"The Gunsmoke Movie Collection" dont les titres sont "Return to Dodge", "The Last Apache" et "To the Last Man"... Durant vingt ans, Gunsmoke fut la plus longue émission de la télévision américaine de tous les temps soit du 10 septembre 1955 au premier septembre 1975, ce feuilleton western aux thèmes très matures, complexes et avec des interprètes inoubliables, fit la joie de plusieurs générations.
Pour vous mettre dans le contexte, vous y trouverez une petite ville, avec son groupe de professionnels, son école, son église et ses citoyens véhiculant des valeurs de paix, d'harmonie et de justice et souvent exposés à d'éventuels brigands et hors-la-loi. La télé-série explore des idées fondamentales sur la culture et la société américaine. Au total six cent trente-trois épisodes furent tournés... deux cent trente-trois épisodes d'une demi-heure (1955 à 1960) et quatre cent épisodes d'une heure (1961 à 1975). Les onze premières saisons furent présentées en noir et blanc et les neuf dernières saisons seront montrées en couleur. Gunsmoke reçut plusieurs prix au cours de sa télédiffusion... dont deux Emmy Awards qui est l'équivalant des Oscars pour le monde du petit écran, l'un octroyé à Dennis Weaver en 1959 comme meilleur acteur de soutien et l'autre à Milburn Stone pour sa remarquable performance en 1968 à titre de meilleur acteur de soutien dans l'épisode "Baker's Dozen".
L'histoire de Gunsmoke tourne autour de 1873 dans la ville de Dodge City au Kansas. Le héros de cette incroyable télé-série était le Marshall Matt Dillon (James Arness) qui sut apprivoiser la ville anarchique de Dodge, non seulement grâce à son revolver, mais surtout par son courage, son sens de l'honneur, de justice et de son intégrité irréprochable derrière l'insigne qu'il porte si fièrement. D'autres personnages graviteront autour du Marshall Dillon au fil de ces vingt ans... dont le docteur Galen "Doc" Adams (Milburn Stone), Chester B. Goode (Dennis Weaver), le tout premier shérif adjoint, Festus Haggen (Ken Curtis) qui fut le second shérif adjoint, le forgeron Quint Asper (Burt Reynolds), Sam, le tenancier du bar (Glenn Strange) et sans oublier la très séduisante Kitty Russell (Amanda Blake), l'inoubliable propriétaire du saloon Longbranch qui aime profondément le Marshall Dillon sans pour autant le lui avouer. Toutefois, elle lui révèle enfin ses sentiments à son égard dans...
Ce télé-film de 1987 marquait après douze années d'absence, le retour de James Arness dans la personnification du Marshall Matt Dillon. Maintenant retiré, Dillon vit comme trappeur au Colorado. Poignardé dans un combat avec une bande des voleurs, il est grièvement blessé et transporté jusqu'à Dodge City. Mademoiselle Kitty apprend le terrible incident et quitte aussitôt la Nouvelle-Orléans afin d'être près du seul homme qui a véritablement compté pour elle. Cependant, le danger le guette toujours, lorsqu'un vieil ennemi, Will Mannon (Steve Forrest) fraîchement libéré de prison après avoir purgé une longue peine, vient frapper à sa porte avec une seule idée en tête, tuer celui qui est la cause de son arrestation... Matt Dillon.
Le réalisateur Vincent McEveety eut la brillante idée d'inclure des séquences de la télé-série dont celui de l'épisode "Mannon" du 20 janvier 1969 afin de mieux comprendre ce criminel notoire et pourquoi il veut se venger... Plusieurs autres acteurs de la télé-série reviennent dans ce télé-film dont, Buck Taylor dans la peau de Newly O'Brien (1967-75) qui est devenu le nouveau Marshall de Dodge City et Fran Taylor dans le rôle de miss Hannah qui est la propriétaire du saloon Longbranch... elle le fut également lors de la dernière saison de Gunsmoke en 1974-75. Puis dans un retour en arrière, nous revoyons pour une courte séquence Ken Curtis et Milburn Stone.
| Film | 6 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |
Tourné en 1990, il est le deuxième télé-film des péripéties de Matt Dillon (James Arness) aux prises avec une histoire de vengeance et de duperie. Il est appelé à se rendre au ranch Yardner Cattle Co. dans le territoire de l'Arizona par une ancienne flamme miss Mike Yardner (Michael Learned). À son arrivée au ranch, Dillon doit utiliser son revolver une fois de plus contre un raid Apache qui a massacré tous les hommes... Dillon retrouve saine et sauve miss Yardner cachée dans la cave; elle lui explique que sa fille Beth qui a été kidnappée par les sauvages, est en fait sa propre fille. Dillon troublé par cette surprenante nouvelle, part aussitôt la sauver des mains du féroce guerrier Apache, Wolf le renégat...
