Directement inspiré du film éponyme de 1953, dont elle reprend d'ailleurs les images et l'histoire pour son générique d'ouverture, cette série, qui ne dura que deux saisons, se veut une suite au célèbre long métrage, 35 ans plus tard. Dans "War of The Worlds", la série, nous apprenons que si les bactéries avaient su venir à bout des envahisseurs de 1953, elles ne les ont pas tués pour autant. Ces derniers sont en fait en hibernation, attendant des jours meilleurs pour revivre et attaquer de plus belle la Terre. Ce sera à l'occasion d'un banal incident, qui tuera les bactéries héroïnes, que les extraterrestres pourront retrouver leur existence. C'est sans compter sur l'obstination d'un scientifique et d'une microbiologiste.
En 1988, Paramount, qui détient encore les droits de l'histoire originale, décide donc de faire une suite au film de 1953 (dont je vous propose de lire ou relire la critique de mon collègue Sébastien Noël, à l'occasion de la sortie récente d'une édition spéciale). Cela s'est concrétisé sous la forme d'une série télévisée. Nous retrouvons avec ce coffret le pilote, "The Resurrection", d'une durée double et diffusé le 3 octobre 1988 et les 22 autres épisodes de cette première saison, diffusés en suivant d'octobre 1988 à mai 1989. Voici donc l'occasion de parfaire notre connaissance pour une série un peu oubliée et qui ne restera malheureusement pas dans les annales des grands moments de la télévision.
L'histoire débute par deux situations bien distinctes. D'une part, à Fort Jericho, une bande de terroristes attaque un dépôt nucléaire et, sans le savoir, libère les restes en hibernation des extraterrestres qui ont débarqué sur la Terre en 1953. Ces derniers ont désormais la possibilité "d'habiter" des corps humains et commencent rapidement à reprendre leur funeste invasion. Dans le même temps, quelque part dans un complexe scientifique américain, une microbiologiste, Suzanne McCullough (Lynda Mason Green) rejoint le docteur Harrison Blackwood (Jared Martin) afin de former une nouvelle équipe de travail. Norton Drake (Philip Akin), un ami et collègue de travail de Blackwood, intercepte d'étranges signaux dont il ne peut comprendre ni la provenance, ni la signification. Il n'en faut pas plus à notre équipe scientifique pour vouloir en savoir plus et rechercher l'origine de ces signaux. Sans le savoir, ils vont s'engager dans une bataille à l'échelle terrestre pour sauver l'humanité. Ils seront aidés, au moins dans cette première saison, par le colonel Paul Ironhorse (Richard Chaves) qui mettra ses connaissances militaires de l'avant pour traquer le méchant ennemi.
Partant d'une volonté louable, la suite d'un succès de science-fiction des années cinquante, les auteurs de la série ont un peu (beaucoup?) débordé du cadre logique et surtout moyennement crédible que l'on pouvait avoir. Dès le départ, de nombreuses questions restent sans réponses et cela ne semble pas déranger les protagonistes. On ne compte pas non plus les invraisemblances et les situations parfois ridicules. Il n'en reste pas moins une série qui se laisse malgré tout écouter et regarder pour peu que l'on aime le sujet. Après tout, le film original avait reçu, des années après sa sortie, des critiques peu flatteuses quant à ses effets spéciaux rudimentaires (notamment les fils soutenant les soucoupes), ce qui, à l'époque de la sortie du film, importait peu. Les amateurs seront malgré tout heureux d'apprendre qu'une des vedettes principales de ce film, Ann Robinson, a accepté de reprendre son rôle de Sylvia Van Buren, pour quelques apparitions dans plusieurs épisodes (tout comme elle l'a fait dans le film éponyme de Steven Spielberg en 2005, accompagnée cette fois-ci de l'autre acteur principal de l'œuvre originale, Gene Barry, où ils jouent les grands-parents). À noter que les épisodes 1 et 9 contiennent respectivement les noms de Forrest Van Buren et Sylvia Van Buren comme auteurs du scénario. Ce sont des pseudonymes reprenant le nom de famille (ou le nom complet) d'un personnage de 1953.
Paramount nous propose cette première saison de la série télévisée "War of The Worlds" dans un emballage très courant pour ce studio. Les six disques regroupant les 23 épisodes sont disposés dans trois boîtiers minces, eux-mêmes rangés un fourreau de carton illustré par une désormais célèbre Terre qu'agrippe une sorte de main verte à trois doigts. La qualité de l'image est juste dans la moyenne. Les scènes extérieures de jour ou en studio sont relativement bonnes, mais les scènes de nuit ou sombres manquent beaucoup de précisions et ont beaucoup de grains, surtout avec les rayons verts ou rouges qui fusent dans les scènes de batailles ou de transmissions de signaux. Pour ce qui est de la bande sonore, nous devons nous contenter d'une piste anglaise parfaitement compréhensible accompagnée seulement d'un codage pour malentendants. Sauf erreur, aucune version française de cette série n'a été produite. Les pages de menus sont statiques. Un résumé des épisodes ainsi que leur date de diffusion sont imprimés au verso des boîtiers. Il n'y a pas de supplément.
Force est de constater que toutes les idées provenant des studios de cinéma ne sont pas formidables. Nous en avons ici un parfait exemple. Un travail plus adapté, une continuité plus évidente d'avec le film et surtout une cohésion dans les histoires auraient certainement permis d'obtenir un meilleur succès. Les 42 épisodes produits auront peut-être comblé un vide, mais ils en auront créé plusieurs autres. Autant savoir tout de suite que la seconde saison n'apporte pas beaucoup plus de réponses. Attendons quand même qu'elle atteigne les tablettes des magasins pour en parler. D'ici là, il n'est quand même pas interdit de regarder au moins une fois cette première saison. Elle n'est quand même pas si épouvantable... si on ne connaît pas le film original et si on n'est pas trop exigeant.
| Film | 6 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |