The Verdict
2-Disc Special Edition
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Sidney Lumet
Année: 1982
Classification: PG
Durée: 129 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
17 juin 2007

Le tandem Sydney Lumet et Paul Newman fait des étincelles dans "The Verdict", une sobre quête judiciaire qui parle de la rédemption et du renouveau.

Frank (Newman) est un avocat minable qui passe ses journées à boire et à jouer. Un jour, son ami et assistant Mickey (Jack Warden) lui propose une cause: une jeune femme est dans le coma depuis quatre ans et sa famille aimerait bien poursuivre l'hôpital catholique où elle a été soignée. Après avoir rejeté une offre de dédommagement à l'amiable, l'avocat en manque de veine voit son principal témoin disparaître dans la nature et sa cause lui filer entre les mains. Fouetté par les paroles franches et directes d'une fille (Charlotte Rampling) récemment rencontrée, il décide de continuer, cherchant la moindre faille chez ses adversaires.

L'accouchement de "The Verdict" a été difficile. Ce fait vécu a été raconté dans un livre de Barry Reed. La version pour le cinéma a vu passer un nombre incroyable de scénaristes, réalisateurs et acteurs. À un moment donné, Robert Redford a été attaché au projet. C'est finalement dans les mains du réputé cinéaste Sydney Lumet (un amateur des tribunaux, s'il faut en juger son chef-d'œuvre 12 Angry Men) et selon la plume du populaire David Mamet que le projet a pu se concrétiser. L'attente et les imbroglios en ont valu la peine.

Ce film lent et verbeux offre un regard riche en réflexions sur l'homme et ses interactions dans son milieu. Frank réussira à se bâtir une nouvelle existence en croyant à une cause qui lui tient à cœur et en multipliant les efforts. Il sera illuminé au contact de son milieu social, un thème abondamment traité dans les multiples œuvres de Lumet, dont son fameux Serpico. Les scènes de tribunaux, aussi captivantes soient-elles, ne sont qu'accessoires aux drames latents portés par son protagoniste.

La mise en scène discrète aux nombreux longs plans donne toute la latitude aux comédiens qui sont admirables. Paul Newman porte l'opus sur ses frêles épaules en demeurant droit et distinct. Ses regards profonds en disent souvent plus que cent mots et sa façon d'exploser à l'improviste fait de lui un parfait volcan, à la fois tranquille et instable. Sa chimie avec le charismatique Jack Warden est indéniable. Dans un rôle plus secondaire, Charlotte Rampling est d'une froideur implacable et elle semble toujours aussi possédée.

L'atmosphère est lourde et ce n'est pas un hasard. Le héros ne voit guère la lumière au bout du tunnel, ce qui peut expliquer les nombreuses zones sombres (beaux contrastes) et la couleur qui manque d'éclat. La photographie est réaliste, donnant beaucoup d'importance aux détails. La finition n'évite cependant pas le blocage et du grain peut apparaître ici et là. Sans en mettre plein les oreilles, les nombreuses pistes sonores sont de bonne qualité. La traduction francophone est honorable et les sous-titres blancs en anglais et en espagnol demeurent assez visibles. Les voix auraient cependant mérité à être plus élevées. La rare musique est présente pour décrire l'état psychologique d'un personnage et pour maximiser le suspense. Les airs utilisés tendent à être mystiques, religieux.

La pochette et la jaquette de carton sont nobles. Elles représentent un sérieux et bien habillé Paul Newman. Un livret passe rapidement sur le douloureux processus de création et il y a des réflexions sur les comédiens et les thèmes. Le menu principal du DVD montre quelques scènes qui se succèdent sur une délicate mélodie. Le premier disque ne comporte qu'un seul supplément. Il s'agit d'une fascinante piste de commentaires de Sidney Lumet et, dans une moindre mesure, de Newman. Les hommes se confient en laissant tomber leurs barrières personnelles. Le cinéaste de The Fugitive Kind explique les faits et les différentes versions du scénario en prenant soin de toujours bien peser ses mots.

Les autres bonus figurent sur le deuxième DVD. Un court documentaire de neuf minutes sur le tournage présente rapidement les personnages et les enjeux sans se perdre dans les détails. Il y a ensuite des segments sur l'acteur vedette et le réalisateur du film. Ils analysent rapidement le produit final en traitant de leur démarche respective. "Milestone in Cinema History" entre plus en profondeur en étayant les thèmes, les difficultés et les technicités d'un tel sujet. C'est presque aussi pertinent que le "Hollywood Backstories" qui traite des mésententes du début, des changements de personnel, et de tous les comédiens associés au projet. Oui, les scénarios ont beaucoup circulé. Une photographie statique, la bande-annonce originale et huit autres publicités de productions mettant en vedette Newman complètent le disque.

"The Verdict" est une fine œuvre sobre qui vaut beaucoup pour le jeu sans faille de Paul Newman. Comme toujours, son regard bleu détruit tous les rocs et ses silences pardonnent plus facilement les quelques longueurs. Ce n'est sans doute pas le meilleur récit de son réalisateur (il est difficile de faire mieux que Dog Day Afternoon), mais c'est certainement un de ses plus justes. Enfin un duo de choc qui fait croire à une justice juste et équitable.


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments8
Vidéo7
Audio6