Wonder Woman
The Complete Series Collection
Warner Home Video

Créateur: William Moulton Marston
Année: 1975-1979
Classification: PG
Durée: 2956 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 11 (DVD-18)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
19 décembre 2007

Le kitsch est de retour dans cette série des années 70 : "WonderWoman". Interprétée avec une certaine dose de naïveté et portée à l'écran par les courbes immortelles de Lynda Carter, le personnage de DC comics s'apprête à affronter des adversaires tous aussi réalistes (des nazis ou des savants fous) et étranges (des stars du rock (?), des extraterrestres, etc.). L'esprit des aventures antérieures de "Batman" n'est pas très loin et le machisme régnant à l'époque non plus... comme le monde a changé.

La première saison se passe durant les années sombres de la Seconde Guerre mondiale et Wonder Woman arrive à temps pour enrayer une partie de la menace des Nazis avant que ces derniers ne causent de "terribles" dégâts. Armée de ses bracelets invincibles, de sa tiare se transformant en boomerang et de son lasso de vérité (le créateur du personnage est d'ailleurs l'inventeur du détecteur de mensonges... ironique?), Wonder Woman ou Diana Prince dans la vie de tous les jours, s'apprête à affronter toute une armada de méchants complètement loufoques. Travaillant pour le département de la Guerre, elle fait la rencontre de Steve Trevor (Lyle Waggoner), un homme pour qui naïveté rime avec patriotisme. La seconde saison projette Wonder Woman dans l'époque disco, les années 70, où elle rencontre un autre Steve Trevor (incarné par le même acteur tout aussi naïf), fils de l'homme que la guerrière amazonienne a connu dans la saison précédente. Cette fois, quelques éléments de science-fiction sont introduits et la menace hitlérienne remonte, le temps de quelques épisodes. La troisième et dernière saison offre plus ou moins le même type de programme.

Tournoyant sur elle-même pour faire apparaître son costume par un effet spécial devenu puéril depuis longtemps, Wonder Woman la série, parvient à convaincre que beaucoup de temps s'est écoulé depuis l'avènement du personnage au petit écran. L'esprit amazonien présent dans les bandes dessinées n'est pas présent du tout (Wonder Woman est presque une raciste de la race humaine, les trouvant faibles), offrant un personnage naïf malgré ses 2527 ans d'âge. La logique contestable minant les différents épisodes laisse également quelque peu à désirer puisque le personnage de Lyle Waggoner propose une personnalité plutôt mince (tous les personnages sont ainsi écrits il semblerait) : patriotique, se la jouant à la Patrick McNee de The Avengers sans toutefois en posséder le charisme initial. Lynda Carter parvient avec aisance à nous rendre attaché à son alter ego Diana Prince, mais manque quelque peu de force de caractère et de détermination pour nous faire totalement croire en la guerrière. Les épisodes sont longs et sont souvent truffés de clichés (qui devaient déjà l'être à l'époque j'en suis sûr) : méchants voyageant dans une voiture noire, sourire machiavélique, pose sortie directement des bandes dessinées des années 60-70 et les bons sont tout aussi assortis à leur genre respectif. Le cynisme s'est toutefois rajouté dans ces épisodes durant lesquels Wonder Woman part enquêter dans des endroits plutôt louches tels : un spa, une compétition de mannequins, tout pour reluquer les atouts physiques de l'ex Miss-USA. Néanmoins, une bonne intention prévaut dans la série puisqu'elle expose souvent les travers de la société avec une aisance particulière sans y montrer de mort. Une série tout indiquée pour les jeunes et ceux qui s'ennuient de cette époque, en somme.

Les suppléments présentés sur les trois saisons sont un peu limités, mais livrent la marchandise : Trois pistes de commentaires de Lynda Carter (passionnants) ainsi que trois courts documentaires : "Beauty, Brawn and Bulettproof Bracelets", qui est une rétrospective sur le personnage de Wonder Woman, "Revolutionizing a Classic" illustrant comment le studio a porté le personnage de la bande dessinée à l'écran et finalement "Wonder Woman : Ultimate Feminist Icon" dont l'issue est l'icône féministe que représente le personnage et la polémique l'entourant. Ces documentaires sont bien puisqu'ils ne perdent pas de temps à faire valoir leur propos et offrent un recul compétent sur la série et son impact.

Les menus des DVD sont simples : page principale fixe et musicale aux saveurs de bande dessinée. Le reste demeure immobile et muet, mais offre tout de même un bon lot d'images de la série. L'image est très belle, considérant le nettoyage et l'âge de la série. Malgré une certaine pigmentation, les couleurs sont très bien conservées, les actions demeurent bien définies et le tout se regarde sans avoir à chercher des défauts. Côté sonore, c'est un peu la cacophonie, car la piste en mono manque de clarté. De petites variations sont à prévoir dans le traitement de l'audio. Les effets sonores, les dialogues, la musique, tout se retrouvant dans le même bateau, cela offre un peu moins que le 5.1 en Dolby Surround. Toutefois, c'est beaucoup mieux que dans mes souvenirs.

"Wonder Woman" est une série machiste qui, malgré certains aspects stéréotypés, offre un peu à la manière de "Foxxy" une icône féministe de libération de la femme. Il s'agit de l'une des premières (sinon LA première) séries à présenter un modèle de femme forte au public de l'époque, le tout dans un esprit kitsch assumé. Toutefois, les "Bang", "Zap", "Baroom" sont absents. À quand la série Batman en DVD?


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments8
Vidéo8
Audio6