Invitation To A Gunfighter
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Richard Wilson
Année: 1964
Classification: PG
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono), Espagnol (mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Daniel Cyr
29 mai 2005

Le long-métrage "Invitation to a Gunfighter" raconte l'histoire d'un mulâtre français originaire de la Nouvelle-Orléans du nom de Jules Gaspard D'Estaing (Yul Brynner), tireur professionnel de son métier et qui s'établit momentanément dans une petite ville poste frontière du territoire du Nouveau-Mexique en 1865.

La guerre de Sécession est terminée depuis peu... Matt Weaver (George Segal), un jeune soldat qui est le seul à s'être battu du côté des perdants rentre enfin chez lui pour retrouver sa femme et sa ferme. À son arrivée, il constate qu'il n'est plus propriétaire de sa terre, le sinistre banquier, Sam Brewster (Pat Hingle) l'a achetée et revendue par la suite à John Medford (Russell Johnson).

Le lendemain matin, Sam Brewster réunit les notables de la ville et déclare Matt Weaver responsable de la mort de John Medford tué durant la nuit et le condamne à mort par contumace. C'est alors que Brewster envoie Crane Adams (Clifford David) chercher un tueur à gages afin d'éliminer une fois pour toutes ce rebelle de Matt Weaver. Crane revient avec un dénommé Dancer (Dal Jenkins) qui mort de peur repart aussitôt par la même diligence lorsqu'il voit apparaître sur le porche du saloon la silhouette de Jules Gaspard D'Estaing. C'est alors que Brewster engage sur-le-champ Jules Gaspard pour éliminer Matt Weaver...

Gaspard D'Estaing domine tout le monde de son adresse, de sa culture et de son élégance ostentatoire. Il finit même par outrepasser ses pouvoirs et prendre en quelque sorte en main le sort de la ville anciennement sous la coupole de Brewster. Cette fois-ci le film de Richard Wilson n'exploite pas le justicier pur et brave, mais plutôt un mercenaire méprisant, calculateur, bon et mauvais à la fois. Ce tireur d'élite est là pour une seule raison... le fric et il profite sans retenue de la largesse de ces habitants effrayés de vivre dans cette ville où la justice est inopérante.

Ce qui frappe en visionnant de ce film, c'est la richesse d'un récit qui engage toute une réflexion sur le mythe du surhomme et sur une subtile et désespérée histoire d'amour entre Yul Brynner et Janice Rule. Peu intéressant dans son ensemble, il y a tout de même une scène que j'ai personnellement adorée dans"Invitation to a Gunfighter", celle où nous voyons notre mercenaire Jules Gaspard D'Estaing expliquer aux gens de la ville comment prononcer son nom avec l'accent français.

Crâne rasé, visage aux contours asiatiques, Yul Brynner est un acteur talentueux qui devint célèbre grâce à son personnage de Chris, le fameux leader des sept mercenaires dans l'excellent western de John Sturges, The Magnificent Seven. Mais encore une fois, son style beaucoup est trop typé pour pouvoir passer d'un film à l'autre sans difficultés, puisqu'il n'arrive pas à se départir de sa démarche lente et très automate, avec les bras sclérosés, le long de son corps. Vêtu de noir comme à son habitude, son allure androïde est à ce point caractéristique dans ses longs-métrages qu'il finira par se parodier lui-même dans le film de science-fiction de Michael Crichton, Westworld. L'acteur Brad Dexter qui fut également l'un des sept mercenaires joue ici un tout petit rôle des plus effacé. Il faut dire que cet acteur qui a surtout excellé dans le secteur de la production n'a jamais été en mesure d'atteindre la côte de popularité de ses six autres compagnons.

La réalisation de Richard Wilson manque non seulement de vigueur, mais également d'imagination et d'émotion dans son approche du personnage qu'interprète Yul Brynner. Il avait énormément de matière pour broder autour de ce tireur d'élite très érudit; malheureusement, il se perd plutôt dans les méandres de ce scénario peu fignolé où les principaux protagonistes paraissent insipides au cœur d'une action ennuyeuse.

L'image n'est pas nette du tout, je dirais même qu'elle est floue, abîmée également par des rayures et des points blancs parasites qui parcourent l'écran à qui mieux mieux. Les couleurs paraissent délavées et manquent nettement de constance, d'éclat et de contraste. Le niveau des noirs manque de profondeur et d'intensité et est plutôt désagréable lors de scènes sombres où nous avons du mal à voir certains détails. Les teintes de peau n'étalent pas tout le naturel et la constance voulue. Bref, la définition générale est plutôt décevante. La qualité générale de la bande sonore est plutôt moyenne, sans plus. Les voix manquent parfois de naturel, mais demeurent néanmoins toujours nettes et intelligibles. En ce qui concerne les suppléments, seule une bande-annonce du film garnit le tout.

"Invitation to a Gunfighter" est un film très ordinaire qui ressemble à beaucoup d'autres westerns de ce genre. Donc, si vous êtes à la recherche d'un bon divertissement, ce film de Richard Wilson ne répondra pas du tout à vos critères.


Cotes

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