Il y en a dont le genre western est une passion. Pour moi, c'est un goût acquis. J'aime ça, mais pas au point de courir dans cette direction pour voir un de ces films. Mais il y a un long-métrage qui m'a vraiment saisi dans tous le lot. Alors que plus jeune, j'aurais perdu patience avec ce film qui n'en finit plus d'aller au ralenti, maintenant j'apprécie chaque petit moment de "Once Upon a Time in the West" (de son titre original "C'era una volta il West"). Encore plus maintenant avec cette version haute définition qui nous donne encore plus de détail visuel et sonore à remarquer. Réalisé par l'unique Sergio Leone en 1968, ce spaghetti western eut un grand succès en Europe, mais un échec financier total aux États-Unis, alors qu'aujourd'hui on le traite avec tous les honneurs d'un chef-d'œuvre, un classique maintenant conservé à la Librairie du Congrès des États-Unis!
"Once Upon a Time in the West" , c'est une histoire d'eau ou plutôt qui a le contrôle de l'eau. C'est Brett McBain (Frank Wolff) qui a acheté une terre avec la seule source d'eau de la région qu'il a nommée Sweetwater. Il était la risée de la ville, mais il savait que le chemin de fer s'en venait dans la région et que les trains à vapeur ont besoin d'eau pour fonctionner. Mais le magnat des chemins de fer Morton (Gabriele Ferzetti) le sait aussi. Croche comme il est, il envoie ses hommes de main, menés par Frank (Henry Fonda), tuer McBain. Quelques heures plus tard, sa nouvelle femme Jill (Claudia Cardinale) - McBain l'avait mariée un mois plus tôt en Nouvelle-Orléans - se présente sur place pour constater le décès de sa nouvelle famille. Entre temps, on fait la connaissance d'Harmonica (Charles Bronson), un homme qui a soif de revanche, et Cheyenne (Jason Robards), un criminel qui vient de s'évader. Le trio d'hommes se battra pour différentes raisons, la "pauvre veuve" Jill au centre.
C'est une histoire passionnante où les dialogues sont rares, mais pleins de superbes lignes qui nous sont offertes dans les moments les plus tendus. "Pas de cheval pour moi? - Il semblerait qu'il nous manque un cheval! - Non, vous en avez apporté deux de trop.". Lors des longs moments de silence, nous pouvons nous inventer notre histoire, ce qu'il se passe dans la tête de ces personnages. On dit que les yeux sont la fenêtre de l'âme, et bien ces acteurs jouent un rôle même dans leurs yeux. La séquence d'ouverture est un jeu en elle-même, puisque les personnes donnent plein de symboles de leur personnalité distincte, sans aller plus loin dû à leur décès. Chaque personnage est accompagné de sa propre musique pour nous indiquer le personnage pour qui la scène a de l'importance. Les quelques notes d'harmonica et la voix sans paroles se mettent à jouer, et nous savons instantanément qui aura le contrôle de la séquence. On dit que Sergio Leone jouait les trames sonores sur le plateau pour inspirer les acteurs. Disons que ça inspire aussi les spectateurs. On dit aussi que film fait référence à plein de westerns qui ont été influencés eux-mêmes par ce que Leone avait fait dans le passé qui avait été influencé par d'autres. Les fans de westerns que moi pourront probablement les identifiés mieux que moi (My Darling Clementine, High Noon, ...).
Une excellente imagerie de la part du cinématographe Tonino Delli Colli et une excellente musique d'Ennio Morricone font de ce film un bijou audiovisuel lorsque visionné en haute définition. Avec le support de la Film Foundation de Martin Scorsese, le film a été restauré en 2007 à un niveau très appréciable qui se discerne bien dans ce transfert Blu-ray. Comparativement au DVD de 2003 que j'ai entre les mains, c'est dans le détail et la compression numérique que la différence se sent! Plus de détail dans les rides, les poils de barbe, les goutes de sueur, les fils électriques, les tissus (en plan rapproché) et nous pouvons discerner des objets dans l'arrière-plan. Le film a capturé des couleurs de terre, de poussière et de visages brulés par soleil ardant qui semblent légèrement saturées et bien contrastées.
Le grain est plus fin et continue à nous rappeler que ce film a été tourné sur un négatif peu couteux. Ce n'est pas le transfert le plus extraordinaire que j'ai vu, mais la différence est assez fascinante pour mon goût! La piste sonore monophonique anglaise fait déjà un excellent travail sur Blu-ray, mais la toute nouvelle piste DTS-HD Master Audio rend la plus riche, plus directionnelle dans son ambiophonique sans toutefois ruiner ce que l'original avait à offrir, sans sonner artificielle. Peut importe la piste sonore, certains passages sonnent doublés, même pour les acteurs anglophones. Je serais curieux d'entendre la piste sonore comme originalement capturée.
Je me souviens de l'achat de mon DVD de 2003. C'était un disque "Special Collector's Edition", le premier avec deux disques si je ne me trompe pas. Il était rempli de suppléments passionnants qui se retrouvent tous ici à l'exception des textes biographiques. La première chose que je suis allé voir, c'est si la bande-annonce "modernisée" du film est toujours là! Elle se trouve dans la section des suppléments à la gauche de la piste de commentaire avec une icône de fer à cheval caché! Très contrastante à la bande-annonce d'origine. Une piste de commentaires, composée de biographes (Sir Christopher Fraylin), d'historiens (Dr Sheldon Hall), de réalisateurs (John Carpenter, John Milius, Alex Cox, d'acteur (Claudia Cardinale, Gabriele Ferzetti) et autres artisans (Tonino Delli Colli, Bernardo Bertolucci ), offre énormément d'information sur le film. Malheureusement, tout ce beau monde a été enregistrés séparément de multiples sources et ça sonne un peu sec. Les suppléments vidéo, en définition standard, proposent les documentaires "An Opera of Violence", "The Wages of Sin" et "Something to Do with Death" ainsi que les revuettes "Railroad: Revolutionising the West", "Locations Then & Now" et "Production Gallery". Ils sont tous intéressants et discutent de multiples sujets dont la façon de tourner de Leone et la carrière de ce dernier, le tournage en Utah (Monument Valley), la musique narrative de Morricone, l'impact du film et même une leçon d'histoire.
Les bons westerns sont maintenant choses du passé. Aujourd'hui il faut y ajouter des extra-terrestres (Cowboy & Aliens) ou de l'animation (Rango) ou faire un remake (True Grit) ou tourner avec des Japonais (Sukiyaki Western Django) pour attirer un public... quoique "Once Upon a Time in the West" n'avait pas fait foule à son époque! Seul l'avenir nous pointera les bijoux du passé.
| Film | 9 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |