McLintock!
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Andrew V. McLaglen
Année: 1963
Classification: PG
Durée: 127 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 15
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
10 octobre 2005

On se souvient de John Wayne surtout pour ses films westerns. Il y incarnait la plupart du temps, le rôle d'un homme solitaire aux valeurs humaines et à la poigne dure. Vers la fin de sa carrière, ce genre de rôle lui convenait beaucoup moins et il en profita pour incarner des rôles quelque peu différents comme celui d'un rancher qui n'en est pas à une démêlée près avec sa femme. Ce film longtemps disparu de nos écrans s'intitule "McLintock" et il fait son apparition sur support DVD à travers la superbe "John Wayne Collection".

George Washington McLintock (John Wayne) est un rancher qui possède à peu près tout, d'une petite ville d'Arizona. Alors que ce territoire n'est toujours pas un état d'Amérique, il s'efforce de conserver la quiétude de son coin d'univers où le peuple indien et les colons y vivent dans une certaine harmonie. Par un beau jour, sa femme Katherine (Maureen O'Hara) débarque en ville dans le but d'obtenir le divorce, chose que son mari s'est toujours refusé de lui donner. De plus, sa fille Rebecca, qu'il n'a pas revue depuis des années, arrive également en ville, et la séduisante jeune femme qu'elle est devenue ne met pas de temps à émoustiller tout le gratin masculin de ce coin de pays. Avec femme et fille qui emménagent de nouveau à la maison, McLintock se retrouve devant un débordement d'oestrogène qui lui demandera de puiser à même ses hormones d'homme pour ramener l'ordre dans cette famille pour le moins disparate.

Ce film est beaucoup plus une comédie qu'un western. Son principal intérêt repose sur le conflit opposant John Wayne et Maureen O'Hara. On va également piger dans le répertoire des "Slapstick Comedies" en nous offrant un combat ou tous les belligérants se retrouvent à glisser dans une marre de boue et une attaque à coup de fusil où quelqu'un se cachant entre un baril de mélasse et une poche de duvet d'oie reçoit un traitement royal. Ce film de conquête et de reconquête féminines possède également quelques bonnes réparties et à ce titre, il n'est pas surprenant que l'adaptation cinématographique de la pièce Taming of the Shrew de William Shakespeare ait été faite par James Edward Grant, le scripteur préféré du Duke. Comme dans la plupart des films de cette époque, les personnages sont unidimensionnels, l'homme porte la culotte et c'est dans l'optique d'un cinéma familial que le tout est présenté.

Le transfert vidéo est de très grande qualité. L'image possède un très haut niveau de détail et les couleurs sont très riches. Les noirs sont profonds et les contrastes sont excellents. Aucune égratignure, impureté ou artefact de compression n'a pu être observé lors du visionnement. La très grande majorité du débit sonore réside sur les canaux avant. Les dialogues sont clairs et la musique d'époque se mélange admirablement bien à la trame sonore. La présentation de cette édition DVD respecte en tout point le concept entourant cette collection. La pochette, la construction des menus et la composition des suppléments sont de même structure que les autres films déjà parus dans la collection.

Le critique de cinéma Leonard Maltin offre une présentation contextuelle du film en plus d'introduire les suppléments. Il anime également la trame de commentaires avec l'historien Frank Thompson et ils sont accompagnés des comédiennes Maureen O'Hara et Stéphanie Powers ainsi que l'acteur Michael Pate et les producteurs Michael Wayne et Andrew McLaglen. On y dissèque les scènes une par une en nous donnant une tonne d'information sur les comédiens secondaires, les cascadeurs, les lieux de tournage et sur la façon dont travaillait John Wayne. Le point de vue des comédiennes vient donner une autre dimension à cette trame et quelques commentaires de Maureen O'hara sont très intéressants et nous permettent de réaliser jusqu'à quel point le cinéma des années 1950 et 1960 était une affaire d'hommes. Le documentaire "The Making of McLintock" est constitué de trois revuettes. "The Batjac Story Part 2: The Legacy of Michael Wayne" nous explique de genre d'homme qu'était le fils ainé du Duke, fier, honnête et droit comme son père, mais préférant travailler derrière la caméra. Il prendra la présidence de la société Batjac en 1961 et en fera une société très rentable. Suite à la maladie de son père, la "John Wayne Cancer Institute" voit le jour et il devient alors président du conseil d'administration. À la mort du Duke, il promit à son père de perpétuer les valeurs familiales et naît Wayne Entreprises. On nous parle de sa vie, de ses passions et de l'immense privilège qu'il a eu à travailler avec et pour son père. Tout un documentaire pour cet homme effacé, mais combien efficace. "Maureen O'Hara & Stephanie Powers Remember McLintock" est une entrevue faite avec les deux comédiennes qui se rappellent d'anecdotes de tournage. Quelque peu redondant à la trame de commentaires, on y apprend tout de même quelques échos, surtout en ce qui a trait à cette fameuse bataille dans la boue. "A Good Ol' Fashion Fight" nous explique la façon dont étaient structurés les combats à mains nues à cette époque. Commenté par quelques cascadeurs et par un chorégraphe des scènes de combat, on apprend entre autre comment le Duke a fait avancer cette technique au fil des ans et un hommage est rendu à Chuck Roberson, la doublure du Duke dans la plupart de ses films. "The Corset: Don't Leave Home Without It" nous parle de l'importance de ce vêtement qui donnait la silhouette désirée à la femme en échange d'un inconfort peu commun. "2 Minute Fight Scene" nous explique comment se fait un combat à mains nues en tenant compte des angles de caméra. Une galerie de photos, la bande-annonce du film et quelques extraits d'autres productions de la compagnie "Batjac" complètent la section des suppléments.

"McLintock" est un film qui résume parfaitement les valeurs que perpétuait John Wayne. De plus, il réunit pour la cinquième fois, le duo Wayne - O'Hara, un des partenariats les plus appréciés des cinéphiles de l'époque. Je recommande aux adeptes de bons vieux films classiques de se procurer cette très belle édition DVD qui coute à peine 10 $.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio7