Après avoir passé près d'une décennie en prison, J.W. Coop (Cliff Robertson) est maintenant un homme libre... il retourne dans le seul et unique monde qu'il connaît, celui du rodéo. Mais durant sa longue incarcération, notre cow-boy se rend vite compte que la société a changé en dix ans et qu'il lui sera difficile de s'adapter et de survivre dans cet environnement qui lui est devenu plutôt hostile...
Cliff Robertson est un acteur qui a connu beaucoup de succès durant les années soixante et soixante-dix avec notamment les films de guerre Too Late the Hero et le surprenant PT-109 dans lequel il personnifiait le très jeune lieutenant John F. Kennedy et surtout sans oublier le troublant et remarquable Charly où il remporte un Oscar en 1969 pour sa sublime performance d'un débile léger. Cette fois-ci, en plus de jouer splendidement le rôle principal dans cette production de 1972, Cliff Robertson a écrit, produit et réalisé ce formidable "J.W. Coop" dont le leitmotiv est l'univers du rodéo et ses compétitions ahurissantes. Un panorama passionnant ayant un regard des plus intime sur ce milieu de durs à cuire qui pour une poignée de dollars, se donnent corps et âme à ce métier dangereux.
"J.W. Coop" est un film indépendant à très petit budget, considéré encore aujourd'hui par les grands critiques du septième art, comme étant l'une des meilleures productions de tous les temps hors des grands réseaux des Majors. Et comme je le disais dans une critique précédente, le thème du rodéo est une idée souvent utilisée au cinéma américain, mais il n'y a vraisemblablement que deux autres films dignes d'être mentionnés et qui rendent surtout justice à ces hommes courageux, The Honkers de Steve Inhat mettant en vedette James Coburn, ainsi que le stupéfiant Junior Bonner réalisé par Sam Peckinpah et interprété par le mémorable Steve McQueen.
La réalisation de Cliff Robertson est sobre et conventionnelle, mais elle est aussi très avant-gardiste techniquement parlant, avec ses plans de caméra subjectifs où nous avons le sentiment d'être nous-mêmes sur la selle du cheval. D'ailleurs, il y a une scène qui m'a réellement impressionné lors du concours de l'attrapé du veau où le cow-boy doit lui attacher les trois pattes dans un temps record... la caméra est placée sous le ventre du cheval et nous pouvons voir ses deux pattes avant en train de piétiner le sol... au ralenti. Cette séquence est vraiment à vous couper le souffle!
L'interpositif est relativement propre, mais pas autant à ce qu'on aurait pu s'attendre. La définition générale de l'image est, elle aussi, de bonne qualité, sans toutefois posséder le niveau attendu. Les couleurs sont relativement bien rendues, même si elles ont l'air un peu vieillottes. Le contraste est également de niveau acceptable sans être lui non plus à la hauteur de nos attentes. Les parties sombres du film sont mal rendues et plus particulièrement lors de scènes de rodéo intérieur et durant toutes les scènes dans les bars. L'image granuleuse donne parfois un fini plutôt flou ce qui est d'un tantinet dérangeant pour nos yeux. La dynamique de la seule bande-son disponible sur cette édition est correcte et offre une présence malheureusement en dessous de nos espérances malgré une soi-disant refonte en haute définition au niveau du son qui m'a semblé peu apparente à mes tympans.
En ce qui touche les suppléments, seulement deux bandes-annonces promotionnelles garnissent le tout... avec le super-héros Spider-Man de Sam Raimi où par ailleurs Cliff Robertson y joue le rôle d'oncle Ben et le western très insolite The Missing de Ron Howard.
Bref, "J.W. Coop" est une édition quelque peu décevante de Columbia TriStar dont la qualité d'image n'atteint incontestablement pas les standards du marché actuel du DVD. Toutefois, le film répondra très certainement aux véritables mordus du rodéo et de curieux comme moi qui aiment regarder des œuvres originales de qualité, sortant des sentiers battus des grosses maisons de productions américaines.
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