Au début de ce récit palpitant, nous voyons une petite saynète d'amour entre Dillon et miss Yardner tirée de l'épisode "Matt's Love Story" de la télé-série Gunsmoke du 24 septembre 1973. Le réalisateur Charles Correll dirige correctement ses acteurs dans cette deuxième aventure de Matt Dillon. Malgré quelques petites faiblesses ici et là dans sa direction artistique, le produit est tout de même acceptable.
| Film | 5 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |
Ce troisième volet tourné en 1992 s'ouvre sur l'enterrement de miss Mike Yardner... Un peu plus tard, Matt Dillon (James Arness) se retrouve bien malgré lui au milieu d'une guerre sanglante entre les propriétaires de bétail de la région puisque sa fille Beth (Amy Stock-Poynton) est directement plongée dans ce conflit. Dillon décide alors de prendre les armes afin de rétablir la paix en imposant la loi et l'ordre à ses adversaires. Un riche propriétaire, le colonel Tucker (Pat Hingle) ne voit pas du tout la situation de la même manière et refuse de se faire dicter sa conduite...
Il est amusant de voir l'acteur Pat Hingle dans le rôle d'un méchant puisqu'il avait été dans quelques épisodes de Gunsmoke au cours de l'année 1971, le bon docteur John Chapman. Jerry Jameson est le meilleur des trois réalisateurs dans sa façon de faire... "Gunsmoke: To The Last Man" est une oeuvre placée sous le signe du romantisme idéaliste. L'idéalisme de Jameson transfigure aussi bien les personnages que le décor dans lequel ils s'inscrivent. Il redonne à James Arness toute la stature mythique de Matt Dillon. Son travail est dans la pure tradition de la télé-série, il a su insuffler vie à un genre qui avait perdu de sa ferveur auprès du public. Les producteurs seront si satisfaits de son ouvrage qu'ils lui demanderont de réaliser les Gunsmoke suivants.
| Film | 7 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |
Le personnage de Matt Dillon, jadis un irascible dompteur de l'Ouest, est maintenant devenu un cow-boy vieillissant. Cet homme d'une grande rectitude morale se cramponne à sa fierté de justicier. Il tient à faire son devoir comme au temps où il représentait l'ordre établi. L'acteur James Arness n'est peut-être plus ce qu'il était autrefois, mais il n'en demeure pas moins que ce géant de l'Ouest (il mesure 2.01mètres) est bien en selle dans ces télé-films où il exécute des performances qui vont au-delà des exigences du scénario. Il est toujours crédible malgré qu'il ait atteint à cette époque, la fin de la soixantaine.
Les trois réalisateurs ont su rendre l'aspect broussailleux de ce pays encore à demi sauvage, au tournant d'une époque. Les trois télé-films bénéficient d'une parfaite unité de style, la qualité essentielle de toute œuvre d'art. La photographie est tout à fait magnifique, l'œil est constamment sollicité par la beauté des plans de caméra et par tous ces paysages bucoliques de l'Ouest américain. Chaque histoire comporte des événements violents, mais fort heureusement sans jamais tomber dans une violence gratuite d'hémoglobine à outrance et sans sombrer non plus dans la brutalité ridicule qu'exprime aujourd'hui la télévision américaine.
En ce qui concerne l'image et le son des trois DVD... Le niveau de détails et le rendu des textures sont adéquats, seuls quelques plans manquent légèrement de précision. Le degré des noirs est correctement ajusté et les dégradés offrent un niveau de détails satisfaisant, sans toutefois être optimal. Le principal défaut est d'y trouver une forte présence de fourmillement qui ne s'estompe que rarement. Les tons de peaux sont correctement reproduits, malgré une image qui tend parfois à être un peu trop douce et qui varient entre des teintes naturelles et d'orangées.
Bien sûr, il ne faut pas chercher le dynamisme du mixage d'un film fait pour le cinéma, mais le résultat demeure à mon point de vue tout à fait acceptable et approprié pour un télé-film. Quant aux pièces musicales, le son est actif et énergique. Les dialogues demeurent précis et intelligibles. Dans l'ensemble, la spatialité n'est pas optimale, mais elle est convaincante grâce à des éléments sonores bien intégrés, surtout lors des fusillades aux revolvers et aux fusils.
Il est triste que la Paramount n'ait pas déployé plus d'efforts pour "The Gunsmoke Movie Collection", une des plus célèbres télé-séries américaines. Non pas que cette collection soit de mauvaise qualité, loin de là, mais on aurait dû faire un petit effort pour y inclure des documents visuels qui aurait rendu un peu plus justice à l'œuvre. Bref, une collection convenable qui saura plaire aux amateurs de bons westerns et espérons qu'ils n'attendront pas trop longtemps avant de voir sur le marché les deux autres télé-films soit, Gunsmoke: The Long Ride et Gunsmoke: One Man's Justice.