L'ancienne image d'un New York envahi la nuit par plusieurs bandes de voyous atteint son paroxysme dans le film presque culte "The Warriors". Seize années après sa sortie, le réalisateur Walter Hill se permet enfin le montage qu'il désirait tant. Bang! Puff! Ouch!
Quelque part dans le Bronx, la plupart des clans de malfrats de la Grosse Pomme sont réunis pour écouter le discours d'un leader charismatique qui cherche à les rallier pour former une seule entité beaucoup plus dangereuse. Il est cependant assassiné aux yeux de tous. Une fausse rumeur circule comme quoi ce sont Les Warriors qui ont perpétré ce coup. Dorénavant, les huit membres de cette bande seront poursuivis à travers le territoire de New York. La route vers Coney Island semble bien loin pour des individus téméraires qui ne peuvent expliquer cette vague soudaine de violence.
Cette adaptation du livre de Sol Yurick a tout de la bande dessinée avec ses arrêts sur l'image et ses enchaînements qui rappellent le mésestimé Hulk de Ang Lee. Les héros n'ont peur de rien et ils sont schématisés au possible. Ce sont des figures mythiques, avec des prénoms comme Ajax, Cleon et Rembrandt. L'action est fulgurante, enlevante, très peu réaliste. Les scènes de bastonnes sont nombreuses et rappellent par moment le jeu vidéo Final Fight, des westerns trépidants ou des sagas de samouraïs. À quoi bon discuter si on peut foncer dans le tas et frapper l'adversaire avec un bâton de baseball? De la bonne grosse série B avec des méchants très diaboliques et un groupe féminin (tiens, tiens, Sin City) pas piqué des vers. Comme de nombreux films tournés dans les années 1970, le message social est très présent. L'union pour la victoire, l'homme qui redevient une bête pour survive et de nombreuses autres paraboles pas toujours bien développées. Quelques thématiques qui ont été reprises plus tard avec un peu plus de succès par un certain John Carpenter et son très acclamé Escape from New York.
"The Warriors" est probablement l'une des oeuvres préférées de son réalisateur Walter Hill (plus connu comme étant le producteur de la série Alien). À un tel point qu'il a toujours regretté avoir amputé son bébé pour satisfaire les exigences de ses patrons. En 2005, il se permet les changements de son choix, ce qui risque tout de même de décevoir les fans de la version originale. Pour ce nouveau montage, la violence est maximisée et le déroulement de certaines séquences se veut un tantinet plus fluide. C'est seulement dommage que son ancien travail ne soit pas présent sur ce DVD. Pour un "Ultimage Director's Cut", ça serait la moindre des choses.
Les images sont généralement belles. En omettant les coupes de cheveux, il est difficile de déterminer que le long métrage a été réalisé en 1979. Il y a toutefois quelques exceptions. À un ou deux endroits, les couleurs dégoulinent légèrement. De plus, du blocage provoque des arrière-plans un peu flous. À part de ça, c'est tout beau, l'esthétisme est assez léché et les sous-titres se lisent plutôt bien. La qualité audio impressionne également par sa pertinence. La musique, un vieux rock indéfinissable pas toujours intéressant entrecoupé de synthétiseurs rudimentaires orchestrés par Barry de Vorzon, sort bien des multiples haut-parleurs et elle est présente à de nombreux endroits. Surtout, elle ne fait jamais obstacle aux voix, toujours compréhensibles. Les coups portés lors des bagarres ressortent presque comme dans la vieille série Batman. Un surréalisme qui fait rire et qui n'est pas toujours synchronisé avec les actions! Rigolo.
Le menu principal est explosif. Plusieurs séquences du film défilent à la vitesse de l'éclair sur une trame sonore très rythmée. Dommage que pour arriver là, il faut passer par-dessus huit publicités assez envahissantes. En contrepartie, la pochette du DVD est singulière, toujours claire, et le disque arbore une tête de mort qui s'inscrit directement dans l'optique du long métrage.
Les suppléments sont inégaux. Tout d'abord, il y a l'option d'une courte introduction où le réalisateur explique que cette version est son montage définitif. D'accord... mais pourquoi est-ce que le même commentaire se retrouve au début du film lorsqu'on le sélectionne? Mystère. Il y a également des publicités (les mêmes qui ouvrent le DVD) peu enivrantes et la bande-annonce originale qui est assez efficace. Rien de très mémorable. Au moins, il y a un long documentaire d'une heure séparé en quatre segments. Ceux-ci abordent le choix du livre, le tournage de nuit qui était difficile, l'attention apportée aux éclairages, les scènes d'action et bien plus encore. Du réalisateur aux acteurs en passant par le producteur ou le compositeur de la trame sonore, aucun artisan n'est laissé de côté. C'est souvent drôle et au moins aussi intéressant que le film. Au passage, on apprend même des anecdotes très révélatrices qui font sourire. Par exemple, que l'œuvre a été retirée des salles de cinéma parce qu'elle donnait un mauvais exemple pour les gens! Incroyable.
Honnête divertissant très léger, "The Warriors" poursuit son rythme sans jamais s'essouffler. Cela n'en fait peut-être pas un très bon film pour autant, mais au moins, les moments lassants sont rares. Malgré son fascinant documentaire et cette version définitive du réalisateur, est-ce légitime d'en demander davantage? De quelconques commentaires pendant le film et, surtout, la première version qui a fait la gloire de ce long métrage. Cela aurait donné un DVD encore plus complet.
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |