Nicolas Cage est "The Weather Man", une fable douce-amère sur l'homme qui cherche à contrôler sa destinée. Entre clichés et moments sereins, il y a un monde que l'ordinaire réalisateur Gore Verbinski ne semble pas toujours saisir.
David Spritz (Nicolas Cage) est un monsieur météo, un être qui pourrait faire l'envie de plusieurs personnes. Non seulement il gagne un énorme salaire pour à peine quelques heures d'efforts par jour, mais il est également reconnu dans la rue par une bonne partie de la population. Sauf que David n'est pas heureux. Il aime encore son ex-femme qui est sur le point de se remarier. Sa relation avec ses deux enfants est pratiquement inexistante et il pense changer la donne avant le point de non-retour. Car depuis que son père (Michael Caine) est malade, les instants de bonheur de déroulent trop rapidement. Pour y accéder à nouveau, une révolution au sein de ses habitudes et de ses valeurs doit se tenir.
Contrairement à l'hilarant Groundhog Day qui obligeait un météorologiste à revivre la même journée à l'infinie jusqu'au moment où ses mentalités allaient se modifier, "The Weather Man" épouse plutôt le chemin maintes fois arpentés des "drames qui font rire" comme About Schmidt et American Beauty. Le monde est gris et monotone, alors que la superficialité et la consommation vampirisent les êtres humains jusqu'à la moelle. Après une existence entière vouée au culte du nombril, le personnage principal doit absolument "évoluer" pour se confondre à la masse et décrocher le rêve américain. Sauf que l'humanité se modifie d'heure en heure. Les gens ne sont plus capables de vivre ensemble, la jeunesse s'adonne aux drogues et les vêtements peuvent devenir une source de problèmes pour les personnes ne possédant par un corps "idéal". Ce qui donne des répliques souvent savoureuses, venant principalement du vieux routier Michael Caine, excellent en homme dépassé par les évènements.
Au même moment, les lieux connus et les répétitions (cette satanée pluie qui s'abat pendant un enterrement) mettent de la grisaille sur le chemin de "The Weather Man". Nicolas Cage est excellent en individu blasé, mais son jeu cadrait davantage dans le supérieur Lord of War. Surtout qu'ici, il se fait toujours atteindre par du fast-food, ce qui donne une métaphore très primaire et un placement de produits incessant. Les habituels questionnements sur les relations entre le père et le fils sont présents à différents niveaux, sauf qu'il n'y a rien de très original qui en découle. Le long métrage s'apprécie alors mieux en laissant les réserves au vestiaire, car en cherchant le moindrement, trop de problèmes sautent aux yeux.
L'image froide cumule les teintes de vert, de bleu et de gris, un heureux moyen de matérialiser les états psychologiques du personnage principal. En omettant quelques blocages non dérangeants, il n'y a vraiment aucun reproche à faire contre ce magnifique rendu vidéo. Les couleurs sont très distinctes et elles ne se mélangent jamais. Les détails sont nombreux, toujours fascinants. Même les sous-titres jaunes se lisent sans aucun effort. À ce niveau, il faut encore une fois déplorer des sous-titres français qui sont totalement différents de la piste sonore française. Comme dans le 2046 de Séville (et les exemples sont légions), il est pratiquement impossible de suivre le récit en écoutant et en lisant ce qui se déroule. Les pistes audio anglophone et francophone sont toutefois de bonne qualité. Les voix sont très audibles et il n'y a pas de bruit pour fausser l'écoute. Si la trame sonore de Hans Zimmer est plutôt ordinaire, elle ne demeure jamais agressante. Le seul regret se trouve plutôt au niveau de l'utilisation des haut-parleurs situés sur le côté. Il y a bien de la pluie ou des sonneries de téléphone qui peuvent se faire entendre, mais cela arrive beaucoup trop rarement.
La pochette du boîtier est peut-être différente de celle de l'affiche de promotion, mais cela ne la rend pas plus réussie pour autant. Elle montre un Nicolas Cage (qui semble beaucoup plus jeune qu'à l'accoutumée avec cette coupe de cheveux) marcher avec un arc, une réminiscence d'un certain Indien dans la ville. Le menu principal du DVD est nettement plus attrayant. Une flèche atteint une cible, une ville se trouve en arrière-plan, avec des extraits du film et une légère musique douce. Les icônes ne sont pas éclatants, mais les suppléments portent des noms assez désopilants et en prime, tout est sous-titré dans la langue de Molière. Le "Extended Outlook" discute du scénario et des idées traitées. Un dix minutes qui passe assez rapidement. Pendant "Forecast: Becoming a Weatherman", les inspirations du protagoniste principal sont dévoilées, ainsi que les défis rencontrés par Nicolas Cage. Sur "Atmospheric Pressure", ce sont plutôt le style et les palettes de couleurs qui sont abordés. Les propos des intervenants demeurent assez superficiels, mais c'est agréable de réaliser comment les horloges sont des pierres angulaires du récit. Lors de "Relative Humididy", ce sont les personnages qui sont explorés dans un "tout le monde se félicité et s'aime beaucoup" des plus complaisant. Outre les bandes-annonces du long-métrage et de différents autres films, le seul bonus séduisant qui reste se prénomme "Trade Winds". C'est dans cette section que le monteur, le directeur photo, le producteur, la personne qui s'occupe des costumes et celle à la musique parlent de leurs travaux respectifs. Ce n'est pas banal, mais on aurait sans doute préféré une piste de commentaires du réalisateur Gore Verbinski.
Honnête location les jours de pluie, "The Weather Man" est difficilement porté par ses nombreuses qualités, car un vent de déjà-vu souffle en permanence. Surtout que l'éclair de destruction s'abat à la toute fin pour faire triompher cette morale si importante. Ce n'est peut-être pas trop grave, sauf que cela aurait pu être bien meilleur.
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |