Junior Bonner (Steve McQueen) est un cow-boy de rodéo, un champion qui va de ville en ville, d'une compétition à une autre pour tenter de tenir huit secondes sur un taureau ou un cheval sauvage afin de récolter l'argent qui se rattache à cette compétition et n'ayant pour toute fortune que sa Cadillac blanche, un van et son cheval. À l'occasion d'une nouvelle épreuve, Junior se rend à Prescott, Arizona, sa ville natale, pour participer au grand rodéo annuel du 4 juillet, fête de l'Indépendance des États-Unis d'Amérique. Son seul but est de monter et de vaincre Sunshine, le taureau le plus vicieux et dangereux de l'Ouest américain, celui-là même qui l'avait humilié et blessé l'année précédente. Un ami, Buck Roan, propriétaire de la fameuse bête, pipera le tirage au sort afin que Junior puisse affronter de nouveau ce taureau sauvage lors du rodéo. Entre temps, Junior retrouve sa mère Elvira Bonner (Ida Lupino) qui décide d'aller vivre seule puisqu'elle a trop souffert des fantaisies de son mari Ace Bonner (Robert Preston), lui-même ex-champion de rodéo, reconverti en chercheur d'or, un peu flambeur et alcoolique et qui n'a qu'un rêve... aller en Australie afin de prospecter et trouver de l'or. Et enfin son frère, Curly Bonner (Joe Don Baker), un promoteur qui fragmente les quatre cents hectares de la terre familiale afin d'en faire des terrains lotis pour caravaning. Il est persuadé que la réputation de Junior dans la région fera une excellente publicité pour ses affaires... mais une dispute éclate entre eux, au moment où Curly dit à Junior qu'il n'est rien d'autre qu'un cow-boy itinérant qui risque de finir comme le vieux, cette réflexion lui vaut un solide coup de poing au visage...
Steve McQueen retrouve sur sa route le maître de la violence... Sam Peckinpah. Ce réalisateur remarquable travaille sur une œuvre nostalgique du monde du rodéo. Pour Peckinpah, les jeunes veulent avoir une idée juste et vraie de leur pays, le film "Junior Bonner" tente de leur montrer la réalité telle qu'elle est, un monde dans une de ses périodes de mutation, un de ces moments de transition où le nouveau remplace et détruit l'ancien.
Il nous livre une vision originale de ce milieu dur d'hommes vivant dans la poussière des rodéos, risquant leur vie pour le plaisir et pour un peu d'argent. McQueen se sent dans son élément en interprétant ce personnage tendre et individualiste. Junior Bonner est un homme déchiré entre le passé et le modernisme. Ici, la violence qui caractérise si souvent les films de Peckinpah, fait plutôt place à une poésie aigre-douce et aux valeurs humaines. Les ralentis des scènes de rodéos sont magnifiquement croqués. Le public est littéralement projeté dans l'action, il sent la douleur des cow-boys et ce que doivent endurer ces durs à cuire pour maîtriser ces bêtes insoumises. Peu de productions dans l'histoire du cinéma n'ont rendu justice à ce difficile milieu d'hommes, faits de force et de courage. En effet, deux autres œuvres créées au début des années soixante-dix valent la peine d'être mentionnées: The Honkers de Steve Inhat mettant en vedette l'inoubliable James Coburn, ainsi que du formidable J.W. Coop réalisé et interprété par Cliff Robertson.
Comme vous le savez peut-être Steve McQueen déteste profondément se faire doubler et fait presque toutes ses cascades lui-même, ce qui donne une plus grande authenticité à ce film qu'est "Junior Bonner". Malheureusement, ce western moderne ne connut pas beaucoup de succès auprès de ce public de l'année 1972, qui s'attendait trop peut-être à voir beaucoup d'hémoglobine à l'écran, ce qui ne fut pas le cas!
Aujourd'hui les téléspectateurs redécouvriront avec émerveillement ce film à la fois tendre et humain. Vous verrez bien sûr que ces hommes combatifs de l'Ouest ne font pas dans la dentelle et qu'une bonne bagarre de temps à autre fait partie de leurs mœurs. Mais vous découvrirez aussi que ces guerriers passionnés pour leur métier, partagent cette allégresse en toute camaraderie dans les rudes épreuves du rodéo.
Pour un film de trente-deux ans, la propreté de l'interpositif est excellente. Toute la photographie du très réputé Lucien Ballard est ici très bien reproduite et de bon niveau. Les textures sont rendues de façon subtile et réaliste. Les couleurs sont également très bien reproduites. La photographie met en scène des paysages aux couleurs variées. Les tons de peau sont naturels et constants. La brillance (le niveau des noirs) est convenablement agencée, alors que les contrastes sont bien gérés, ne limitant pas le niveau de détails dans les hautes-lumières. Les parties sombres montrent des dégradés fluides, menant à des noirs purs et profonds.
En ce qui concerne l'aspect sonore de ce DVD... la spatialité est profonde et bien détaillée, tandis que le dynamisme est presque irréprochable sans toutefois atteindre des sommets d'une production récente, il va sans dire. Les effets d'ambiophonies sont judicieusement utilisés pour donner tout l'impact nécessaire aux scènes d'action. La musique de Jerry Fielding est très bien rendue. Les dialogues sont en toutes circonstances parfaitement intelligibles et quasiment sans parasites ou distorsions.
Les suppléments sont plutôt maigres sur cette édition DVD, puisque seul un commentaire audio le garnit. Il est commenté par le réalisateur Sam Peckinpah, ainsi que par l'auteur Paul Seydor, Ganer Simmons, David Weddle et du modérateur Nick Redman. Tout ce beau monde décortique et analyse pour nous "Junior Bonner" dans les moindres détails.
En bref, un divertissement de premier choix ainsi qu'une œuvre cinématographique extraordinaire, susceptible de plaire à tous les publics et particulièrement aux fans de Steve McQueen et de Sam Peckinpah qui ne seront nullement désappointés par leurs performances respectives. Ce film sera un must dans votre vidéothèque!
| Film | 7 |
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| Audio | 7 |