Le mythe des vampires fascine depuis longtemps les écrivains de tous les milieux; que ce soit dans les livres, les comics ou les séries télévisées. Le cinéma compte aussi son lot d'histoire de vampires: Nosferatu, Dracula, Vampire In Brooklyn, etc. Le mythe des loups-garous, peut-être par manque d'élégance, a toutefois été moins exploité; on pense toutefois aux films An American Werewolf in London et Teen Wolf. Avec le présent film, "Underworld", les deux mythes sont réunis ensemble. Bien que le réalisateur, Len Wiseman (d'ailleurs à son premier long métrage), prétende que le film ne consiste pas en une adaptation, il est toutefois difficile de s'empêcher de voir des similitudes avec la très populaire série de bandes dessinées "Wetworks", de Brandon Choi et Whilce Portacio. Mais ce ne sont que des similitudes...
"Underworld" nous présente la culmination d'une longue guerre entre deux clans mythiques, rivaux de longue date: les vampires et les loups-garous. Selene (Kate Beckinsale) est l'une de ces vampires guerrières dont la seule passion est de traquer et éliminer le plus de lycans (loups-garous) possible. Lors d'une de ces expéditions, elle découvre que ces derniers tentent d'enlever un humain (Scott Speedsman), chose bien étrange (d'ailleurs, son prénom est Michael, de toute évidence un palindrome sonore permettant de deviner une bonne partie de l'intrigue...). En poussant son investigation davantage, elle mettra à jour un énorme complot impliquant son supérieur immédiat (Shane Brolly) et le chef des loups-garous (Michael Sheen), supposé mort depuis longtemps. Les conséquences et responsabilités de sa découverte seront bien plus importantes que tout ce qu'elle aurait pu imaginer...
Le film est, d'une façon générale, assez inégal. Pour commencer, l'idée de départ est excellente: il faisait bien longtemps que cette légendaire rivalité entre vampires et loups-garous n'avait pas fait surface au grand écran. Très peu à redire aussi au niveau du scénario; les rebondissements sont bien amenés et l'intrigue, quoique prévisible, est bien présentée. Bien sûr, quelques clichés auraient facilement pu être évités, mais il est facile de les passer outre. Bref, les 40 premières minutes sont intéressantes, de même que la fin. Par contre, c'est au niveau de l'interprétation, voire la direction d'acteur, que ça se gâte. Bien que Kate Beckinsale joue très bien son rôle, les acteurs qui l'entourent ont tous de la difficulté à nous vendre leurs personnages. Au niveau des effets spéciaux, tout porte à croire que le budget était assez limité. Ainsi, on en retrouve beaucoup dans la première partie (beaucoup de scènes similaires au style établi par The Matrix, d'ailleurs...) et dans la seconde partie, on n'en retrouve pratiquement plus. Par contre, ils sont en général très bien faits. Le style du film est assez réussi. L'ambiance gothique qui y règne est très crédible et se prête parfaitement au propos du film. Les dialogues sont généralement insipides et surtout très prévisibles; par endroits, il aurait été pertinent de laisser les images parler par elles-mêmes... Bref, quelques bonnes choses, mais la réussite n'est pas complète.
Au niveau de la piste sonore, la première phrase qui vient à l'esprit est "Trop, c'est comme pas assez"; en comparaison à d'autres films du même genre, les niveaux sonores sont vraiment élevés. Même remarque au sujet de l'ambiophonie. On y retrouve beaucoup d'effets, très forts, sans qu'une ambiance soit réellement créée. Le haut-parleur d'extrême-grave est aussi utilisé à profusion, et ce, d'une façon plus juste. Au niveau des dialogues, tout est parfaitement audible, la musique étant bien dosée. Bref, une piste sonore très "tape-à-l'œil" qui pourrait toutefois réjouir certains amateurs de bruits forts...
Du côté de l'image, le traitement est assez bien réussi. Étant donné que le film se déroule presque entièrement dans la pénombre et que l'image a été traitée de façon à être à peu près toujours dans les tons de bleu sombre, la compression aurait pu causer un désastre. Bref, on ne perd pas de détail dans les zones sombres et le fourmillement caractéristique est à peine visible. L'attention mise de ce côté est bien appréciée.
Comme suppléments, on nous propose quatre courts documentaires sur la production du film. Le premier est général, le second parle du design des créatures, le troisième nous entretient des cascades alors que le dernier est une succession d'extraits non commentés du tournage, sous fond musical. Mis à part le dernier segment, qui semble destiné à être écouté par les membres de la production, ces documentaires sont instructifs et bien réalisés. On peut toutefois y déceler une innocence des concepteurs; la phrase "we made a movie we would go see" est assez marquante...
On nous propose aussi deux pistes de commentaires, une faite par le scénariste et le réalisateur et l'autre fait par les producteurs et membres de l'équipe technique. Les deux sont, toute proportion gardée, assez intéressantes et se complètent très bien. Finalement, on nous propose la bande-annonce du film en plus de celles de films du même genre (Forsaken, les deux films de vampires de John Carpenter et les deux Resident Evil). Étrangement, dans la section des bandes-annonces, on retrouve une autre section de suppléments qui contient un vidéoclip, une comparaison avec les scénarimages ainsi que deux spots publicitaires pour la télévision. Les menus sont très bien conçus, avec des animations et de la musique, ainsi qu'un design des boutons appropriés, dans le style gothique.
Même si le film avait pu être nettement plus intéressant, l'édition DVD en est somme toute assez réussie.
| Film | 7 |
| Menu | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 6 |