Le Canada, plus spécifiquement le Québec, est souvent vertement critiqué pour la façon dont il négocie avec les peuples autochtones. Notons que le simple fait qu'il soit possible d'émettre ces reproches prouve qu'il existe encore des communautés autochtones avec qui il est possible de parlementer; on ne peut malheureusement pas en dire autant de nos voisins du sud, qui, à la fin du 19e siècle, se sont livrés au génocide de toutes sociétés indigènes sur leur soi-disant territoire. Bref, les observations que les Américains se permettent de faire à l'égard du traitement des Amérindiens par les Canadiens sont bien peu fondées, et témoignent d'une ignorance, peut-être délibérée, de leur passé. Le présent film, basé sur le livre de Thomas Berger, se veut une critique, plus ou moins subtile, de ce passage de l'histoire, ayant pour but avoué de dénoncer le traitement des peuples autochtones, et de rétablir les faits.
Étant jeune, Jack Crabb (Dustin Hoffman) survit à l'attaque de sa caravane par des Indiens hostiles, et est par la suite recueilli par une bande de Cheyennes amicaux. Ces derniers l'élèvent comme s'il était un des leurs, et le nomme Little Big Man. Approchant l'âge adulte, il se fait "libérer" par la cavalerie, lors d'une attaque. Il réapprend donc à vivre selon les coutumes des hommes blancs, ayant été adopté par un révérend zélé et sa pulpeuse femme (Faye Dunaway). Après s'être fait forcer à combattre les Indiens, il est fait prisonnier par ces derniers, qui, en le reconnaissant, le réadmettent comme un des leurs. S'ensuivent alors de multiples péripéties qui culminent par l'enrôlement de Jack dans la cavalerie, où il se venge des hommes blancs qui ont tué sa femme, en menant l'armée du Général Custer dans l'embuscade de Little Bighorn. Le film se termine étrangement, sur la mort, puis la "résurrection" du grand-père de Little Big Man. Ses dernières paroles, qui concluent le film, sont d'ailleurs aussi étranges que drôles: "The only trouble with snake women is that they copulate with horses, which make them strange to me. She says she doesn't; that's why I call her "Doesn't-like-horses"; but of course she's lying."
Le film, même si abordé plutôt légèrement, se veut une critique impitoyable du comportement des "hommes blancs" lors de la conquête de l'Ouest. Tout comme dans Dances with Wolves, le sort du peuple indigène nous est raconté à travers les yeux d'un homme blanc; par contre, le ton n'est pas du tout le même. Les Cheyennes sont dépeints comme étant un peuple ordinaire, un peu naïf devant l'inconnu et avec plusieurs défauts. Rien à voir avec la description spirituelle, noble, recueillie et sereine que la plupart des films en font. On est témoin de plusieurs scènes troublantes, qui au premier niveau semblent plutôt drôles, mais qui témoignent des différences majeures et des conséquences catastrophiques de ces rencontres interculturelles. Par exemple, les Cheyennes décident d'aller attaquer les hommes blancs, ce qui veut dire, dans leur culture, de simplement leur donner des petits coups de bâton, afin de les humilier. Bien évidemment, ce n'est pas de cette façon que les hommes blancs ripostent... Le style narratif et le scénario ne sont pas sans rappeler Forrest Gump. En effet, Little Big Man est un être plutôt simplet, racontant les choses de son point de vue naïf. De plus, tout le long du film, il rencontre des personnages célèbres, et participe à des événements marquants de l'histoire américaine. Par exemple, après avoir découvert qu'il était un excellent tireur, il devient ami avec Wild Bill Hickok. Aussi, à la fin du film, il est responsable du massacre de Little Bighorn, où le Général Custer et toute son armée ont péri. Ce dernier est d'ailleurs très bien caricaturé, et donne une vision autre du personnage. Un autre atout au film, qui le rend encore plus agréable à regarder, est la présence d'une foule de petits clichés de westerns, et ce, toujours d'une façon humoristique, voire même sarcastique. Encore une fois, les comparaisons avec Forrest Gump sont inévitables. Par exemple, on y voit un marchand d'élixir miracle, un révérend hyper religieux, le châtiment du goudron et des plumes, une hors-la-loi qui rappel Calamity Jane, un Indien gai; la liste est longue. Cette légèreté du récit fait rapidement oublier le manque d'effets spéciaux et de décors. Rarement a-t-on vu du sang et de la pluie si mal faite...
La qualité du son laisse à désirer, comme la plupart des films de cette époque. Malgré le fait que la piste sonore soit encodée en Dolby Digital 5.1, l'ambiophonie est tout à fait absente. Il en est de même pour le canal dédié aux extrêmes-graves. Par contre, les dialogues sont toujours audibles, même s'ils manquent de clarté par endroits. Précisons que le manque de qualité sonore, particulièrement le bruitage, n'est pas imputable au transfert numérique, mais bien au mixage et montage original. La qualité visuelle du film est excellente, compte tenu de l'âge du film, et du matériel disponible pour le transfert. Bien entendu, le film n'ayant jamais atteint le niveau de popularité qui aurait justifié une restauration du matériel source ou un nettoyage de l'image numérisée, les quelques tâches et égratignures sont facilement pardonnables, et le résultat final est plus que satisfaisant. On peut observer par endroits de faibles oscillations dans les sections d'arrière-plan lumineuses, mais rien de dérangeant. Sur cette édition DVD, on ne nous offre aucun supplément; même pas l'habituelle bande-annonce. Les menus sont, eux aussi, réduits au strict minimum; une image fixe du film, floue, sans aucune animation.
Ce film vaut la peine d'être vu, ne serait-ce que pour l'excellente performance du tout jeune Dustin Hoffman; le voir vieillir tout le long du film est plus qu'impressionnant. Soulignons d'ailleurs les excellents maquillages. Les adeptes des satires historiques pourront sans doute y trouver leur compte. Par contre, il aurait été intéressant d'avoir des extras sur cette édition, par exemple quelques courts documentaires historiques sur les événements qui nous sont montrés dans le film, ou une piste de commentaires.
| Film | 7 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 5 |