Le public adolescent représente une mine d'or pour les studios de télévision qui ne cessent de les courtiser. Après le succès des émissions comme Roswell et Sabrina the Teenage Witch et la fin imminente de Buffy: The Vampire Slayer, Warner Brother voulait continuer de cibler ce public. Or, un des avantages de WB est d'avoir sous son aile une compagnie dont la seule vocation est de créer des personnages qui sont par la suite testés sur un marché restreint (mais tout de même représentatif de la réalité). Cette compagnie n'est nulle autre que "DC Comics", qui détient les droits de célèbres personnages comme Batman, Wonder Woman, Flash et Superman. Bref, étant donné le succès remporté auprès des enfants avec ces personnages (Batman: The Animated Series, Superman: The Animated Series, Justice League, etc.), il était normal que l'on suive la même tendance pour les émissions télévisées destinées aux adolescents. Et c'est dans cette optique que Smallville a été créé.
"Smallville" est l'histoire de Clark Kent (Tom Welling), un élève discret de l'école secondaire de la petite ville de Smallville, dans le Kansas rural. Comme tous les adolescents de son âge, la vie de Clark est remplie de problèmes: l'école, les filles, les amis, les parents. Une fille en particulier lui fait tourner la tête depuis qu'il est tout petit: Lana Lang (Kristen Kreuk). Malheureusement, cette dernière est aussi la fille la plus populaire de l'école, et est la petite amie du capitaine de l'équipe de football. Mais Clark n'est pas un adolescent comme les autres: il détient des pouvoirs extraordinaires: il peut soulever des poids énormes, courir à des vitesses folles, voir à travers les murs, etc. L'explication de ces dons n'est connue que de ses parents (Anette O'Toole et John Schneider): lors d'une pluie d'astéroïdes, un vaisseau spatial contenant un bébé est tombé dans un de leurs champs. Puisqu'eux même étaient incapables de procréer, ils ont donc décidé d'adopter l'enfant, en cachant toute preuve de son origine. Clark doit donc vivre dans le plus grand secret, redoutant à tout instant qu'on découvre la vérité à son sujet.
Contrairement à la première saison dont les épisodes avaient à peu près toute la même formule, c'est à dire Clark combattant le méchant de la semaine, cette deuxième saison est nettement plus intéressante. Le triangle amoureux entre Chloé (Allison Mack), Clark et Lana se complexifie alors que les deux amies habitent ensemble et que Lana est nouvellement célibataire. Clark, de son côté, découvre de nouveaux pouvoirs, principalement sa "heat-vision" qui lui permet de chauffer des objets à distance. Il découvre aussi l'existence de la kryptonite rouge, dont les effets sont bien différents de ceux de la kryptonite ordinaire. Un autre pas important pour Clark, à cause de circonstances qu'il ne peut contrôler, est qu'il doit avouer son secret à Pete (Sam Jones III). De son côté, Lex (Michael Rosenbaum) continue sa relation ambiguë avec la population de Smallville, subissant constamment les pressions incessantes de son père (John Glover).
La particularité première de Smallville est de nous présenter l'adolescence de Superman, mais, au lieu de situer le dénouement dans les réelles années du Superman des bandes dessinées, l'action est transposée temporellement dans notre ère. Les raisons de ce choix sont en partie mercantiles, ne serait-ce que pour les coûts de production moins élevés. Mais le but est aussi de rejoindre une clientèle jeune, qui n'en a rien à faire de la continuité imposée par les bandes dessinées. C'est d'ailleurs la même approche qui avait été employée pour le film "Spider-Man". Mis à part ce détail, la continuité est assez bien préservée: ses amis sont les mêmes, ses parents ont les mêmes tempéraments, et les événements décrits ne sont pas en contradiction avec la continuité moderne (post "Crisis on Infinite Earth", pour les initiés...). Le seul autre détail non conforme est la présence de Lex Luthor: néanmoins, rien n'exclut fondamentalement cette possibilité non plus. Bref, en faisant abstraction de ces dérogations, les puristes sont tout à fait satisfaits. Aussi, pour ceux qui n'ont pas la chance de suivre les aventures de Superman sur papier, il est intéressant de faire remarquer que Pete Ross est présentement le vice-président des États-Unis et est marié à Lana Lang, alors que Lex Luthor vient tout juste d'être démis de ses fonctions de Président des États-Unis.
Malgré le fait que "Smallville" s'adresse à un public d'adolescents, l'émission ne les prend pour autant pour des imbéciles, contrairement à une certaine tendance actuelle des studios pour ce qui est des films. Bref, les personnages sont réalistes, mis à part peut-être le personnage de Lana qui est un peu idéaliste à l'extrême, au point où c'en est irritant ("I'm just triyng to find my place in this world"). Les scénarios sont donc bien écrits, et les intrigues bien tissés. Petit détail par contre au niveau de l'histoire: à part Chloé, personne ne semble se rendre compte qu'il se passe de bien étranges choses à Smallville, et que le taux de mortalité chez les élèves de l'école est particulièrement élevé (même problème que dans Buffy: The Vampire Slayer!). Néanmoins, en faisant abstraction de ce détail, tout le reste concorde. Du côté des acteurs, la plupart sont excellents, surtout au niveau des acteurs principaux. Se démarque particulièrement Michael Rosenbaum dans le rôle de Lex Luthor, qui arrive à personnifier toutes les subtilités et ambiguïtés du personnage à la perfection. Même si pour l'instant il n'en est rien, il est aisé de s'imaginer le tyrannique despote qu'il deviendra. Soulignons aussi la brillante performance du jeune Tom Welling dans le rôle de Clark, qui, lui aussi, nous laisse transparaître un Superman en devenir.
