partie de l'équipe et Wade ne revient pas dans la quatrième saison. Sans parler des autres changements à venir. Mais n'anticipons pas et apprécions malgré tout cette très complète troisième saison d'une des séries de science-fiction des plus originales. Note finale: intéressant, mais peut faire mieux, malgré tout.
| Film | 7 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |