"The Far Horizons" est un film qui m'a agréablement surpris. Tout comme le film Drums Along the Mohawk de John Ford, lui non plus n'est pas proprement dit un western comme on l'entend avec ses chevauchées fantastiques, ses hommes qui dirigeaient du bétail d'une région à une autre, avec ses shérifs et ses bons et ses truands qui se tirent dessus, puisque l'action se déroule quelques trente ans auparavant, entre 1803 et 1807 qui est plutôt l'époque des pionniers et des coureurs des bois.
C'est le récit de Meriwether Lewis (Fred MacMurray) et de William Clark (Charlton Heston), deux officiers virginiens, partis de Saint-Louis en mai 1804. À la demande du président Thomas Jefferson (Herbert Heyes) et aussi pour le compte de la jeune république des États-Unis, ils ont pour mission de découvrir des territoires qui se trouvaient entre le fleuve Missouri et l'Océan Pacifique. Ainsi, Lewis et Clark, à la tête d'un corps expéditionnaire de quarante hommes, partent pour quatre ans d'aventures à contempler des terres et découvrir des peuplades qu'aucun blanc n'avait encore vues auparavant. Ils rencontrent des tribus indiennes potentiellement hostiles, comme les Minnetarees dirigés par LeBorgne (Ralph Moody), un chef à la langue de serpent qui ment comme il respire, ainsi que des Indiens hospitaliers comme les Shoshones, tribu à laquelle appartient leur propre guide indienne, Sacajawea (Donna Reed) qui sera fort utile aux succès de cette expédition où le danger est présent à chaque instant...
Ce long-métrage d'un demi-siècle d'âge est tout à fait remarquable pour sa magnifique beauté d'image et ses décors ensorceleurs et paradisiaques. Peu importe l'étroit mélange de vérité et légende, car au-delà des conventions, demeure un bon fond d'authenticité et c'est ce qui est véhiculé dans tout le film. Vous vous demanderez sûrement "était-ce donc ainsi?" Mais à cela je vous dirais que ça n'a pas vraiment d'importance puisque l'essentiel est de voir une belle histoire bien ficelée et bien jouée, remplie de rebondissements et d'action.
La photographie de Daniel L. Fapp est tout simplement majestueuse. C'est l'Amérique la plus sublime qui soit, nous dévoilant sa nature aux mille et une splendeurs, regorgeante de richesses qui dépassent l'imagination. C'est le dépaysement total avec tous ces verts pâturages, ces forêts à perte de vue, ces rivières aux reflets perlés et ces montagnes monumentales formant une muraille aux horizons sans fin qui nous apparaissent infranchissables...
La vedette du film Fred MacMurray qui joue de façon monolithique est complètement effacée par le duo composé de Charlton Heston et de la très séduisante Donna Reed qui joue ici une squaw... En humanisant le rôle de Donna Reed, cela donne un côté plus authentique à l'histoire et accentue la qualité du film.
Le réalisateur Rudolph Maté décrit parfaitement une période méconnue de l'histoire des États-Unis d'Amérique peu racontée au cinéma. Même s'il met un peu trop en évidence la grandeur d'âme de l'homme blanc face aux Amérindiens, "The Far Horizons" demeure proche de la vérité, nous montrant les Indiens d'une manière moins superficielle que dans des œuvres cinématographiques antérieures.
La définition générale est bonne, mais sans pour autant être excellente. La brillance et le contraste sont relativement acceptables malgré une légère fluctuation de temps à temps. On remarque également une fine dominante magenta, mais dans l'ensemble les couleurs sont réalistes. L'interpositif utilisé est tout de même relativement propre, n'affichant que quelques rares parasites. La trame sonore m'apparaît bien intégrée aux scènes malgré une musique assez pompeuse, lourdingue et ennuyeuse d'Hans J. Salter qui a un manque évident de rythme et d'énergie. Les dialogues sont toujours nets et intelligibles.
"The Far Horizons" est un bon divertissement et saura plaire aux cinéphiles les plus difficiles. Un film d'aventure comme il ne s'en fait plus!
| Film | 5 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 4 |