That's My Bush!
The Definitive Collection
Paramount Home Entertainment / Comedy Central

Créateurs: Trey Parker, Matt Stone
Année: 2001
Classification: PG
Durée: 176 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Ostiguy
29 octobre 2006

Comedy Central est un producteur et un diffuseur américain qui existe depuis une quinzaine d'années. À venir jusqu'à maintenant, cette entreprise s'est démarquée en offrant aux téléspectateurs des productions décapantes. Le politiquement correct, on ne connaît pas ça chez Comedy Central. Pour situer l'entreprise, disons que ce sont eux qui ont offert à l'imaginaire collectif américain le dessin animé controversé South Park. Inutile de préciser qu'ils ne font pas dans la dentelle!

En 1999, les créateurs du même South Park ont l'idée saugrenue d'élaborer un sitcom qui tournerait autour du véritable président américain. Au moment de la préparation du processus, on ignorait encore qui remporterait l'investiture de George W. Bush ou d'Al Gore. On imagina donc deux scénarios différents, l'un se moquant des républicains et de leurs politiques et l'autre tournant autour des démocrates. Bush ayant remporté l'élection (par la peau des fesses, rappelons-le), "That's my Bush" vit le jour. Mais peinant à se trouver un auditoire, la série fut retirée des ondes après la diffusion de huit épisodes seulement. Ce sont ces épisodes que l'on nous offre sur DVD aujourd'hui.

Le personnage central de la série est donc George W. Bush lui-même. Timothy Bottoms, l'extraordinaire comédien qui était si touchant dans The Last Picture Show de Peter Bogdanovitch incarne ici le président Bush. Il faut avouer que son interprétation est à la hauteur des espérances. Il ressemble beaucoup à Bush et parvient à la faire vivre sans tomber nécessairement dans la caricature. Bush est entouré de Laura, la première dame. Si Carrie Quinn Dolin ne ressemble pas beaucoup à la véritable Laura, elle parvient tout de même à être très drôle dans son rôle de pimbêche. C'est elle, en fait qui tient les rênes du pouvoir, reproche qui fut souvent fait par le passé à plusieurs premières dames, surtout du côté républicain. Autour du président, l'on retrouve également plusieurs autres personnages. Son organisateur politique, Karl Rove, est en fait le "straight man" de Bottoms. Il tente constamment de régler les problèmes créés par son président, qui n'est pas, précisons-le, une lumière. L'attachée de presse du président s'appelle Princess Stevenson. Interprétée par Kristen Miller, elle est la "dumb girl", essentielle à tout bon sitcom qui se respecte. On a également imaginé un improbable rôle de voisin casse-pieds, qui habite à proximité de la Maison Blanche et qui passe son temps à venir emprunter quelque chose à ses célèbres voisins. Finalement, soulignons la présence de Marcia Wallace, que je n'avais pas revue depuis l'époque où elle jouait la secrétaire de Bob Hartley dans The Bob Newhart Show, dans le rôle de la gouvernante. Je dois dire que Marcia Wallace, pour qui j'ai toujours eu un faible, n'a rien perdu de sa drôlerie et de son sens du timing. Au cours de la série, on voit apparaître de vrais personnages historiques. Par exemple, la mère de George W., Barbara, fait une apparition de même que Donald Rumsfeld et Dick Cheney.

Les épisodes traitent tous d'un sujet controversé, par exemple l'avortement ou les armes en vente libre. Mais il ne faut pas croire pour autant qu'ils prennent parti, et c'est ce qui est bien dommage. On présente les excès de chacun des deux côtés, se gardant bien de porter un jugement. Voilà pourquoi je considère "That's my Bush" comme une fausse série corrosive. Certes, il faut du courage pour produire une série qui met en vedette le vrai président des États-Unis, mais il faut bien avouer que le rôle principal est tout à fait interchangeable. On ne critique pas directement Bush et sa politique, et même on est souvent gêné par une impression de complaisance. La scène finale de chaque épisode nous montre Bush au lit avec Laura, tirant une leçon souvent moralisatrice de ses aventures et le rendant sympathique auprès des téléspectateurs. On ne peut s'empêcher alors d'associer ça à une tactique de marketing bien connue en politique: l'auto-dérision pour couper l'herbe sous le pied aux adversaires.

L'humour contenu dans chacun des épisodes n'est pas très haut de gamme. On est jamais très loin du pipi-caca. Mais bon, avouons quand même que l'on rit souvent de bon cœur si l'on se laisse prendre au jeu. L'épisode 2 intitulé "A Poorly Executed Plan" est tout simplement hilarant. Bush exécute lui-même un condamné à mort pour plaire à ses amis d'enfance qui l'accusent d'être ramolli depuis qu'il est président. Se sentant incapable d'appuyer lui-même sur le bouton, il engage donc une équipe de mimes pour jouer le rôle du condamné et des gardiens de prison. Il s'ensuit une scène très drôle, à l'humour acide, mais intelligent.

Côté suppléments, on a inclus des commentaires audio assez éclairants des créateurs de la série de même que de certains membres de la distribution.

Bref, "That's my Bush" n'est pas mauvais du tout. Il ne faut toutefois pas s'attendre à une attaque en règle de l'administration Bush, qui en était de toute façon à ses premiers balbutiements. C'est d'ailleurs ce côté complaisant qui m'a dérangé. Mais je serais curieux de savoir ce qu'il serait advenu de la série si elle avait survécu au 11 septembre et à la guerre en Irak. Les créateurs n'auraient alors pas eu le choix, à mon avis, de laisser voir davantage leurs positions.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments7
Vidéo9
Audio9