Une fois de plus, Warner continue d'impressionner au niveau de la qualité vidéo. Pour commencer, le transfert est impeccable; on ne remarque en aucun endroit saletés, taches ou égratignures. La calibration des couleurs est aussi très réussie. Les tons sont vibrants et purs; les habits de Clark sont particulièrement saillants, d'un bleu et rouge éclatant (on devine évidemment pourquoi...). Au niveau des tons de noirs, on ne dénote pas non plus de problèmes; la gradation est parfaitement adaptée aux scènes, et on ne constate aucun blocage. Le seul point négatif est la présence très parcimonieuse d'un très léger fourmillement. Bref, une excellente qualité visuelle, et c'en est d'autant plus impressionnant du fait que c'est une série télévisée.
L'aspect sonore est aussi très réussi. Tous les dialogues sont parfaitement intelligibles, sans aucun empiétement de la musique, des bruitages ou des effets. Avec un décodage ProLogic, on note d'ailleurs une très bonne ambiophonie, et ce, à tous points de vue. Les bruits ambiants, sans avoir la précision d'une piste 5.1, ont une bonne présence directionnelle, et la profondeur du champ sonore est bien exploitée dans les scènes qui le requièrent. La piste est aussi très dynamique, présentant de forts gradients en intensités dans plusieurs scènes. Au niveau des fréquences, toute la gamme est bien représentée, même aux extrémités du spectre. Bien sûr, l'appui fait par le caisson d'extrême-grave n'a pas toute la puissance qu'aurait procurée une piste 5.1, mais les explosions et autres sont tout de même frappantes. Avec toute cette qualité et attention aux détails, on se demande pourquoi Warner n'a pas opté pour une piste sonore discrète; le résultat aurait été encore plus substantiel. Le menu principal est animé, avec en arrière-plan la chanson "Save Me" de Remy Zero, la même que celle du générique de l'émission. Les autres menus sont aussi très clairs et bien hiérarchisés.
Comme suppléments, on nous présente pour commencer deux commentaires audio sur deux des épisodes, "Red" et "Rosetta" (l'épisode avec Christopher Reeves). Les premières sont faites par les créateurs Alfred Gough et Miles Millar et le scénariste Jeph Loeb, alors que les secondes sont faites par les acteurs Tom Welling, Kristin Kreuk et Michael Rosenbaum, ainsi que le producteur Greg Beeman. Les pistes faites par les premiers sont informatives et intéressantes, nous permettant de mieux comprendre les intentions des créateurs. Les pistes faites par les acteurs sont, quant à elles, très amusantes à défaut d'être informatives. Les trois acteurs ont de toutes évidence une excellente chimie, en particulier Rosenbaum et Welling qui ne cessent de se narguer mutuellement. Comme autres suppléments, on retrouve plusieurs scènes retranchées sur quelques épisodes. À voir ces scènes, on comprend que, contrairement à plusieurs scènes retranchées d'autres séries, celles-ci ont probablement été coupées pour des raisons de temps. C'est sur le sixième et dernier disque qu'on retrouve l'essentiel des suppléments. D'abord, on nous propose un documentaire sur Christopher Reeves ("Christopher Reeve: The Man of Steel"), plus spécifiquement sur son rôle dans l'épisode "Rosetta". Il nous parle de son expérience en tant que Superman et les acteurs lui rendent un vibrant hommage. Un autre documentaire, "Faster Than A Speeding Bullet: The Visual FX of Smallville", nous présente en détail les plus intéressants effets spéciaux, avec des commentaires des différents responsables. Ensuite, on nous présente un segment intitulé "The Chloe Chronicles" qui résume sous la forme de faux documentaires toutes les investigations de Chloé à propos des choses étranges qui se passent à Smallville. Les documentaires présentés sont bien faits, avec des interviews des personnages et des photos. Finalement, on nous présente une série de bloopers très amusants.
Bref, avec cette série de DVD, Warner continue sursur sa lancée pour ce qui est des séries télévisées, et fait un autre pas dans la bonne direction en ce qui a trait aux séries télévisées de superhéros sur DVD. L'annonce de la sortie prochaine de la série complète de Batman: The Animated Series et Wonder Woman laisse croire que Warner continuera d'aller de l'avant avec ce genre de coffret, ce qui est certainement une excellente nouvelle. Au niveau des suppléments, étant donné le lourd héritage qu'est la franchise de Superman, il aurait été intéressant d'avoir les commentaires des scénaristes et dessinateurs des comics actuels, comme le fait Marvel avec ses DVD de superhéros. Bien sûr, il y a le commentaire de Jeph Loeb et une courte apparition de Alex Ross dans un supplément, mais des interviews complets sur la série en général auraient été grandement appréciés.
Les épisodes de ce coffret sont:
| Film | 8 |
| Menu | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |