Land Raiders
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Nathan Juran
Année: 1969
Classification: PG
Durée: 101 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Japonais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Daniel Cyr
10 décembre 2005

"Land Raiders" est un film américain qui ressemble davantage à un western spaghetti qu'à toute autre chose... Premièrement, on le sent par sa musique; le compositeur d'origine italienne Bruno Nicolai a ni plus ni moins calqué la sonorité du grand maestro Ennio Morricone que l'on entend comme toile de fond à ce drame humain. Ici, Nicolai utilise divers instruments, trompette-piccolo, guitare de style mexicaine, chœur, guitare électrique. Sa musique, très atonale, met particulièrement l'accent sur la percussion et sur des effets de flûte et de piano, ce qui ne reproduit pas toujours avec brio le suspense de la scène. Bruno Nicolai est sans aucun doute un musicien talentueux, mais il n'a pas réussi à retranscrire adéquatement toute la dimension humaine, sauvage et spirituelle de cette aventure.

Deuxièmement, le travail du cinéaste Nathan Juran s'apparente trop au style western italien des années soixante dans sa structure; il utilise régulièrement le flash-back et les dialogues sont souvent insignifiants, comblant certaines scènes ternes et sans vie. Tous les aspects du cliché western spaghetti sont soulignés avec lourdeur et maladresse. L'histoire se déroule à un rythme tout juste correct. Les scènes d'action sont relativement bien chorégraphiées, mais peu d'hémoglobine est montrée à l'écran. La morale est, comme dans ce genre de production, toujours ambiguë, nuancée de vengeance et prêchant la non-violence en utilisant pour ce faire une vaste tuerie où le méchant meurt violemment sans trop de surprises à la toute fin du récit.

Tourné en Hongrie et en Espagne, "Land Raiders" est une production cinématographique relativement modeste qui regorge d'acteurs européens, tel Fernando Rey dans le rôle d'un prêtre. L'acteur Telly Savalas y joue le méchant de service, un rôle qui lui va à ravir et qu'il a incarné maintes et maintes fois durant sa carrière au cinéma. Un truand cupide aux préoccupations terre-à-terre, avide de plaisir et des biens d'autrui. Bref, un escroc ambitieux possédé par l'idée de la propriété terrienne. Certes, le film est transporté sur ses épaules et il s'en tire très bien. Cependant, je ne peux pas dire la même chose de l'acteur George Maharis qui est tout à fait lamentable et complètement fade dans son interprétation du frère qui s'oppose à la vilenie du personnage antipathique de Savalas.

En ce qui concerne l'image, les couleurs paraissent délavées et manquent nettement de constance, d'éclat et de contraste et seuls quelques points blancs viennent nous rappeler l'âge du film. Le niveau des noirs manque de profondeur et d'intensité. En somme, une déception totale au niveau de l'image où la qualité visuelle laisse beaucoup à désirer. L'ambiance sonore est totalement étouffée et manque tout à fait de réalisme. La qualité sonore est carrément minable. On jurerait entendre les voix dans le fond d'une canne de conserve tellement que le son est exécrable.

Ce que je retiens de ce "Land Raiders"... en vérité pas grand-chose. Sinon que c'est un très mauvais western mal construit par un réalisateur qui nous avait pourtant habitué à un travail plus peaufiné de sa part dans d'autres films. À moins d'être un inconditionnel de Telly Savalas et de le vouloir à tout prix dans sa vidéothèque, ce western est à mon humble avis, un grand désappointement à tout point de vue et ne vaut véritablement pas la peine de s'y arrêter.


Cotes

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