Samuel Fuller fut à son époque un réalisateur provocant, étiqueté comme un anticommuniste. Cet expert de la confusion, tellement qu'on ne savait plus qui était le bon et qui était le méchant à l'écran, réalisa durant sa carrière plusieurs films de guerre et des westerns intéressant tels, Run of the Arrow et Merrill's Marauders. En 1957, Samuel Fuller travailla sur un western relativement violent intitulé "Forty Guns" mettant en vedette l'exceptionnelle Barbara Stanwyck dans le rôle d'une femme à poigne qui n'a peur de rien. Elle joue ici le personnage de Jessica Drummond, qui toute de noire vêtue, à la manière de Joan Crawford dans le splendide Johnny Guitar, est une propriétaire terrienne qui se déplace accompagnée de quarante gardes du corps... Malgré tout, Jessica n'est pas vraiment méchante puisque c'est surtout son frère Brockie (John Ericson) qui représente la véritable menace dans cette histoire. Griff Bonnell (Barry Sullivan), un représentant de la loi deviendra un adversaire impitoyable lorsque son fils Wes (Gene Barry) sera tué par Brockie le jour de son mariage...
La caméra de Fuller est spectaculaire et originale... ses plans de caméra sont de toute beauté, il explore toutes les facettes du métier avec ses plans rapprochés, plans d'ensembles, plans américains, plans en plongée et en contre-plongée. Il faut avouer que la photographie de Joseph F. Biroc est, elle aussi, tout à fait splendide et donne beaucoup de charme à cette aventure.
Les gens responsables de l'embellissement de ce film ont fait un travail plus qu'admirable, l'image est remarquablement belle, nous livrant l'aspect original de ce film. Le transfert est superbe. L'image en noir et blanc nous est proposée sur le côté B du disque en format de 2.35:1 (anamorphique) et en format plein écran sur le côté A où l'image est légèrement floue et granuleuse. Les noirs sont extrêmement profonds et les blancs étincelants. Elle est de plus d'une grande stabilité et le contraste y est excellent. L'éclat des tons de gris donne beaucoup de relief aux visages ce qui est particulièrement important dans ce film puisque les gros plans des figures des principaux protagonistes sont souvent à l'honneur. Les textures sont réalistes, les moindres détails sont visibles et la netteté est irréprochable. Quant au contraste, il est bien régi et permet d'avoir une agréable répartition des hautes lumières. Mentionnons également la présence de quelques points blancs ici et là mais rien d'insupportable. Fait à noter, nous pouvons lire sur la jaquette en dessous de "Spanish mono": "1957/Color". Et ne vous fiez pas non plus à l'image colorée de la couverture du boîtier, le film est bel et bien en noir et blanc. "Forty Guns" est offert ici en format Dolby Digital 5.1; le son a une belle profondeur ce qui donne beaucoup de réalisme à ce film stéréo en anglais, ainsi que Dolby Digital 2.0 (monophonique) en espagnol. Les voix sont naturelles et clairement intelligibles.
Le seul supplément disponible sur cette édition est une bande-annonce. À l'exception de ce maigre additif, ce film de Samuel Fuller est irréprochable et formidablement bien interprété. Un grand western méconnu qui vaut la peine qu'on s'y attarde.
| Film | 5 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |