Last Train From Gun Hill
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: John Sturges
Année: 1959
Classification: PG
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Daniel Cyr
18 novembre 2004

Le maréchal Matt Morgan (Kirk Douglas) apprend par son fils que sa femme Catherine, une Indienne (Ziva Ridann), a été sauvagement attaquée par des inconnus. Lorsqu'il découvre son cadavre, il jure de la venger à n'importe quel prix. Mais l'un des criminels a perdu sa selle, signant ainsi son meurtre, car Matt n'a aucune peine à l'identifier: il s'agit de la selle appartenant à son vieil ami Craig Belden (Anthony Quinn). Il se rend chez ce dernier afin d'arrêter l'assassin de son épouse... Matt ignore l'auteur du crime sauf qu'il reconnaîtra ce criminel par un signe distinctif... une balafre au visage.

Dans le train qui l'emmène vers le meurtrier à Gun Hill, Matt fait la connaissance de Linda (Carolyn Jones), la maîtresse de Craig. Un peu plus tard, il arrive au ranch de Craig et raconte tout à son ami. Après le récit de Matt et toutes les informations reçues, Craig n'a aucune peine à comprendre que son fils Rick (Earl Holliman) faisait partie des meurtriers de l'épouse de son ami. Déchiré entre la justice, son amitié et son amour pour son garçon, Craig se range rapidement du côté de Rick. Il déclare à Matt une guerre ouverte qu'il entend bien gagner, car il jouit d'une très grande autorité dans la ville...

Voilà en en résumé ce que raconte l'un des grands classiques de John Sturges, "Last Train From Gun Hill" où il dépeint un personnage principal en contradiction avec la figure du héros traditionnel. Le marshal Matt Morgan est un homme tout à fait normal qui désire une seule et unique chose... que justice soit faite! Le film prend d'ailleurs largement la route du drame psychologique. Et tour de force, le suspense n'est créé que par l'attente de l'arrivée du train à neuf heures.

Vous remarquerez plusieurs similitudes avec le film High Noon véritable chef-d'œuvre de Fred Zinnemann: une ville hostile et peuplée de pleutres. Un shérif seul contre un groupe d'individus. L'attente d'un train... Cependant, la comparaison s'arrête là! "Last Train From Gun Hill" est un film intéressant puisque nous voyons un Kirk Douglas dans la peau d'un héros seul et fragile. L'homme demeure humain et vulnérable.

Malheureusement, John Sturges ne développe pas suffisamment ses personnages, ce que je trouve dommage puisqu'il avait une bonne opportunité d'exploiter plus en profondeur l'amitié passée entre les deux principaux protagonistes du film (Douglas-Quinn)... J'aurais aimé savoir par exemple dans quelle circonstance Craig Belden a sauvé la vie de Matt Morgan? Qu'est-ce qui les a séparé? Et jusqu'au duel final aux revolvers entre les deux hommes, on n'est pas plus avancé, on s'interroge toujours sur leur relation passée, restant sur notre faim...

"Last Train From Gun Hill" est un franc succès puisqu'il réussit à montrer l'opposition et la rivalité entre deux mondes, celui de la justice et celui de la famille. Pour le reste, l'intrigue du scénario reste basique et sans surprise, le film mettant beaucoup trop de temps à démarrer et à installer un rythme accrocheur. La musique de Dimitri Tiomkin joue un rôle essentiel dans la théâtralité de ce western, elle intervient surtout comme musique de fond ou comme ballade entraînante. Le maestro nous livre ici une solide partition orchestrale teintée de suspense et de gros morceaux d'action typique. Cette excellente musique d'ouverture énergique, sur un rythme à trois temps, nous invite à partager une longue aventure musclée et héroïque. Nous reconnaissons facilement son style unique dans d'autres films tels, High Noon, The Alamo ou The Guns of Navarone.

L'interpositif est plutôt propre dans son ensemble. Quelques problèmes de fourmillement font leur apparition de temps à autre dans le ciel, mais aucun autre problème de compression n'est à signaler. La finesse des détails est un peu en retrait par rapport à certaines restaurations récentes, mais est plus qu'acceptable au final. Les couleurs sont également bien traitées même si elles paraissent parfois manquer de saturation. Le rendu semble juste et bien balancé. Le contraste, par contre, est à l'occasion trop prononcé. L'étalement des noirs est adéquat et offre une belle profondeur. Vu l'âge de l'enregistrement original, il n'est pas surprenant de constater que le remixage produit ici, n'a pas tout le dynamisme sonore des récentes productions. Les dialogues sont nets et intelligibles. En ce qui touche les suppléments... comme d'habitude chez Paramount, pour leurs vieux films... c'est le néant!

En fin de compte, "Last Train From Gun Hill" n'a peut-être pas l'étoffe des grands westerns du cinéma américain, mais n'en demeure pas moins qu'il est intéressant du début jusqu'à la fin et que les acteurs nous en donnent vraiment pour notre argent!


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