La formule est connue. Sans un bon scénario et un peu d'imagination, 99 % des longs métrages tombent rapidement à plat. Malgré une réalisation très appropriée et de talentueux interprètes, "Two for the Money" ne fait que remâcher la même rengaine. C'est long, vide, appuyé et, le comble, ce n'est même pas divertissant.
Brandon Lane (Matthew McConaughey) a toujours voulu être un joueur professionnel de football, mais à cause d'un accident, il a dû tirer un trait sur ce rêve. Cumulant les petits boulots à gauche et à droite, il commence à se faire remarquer grâce à ses choix souvent justes lors de différents paris sportifs. À un tel point que l'influent Walter Abraham (Al Pacino) propose à Lane de venir à New York afin qu'il puisse devenir son mentor. En très peu de temps, ces deux individus remporteront beaucoup d'argent. Mais la gloire est éphémère et lorsque le jeune Brandon commencera à perdre, les problèmes rappliqueront très rapidement. Entre la pénurie de pécules et les imbroglios au sujet des philosophies de vie se trouvera une certaine Toni (Rene Russo). Cette dernière est la femme de Walter, mais elle ne laisse pas indifférent un certain Brandon...
Avec son titre aussi quelconque, difficile de croire que "Two for the Money" est tiré d'un fait vécu. Pourtant, c'est le cas. C'est le récit d'un homme qui connaît des hauts et des bas en frayant dans l'argent et les paris. Les risques sont élevés, mais il se sent finalement vivre. Voilà un canevas qui n'est pas très nouveau, mais le potentiel est présent. Faut-il se souvenir du haletant Wall Street ou de l'ironique Glengarry Glen Ross pour s'en convaincre? Cependant, le dernier film de D.J. Caruso manque singulièrement de souffle. Au lieu de maintenir le rythme effréné présent dans quelques scènes, il préfère filmer abondamment le torse nu de McConaughey. Oui, il est très musclé, mais qu'est-ce que ça amène au scénario? Pratiquement rien. Entre les balbutiements de l'innocence dans la ville maudite (c'est toujours New York qui est décrite ainsi), les lourdes morales comme quoi jouer est mal et les remords de fin de parcours, le spectateur se retrouvera devant deux heures de clichés. Sans tension, mais avec un peu d'humour efficace, le cinéaste de l'aussi mémorable Taking Lives offre un produit daté, convenu et franchement inutile.
Ce petit film n'impressionne guère non plus au niveau du duo d'acteur, possiblement le meilleur élément de "Two for the Money". Matthew McConaughey est un chérubin charismatique sans grande saveur, alors que Al Pacino reprend exactement le même personnage de The Recruit et The Devil's Advocate. Sauf qu'à force de se répéter, il joue sur le pilote automatique. À un tel point que cette relation père-fils, même si elle réussit facilement à éclipser une distribution secondaire qui comprend une Rene Russo convenue et un exécrable Armand Assante grâce à des dialogues parfois pimentés, n'est guère élaborée.
En revanche, les autres aspects de ce DVD s'avèrent supérieurs. La musique est sans doute insipide, mais le rendu audio est acceptable. Les seuls inconvénients se situent au niveau de la trame sonore qui enterre quelques fois les voix et des haut-parleurs situés sur le côté qui sont à peine utilisés. À part de ça, les enceintes frontales sont très efficaces et il est difficile de s'endormir complètement. La traduction française plutôt neutre est très réussie et les sous-titres blancs ne nuisent jamais. À ce niveau, la qualité des images est exceptionnelle. Le film débute dans des teintes jaunes et vertes pour évoluer vers la folie et la fantaisie. Les détails sont nombreux et les figures toujours bien définies. Il y a sans doute quelques scènes un peu plus pâles ou d'autres présentant un léger blocage, mais ce n'est pas la mer à boire.
La pochette et le menu principal de ce DVD se ressemblent énormément. Sur la première figure, les deux acteurs principaux avec quelques images insérées dans le bas, alors que sur la deuxième, ce sont presque les mêmes photos qui sont utilisées. Au moins, il y a un montage actif et une musique pimpante pour attirer l'attention. Sans être extraordinaires, les suppléments s'avèrent potables. Il y a une piste de commentaires qui permet au réalisateur D.J. Caruso et au scénariste Dan Gilroy de parler de leur bébé. Leurs propos manquent de passion, mais ils sont sans doute plus intéressants que ce long métrage. Un deuxième segment est composé de huit scènes enlevées et il y a une option pour que ces deux mêmes personnes s'expliquent sur les raisons de ces coupures. Pas déplaisant. Un documentaire sur le tournage est également présent. Cet exercice de onze minutes ressemble à une grosse infopub et elle ne fait que répéter l'histoire. À peinte plus pertinente est cette entrevue incroyablement complaisante entre Gilroy et le vrai Brandon Lane. Pendant seize minutes, ces deux hommes rigolent en parlant du passé et ils répètent comment le jeu peut briser des vies. Comme à l'accoutumée, une bande-annonce et une publicité viennent compléter le tout.
Oeuvre sans grand intérêt figurant dans un honnête DVD, "Two for the Money" est le genre de produit à classer dans la catégorie "aussitôt vu, aussitôt oublié".
| Film | 4 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 9 |